Les dirigeants du G8 ont décidé samedi de renforcer leur coopération internationale contre le crime organisé qui se développe rapidement à la faveur de la globalisation de l’économie mondiale. La présidence britannique du G8 avait choisi le crime international et la lutte contre le trafic de drogue comme thèmes principaux du sommet qui s’est déroulé à Birmingham. «La globalisation a été accompagnée d’une hausse spectaculaire du crime transnational», ont affirmé samedi dans un communiqué les Huit, qui n’ont pris aucune mesure notable. «En travaillant ensemble, nos pays s’entraident pour arrêter les criminels et démanteler les cartels. Mais il faut faire davantage. Il ne doit pas y avoir de refuge, que ce soit pour les criminels ou pour leur argent», poursuivent les Huit. Les chefs d’Etat et de gouvernement (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) ont soutenu l’idée déjà avancée de l’adoption d’ici deux ans d’une nouvelle convention des Nations Unies contre le crime organisé international. Contre le crime informatique, ils se sont engagés à «mettre en application rapidement» un plan d’action en dix points, arrêté en décembre par leurs ministres de la Justice et de l’Intérieur à Washington. Ils ont décidé de lancer une réflexion sur la lutte contre la corruption des fonctionnaires «découlant des importants flux d’argent du crime». Ils se sont engagés à mettre au point une stratégie de lutte «globale et multidisciplinaire» contre «le trafic d’êtres humains» y compris le passage d’immigrés illégaux. Ils ont souligné le lien entre le problème de la drogue et le crime. Le G8 s’engage, dans ce domaine, à un «partenariat», tandis que le président français Jacques Chirac soulignant la «coresponsabilité» des pays producteurs et des pays consommateurs. Drogue et crime informatique Ces sujets ont été discutés samedi matin dans le château où s’étaient retirés les huit dirigeants. Ils ont entendu un exposé du directeur général de la brigade criminelle nationale britannique, Roy Penrose, qui a souligné les bénéfices de la coopération internationale. Il leur a montré deux courts films retraçant des opérations réussies grâce à la coopération internationale, l’une contre le trafic d’arme et l’autre contre le crime informatique. Le policier a mis en garde les dirigeants des Huit contre l’explosion probable du crime international utilisant les nouvelles technologies de l’information comme Internet. Il a rappelé que les Nations Unies estimaient à 2% du Produit national brut (PNB) le coût du crime international pour les pays développés et à 14% pour ceux en voie de développement. Les Huit ont accordé une place plus particulière au problème du blanchiment de l’argent, «y compris les questions posées par les centres financiers off-shore». Jacques Chirac a souhaité que ces centres soient davantage contrôlés. Les chefs des huit puissances sont convenus de la nécessité d’un renforcement de la loi pour permettre la confiscation des biens personnels des criminels condamnés. Il faut, selon eux, réfléchir aux moyens d’entraide pour mettre à jour des biens, les geler et, «lorsque cela est possible, et en conformité avec les législations nationales, partager les biens saisis avec d’autres pays». Les Huit avaient lancé leur réflexion sur le crime organisé lors de leur sommet d’Halifax en 1995 et avaient créé lors du sommet de Lyon en 1996 un groupe d’experts chargé de faire des propositions. (AFP)
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