Crise politique en Yougoslavie après la chute du gouvernement Kontic
le 20 mai 1998 à 00h00
Le gouvernement yougoslave du premier ministre Radoje Kontic a été renversé à l’issue du vote d’une motion de censure qui pourrait entraîner une crise constitutionnelle entre les deux composantes de la Yougoslavie, la Serbie et le Monténégro. La motion de censure a été adoptée par 21 voix à la Chambre haute. Dix-sept représentants se sont abstenus et deux bulletins ont été déclarés nuls. Elle a ensuite été adoptée sans problème par la Chambre basse du Parlement. Le vice-premier ministre, Vojin Djukanovic, avait déclaré avant le vote que l’éviction de Kontic par les proches du président yougoslave Slobodan Milosevic serait illégale et qu’il se prononcerait contre son remplaçant. Le Monténégro ne «reconnaîtra pas les décisions du Parlement ou du nouveau gouvernement tant que la procédure constitutionnelle et légale ne sera pas suivie», a-t-il dit. Le Parlement monténégrin a décidé d’organiser une séance extraordinaire mardi pour établir sa ligne de conduite. La population monténégrine n’est que de 650.000 personnes contre les 10,5 millions que compte la Serbie, mais les deux républiques ont juridiquement le même poids au sein de la fédération yougoslave. Le Monténégro et la Serbie nomment chacun 20 représentants à la Chambre haute du Parlement yougoslave. Bras de fer Milosevic devrait remplacer Kontic par un candidat du Parti socialiste populaire (SNP), dirigé par l’ancien président monténégrin Momir Bulatovic. Le Parlement monténégrin a adopté la semaine dernière une loi d’urgence pour retirer leur mandat aux six représentants SNP au Parlement fédéral afin de tenter de bloquer le renversement du gouvernement. Mais cette décision fait l’objet d’un appel auprès des juridictions locale et fédérale et le SNP a estimé qu’en attendant le jugement ses membres étaient aptes à voter. Bien que le vote se soit déroulé à bulletin secret, on affirme de source parlementaire que les six législateurs du SNP ont effectivement pris part au vote. Derrière le renversement du gouvernement se dissimule en fait une lutte décisive entre les partisans de Milosevic et ceux du président monténégrin réformateur Milo Djukanovic, élu aux dépens de Momir Bulatovic. Les projets de réformes constitutionnelles de Milosevic — qui devraient élargir ses pouvoirs — dépendent en effet du résultat des élections législatives au Monténégro le 31 mai prochain. Si Bulatovic l’emporte à la fin du mois, Milosevic pourra compter sur le soutien de ses représentants à la Chambre haute pour faire passer ses réformes, jusque-là bloquées par Milo Djukanovic. En revanche, si ce dernier sort victorieux, il peut non seulement continuer de bloquer les projets ambitieux de Milosevic, mais également tenter de contrôler complètement la Chambre haute du Parlement avec l’appui de certains des membres serbes de l’opposition. L’une des réformes avancées par Milosevic consiste à organiser l’élection du président yougoslave au suffrage universel, un scrutin qu’il pense pouvoir emporter et conforter ainsi son pouvoir. Le président est actuellement élu par le Parlement fédéral et peut être révoqué à une majorité simple dans les deux Chambres. (Reuters)
Le gouvernement yougoslave du premier ministre Radoje Kontic a été renversé à l’issue du vote d’une motion de censure qui pourrait entraîner une crise constitutionnelle entre les deux composantes de la Yougoslavie, la Serbie et le Monténégro. La motion de censure a été adoptée par 21 voix à la Chambre haute. Dix-sept représentants se sont abstenus et deux bulletins ont été déclarés nuls. Elle a ensuite été adoptée sans problème par la Chambre basse du Parlement. Le vice-premier ministre, Vojin Djukanovic, avait déclaré avant le vote que l’éviction de Kontic par les proches du président yougoslave Slobodan Milosevic serait illégale et qu’il se prononcerait contre son remplaçant. Le Monténégro ne «reconnaîtra pas les décisions du Parlement ou du nouveau gouvernement tant que la procédure...
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