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Actualités - Chronologie

"Festen" Le linge sale se lave en famille (photo)

Le 51e festival de Cannes continue d’apporter son lot de surprises et de révélations, confirmant sa qualité exceptionnelle. La «fête de famille» (Festen) du cinéaste danois Thomas Vinterberg a laissé le public cannois pantois. Cette fête tourne au jeu de massacre et la statue que l’on déboulonne est celle du père. Un père — puissant industriel — pédophile et incestueux. Les familles mises à mal mais assainies sont un sujet à la mode cette année à Cannes. Elles sont le fondement de «Ceux qui m’aiment prendront le train» de Patrice Chéreau, en compétition aussi, ou encore de «Sitcom» de François Ozon, à la Semaine de la Critique. La différence notable du film de Vinterberg tient à sa facture cinématographique, inspirée de son compatriote Lars Von Trier. Vinterberg comme Von Trier emploie une caméra portée extrêmement mobile et use de différentes densités d’image, rompant avec la linéarité visuelle habituelle des films. Dans certains cas, le grain de l’image est tellement énorme (et celui de Vinterberg l’est encore plus que celui de son maître) qu’on pourrait croire que certaines scènes ont été filmées en super 8 puis gonflées en 35 mm. Pourtant, cette façon de pratiquer donne une énergie inusitée à une histoire pleine de bruit et de fureur où l’anniversaire des 60 ans du père (Henning Moritsen) est entaché du souvenir du suicide de sa fille. Mais il en est le responsable direct, comme le rappellera en plein déjeuner son fils (Ulrich Thomsen), qui lui-même subit les attouchements du père. Ce retour de l’enfant prodigue nouvelle vague sème la consternation au point qu’il est éjecté du manoir familial. Ce sera la lecture de la dernière lettre de la disparue par sa sœur qui réglera le conflit une fois pour toutes, le père endossant alors l’habit du paria. Le titre complet du film de Vinterberg est «Dogme I - Fête de Famille». «Dogme II - Les idiots» de Lars Von Trier sera projeté mercredi. Ces deux cinéastes suivent une charte rigoureuse, le Dogme 95, un collectif de cinéastes fondé à Copenhague au printemps 1995. Lars Von Trier et Thomas Vinterberg sont les premiers à avoir observé le «vœu de chasteté» réclamé par cette charte. Elle fait notamment obligation de ne filmer qu’en 35 mm, de n’employer aucun trucage ou filtre, de n’utiliser que la couleur ou de tenir la caméra à la main. La règle paraît d’une rigueur monacale et pourtant les films dont elle accouche (c’était déjà le cas de «Breaking the Waves» de Lars Von Trier à Cannes en 1996) donnent l’impression d’une exceptionnelle liberté de création. «Les restrictions sévères du vœu de chasteté de Dogme 95 sont une libération, le projet le plus amusant de ce jour, même si je suis descendu dans des profondeurs de malveillance et de cruauté que je ne connaissais pas auparavant», explique Vinterberg dans le dossier de presse.(Reuters)
Le 51e festival de Cannes continue d’apporter son lot de surprises et de révélations, confirmant sa qualité exceptionnelle. La «fête de famille» (Festen) du cinéaste danois Thomas Vinterberg a laissé le public cannois pantois. Cette fête tourne au jeu de massacre et la statue que l’on déboulonne est celle du père. Un père — puissant industriel — pédophile et incestueux. Les familles mises à mal mais assainies sont un sujet à la mode cette année à Cannes. Elles sont le fondement de «Ceux qui m’aiment prendront le train» de Patrice Chéreau, en compétition aussi, ou encore de «Sitcom» de François Ozon, à la Semaine de la Critique. La différence notable du film de Vinterberg tient à sa facture cinématographique, inspirée de son compatriote Lars Von Trier. Vinterberg comme Von Trier emploie une caméra...