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Actualités - Chronologie

Le chocolat trop cher pour les enfants au Grand-petit pays du cacao

Au «grand-petit» pays du cacao, Sao Tomé et Principe, dont c’est la seule exportation, la plupart des enfants ignorent le goût du chocolat en raison de son prix prohibitif, une simple tablette représentant la paie hebdomadaire d’un travailleur de base. Avec un salaire de 40.000 dobras par mois en moyenne (environ 1.000 dobras pour 1FF), pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi rémunéré et à 10.000 dobras la tablette, «le chocolat représente un luxe incroyable surtout pour une partie de la population aussi démunie que peuvent l’être des enfants hospitalisés», constatent les promoteurs d’une opération humanitaire partie du sud de la France. Voulant «marquer un coup symbolique pour mieux engager une coopération à long terme», l’association provençale «Le Blé de l’espérance» et le consul honoraire de Sao Tomé à Marseille, Jean-Pierre Bensaïd, ont apporté de France, avec le concours de la compagnie Air-Gabon, près de 300kg de chocolat fin, en 1.600 moulages artistiques, aux 122 enfants de l’Hôpital central de Sao Tomé. «Nous avons voulu, bien sûr, faire plaisir aux enfants mais aussi leur montrer le résultat fini et travaillé en Occident de la matière première, les fèves de cacao, produite par leurs parents et leur petit pays», indiquait M. Bensaïd à quelques journalistes. Mini-pays par sa population, 132.000 habitants, et par sa taille, 1.000 km2 pour les deux îles, Sao Tomé et Principe fut cependant au début du siècle le premier exportateur mondial de cacao, d’une qualité supérieure grâce au terroir volcanique et au climat équatorial du Golfe du Guinée. Une idée excellente qui apporte de l’animation... Depuis, la dégradation des plantations a fait chuter la production de 26.000 à 4.000 tonnes, tandis que d’autres pays se mettaient à produire en grand et que le prix de la matière première baissait parallèlement, explique-t-on à Sao Tomé où règne depuis des années une sévère crise économique. «C’est vrai que la plupart des enfants n’ont jamais mangé de chocolat ici», constatait lors de la remise des cadeaux la directrice de l’hôpital, Claudina Da Cruz, devant une rangée de lits du service de pédiatrie, un bâtiment de la colonisation portugaise quelque peu défraîchi mais soigneusement nettoyé. «L’idée est excellente, cela apporte de l’animation et un peu de luxe, alors que nous luttons comme nous pouvons contre les pathologies classiques des pays pauvres des Tropiques», indiquait-elle. «Pour nous, le problème numéro un, c’est le paludisme qui frappe la moitié des enfants, suivi des diarrhées, des problèmes respiratoires et de diverses épidémies subites qui peuvent épuiser rapidement nos réserves de médicaments», constatait Mme Da Cruz. Une récente vague saisonnière de conjonctivite, provoquée par un vent venu du continent, n’avait ainsi été enrayée rapidement que grâce à l’expédition de divers colyres collectés en Provence par le consul marseillais alerté par une dépêche d’agence. Aussi, l’Hôpital central de Sao Tomé, déjà soutenu par la coopération portugaise, se déclare «très intéressé» par une coopération régulière avec Marseille, ville de près d’un million d’habitants qui dispose d’excellentes infrastructures médicales. Outre le don de différents appareils, comme deux échographes déjà amenés par M. Bensaïd ou une couveuse que souhaiteraient envoyer les marins-pompiers de Marseille, les responsables médicaux saotoméens attendent surtout des Français «la formation de médecins et de cadres hospitaliers dont nous avons cruellement besoin», souhaitait Mme Da Cruz. L’appel a déjà été entendu sur les bords de la Méditerranée par l’Assistance publique de Marseille (APM), déjà sérieusement rodée en matière de formation et de maladies tropicales, a assuré M. Bensaïd à ses amis saotoméens. (AFP)
Au «grand-petit» pays du cacao, Sao Tomé et Principe, dont c’est la seule exportation, la plupart des enfants ignorent le goût du chocolat en raison de son prix prohibitif, une simple tablette représentant la paie hebdomadaire d’un travailleur de base. Avec un salaire de 40.000 dobras par mois en moyenne (environ 1.000 dobras pour 1FF), pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi rémunéré et à 10.000 dobras la tablette, «le chocolat représente un luxe incroyable surtout pour une partie de la population aussi démunie que peuvent l’être des enfants hospitalisés», constatent les promoteurs d’une opération humanitaire partie du sud de la France. Voulant «marquer un coup symbolique pour mieux engager une coopération à long terme», l’association provençale «Le Blé de l’espérance» et le consul honoraire...