Le marché des changes de Beyrouth a commencé à changer dès la semaine dernière, entraînant un retour timide à la livre libanaise qui pourrait se concrétiser davantage ces prochains jours. L’annonce officiellement par le ministère des Finances que le déficit budgétaire n’aurait pas dépassé 31% au premier trimestre 98 contre 55% pour la période correspondante en 1997, en raison de l’augmentation des recettes du Trésor de 16,1% et la diminution des dépenses publiques de 15,59%, y compris le service de la dette publique, pendant la même période, est venue donc rassurer la communauté financière quant à l’intention du gouvernement d’assainir les finances publiques et d’observer strictement l’objectif de réduction du déficit budgétaire. On apprenait en outre que les autorités concernées s’apprêtaient à lancer sur les places financières internationales la deuxième et dernière tranche de bons du Trésor libanais en devises étrangères (un milliard de dollars) après le succès remporté à la fin du mois dernier, par la première tranche d’un même montant de cette émission obligataire autorisée par le Parlement. Cette initiative permettrait de réduire davantage le service de la dette publique libanaise, dans la mesure que le coût de l’endettement en dollar est largement inférieur à celui en livre libanaise. Certains opérateurs, voyant leurs préoccupations concernant l’aggravation du déficit budgétaire et de la dette publique prises en compte, ont estimé devoir alléger leurs positions de change en dollar afin de profiter du rendement plus élevé de la livre dans un contexte de stabilité monétaire. En effet, l’offre du « billet vert » a commencé à se développer graduellement dès le lendemain du long chômage des Pâques orthodoxes sans pour autant prendre beaucoup d’ampleur, les fluctuations des cours s’étant maintenues dans des limites assez étroites, au gré du changement très minime du taux d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.) à la vente du dollar de 1527,- à 1526,50 L.L. tout en maintenant son taux à l’achat à 1514,50 L.L., pour le faire clôturer à la fin de la semaine dernière au taux moyen indicatif de 1520,50 L.L. contre 1520,75 L.L. à la fin de la semaine précédente, soit en léger repli de 0,016 % en moyenne. Mais en raison de la réticence du marché à la demande et la propension de certains opérateurs à l’offre, le dollar devait être pratiquement négocié à la baisse et au-dessous du haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L., pour la première fois depuis le début de l’année. Ainsi il s’est échangé finalement entre 1525,50 et1526,00 L.L., après1525,75/1526,25 L.L., jeudi, et 1526,00/1526,50 L.L., mercredi, contre 1527,00/1527,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au jeudi 16 avril, marquant un repli de 0,1% en moyenne d’une huitaine à l’autre. Cette tendance du marché est appelée à se poursuivre, surtout après l’approbation, vendredi dernier, par le Conseil des ministres de la nouvelle échelle des traitements du secteur public d’une manière ne compromettant pas l’objectif fixé par le gouvernement pour le déficit budgétaire en 1998. Cela d’autant que l’Association des banques faisait paraître un communiqué recommandant à ses membres d’abaisser leurs taux d’intérêt débiteurs et créditeurs sur le dollar à la lumière de la forte augmentation des liquidités en cette monnaie. Affaiblissement du dollar à l’étranger A l’étranger, l’évolution des marchés des changes internationaux a été déterminée, la semaine dernière, par les conjectures auxquelles ont donné lieu la présentation des détails du plan de relance économique au Japon, d’un côté, et la publication des chiffres de la masse monétaire allemande en mars, d’un autre côté, en l’absence de nouvelles indications économiques en provenance des Etats-Unis. L’annonce, vendredi dernier, des modalités du plan de relance de l’économie japonaise d’un montant supérieur à 16.000 milliards de yen (l’équivalent de 123 milliards de dollars), qui était censée soutenir la devise nipponne, ne tardait pas à être neutralisée par des doutes sur la volonté du gouvernement de Tokyo de mettre en œuvre des baisses permanentes d’impôt jugées indispensables pour stimuler les investissements au Japon. Mais ce phénomène ne devait pas donner beaucoup d’actualité aux placements en dollar aux dépens du yen, dans la crainte d’une intervention de la Banque du Japon en faveur de sa monnaie. Ce sentiment a été relancé par des propos attribués au vice-ministre japonais des Finances, Eisuke Sakakibara, lors d’un symposium organisé à Tokyo, à la veille de la présentation des détails de ce plan de relance. Il faisait savoir à cette occasion que son pays avait largement les moyens d’intervenir pour défendre le yen sans le soutien des Etats-Unis. Ces propos devaient donc nourrir au niveau de plusieurs investisseurs institutionnels japonais et étrangers des craintes d’interventions agressives de la Banque du Japon, après l’annonce des modalités de ce plan, comme c’était le cas début avril au lendemain de l’adoption de ce même plan par le gouvernement japonais, fin mars. En outre, l’annonce par la Bundesbank que la croissance annualisée de l’agrégat monétaire (M3) en Allemagne avait atteint 5,1% le mois dernier, contre 2,8% en février, laissait envisager à plusieurs experts et analystes financiers un prochain relèvement des taux d’intérêt germaniques afin de juguler toute tendance inflationniste d’origine monétaire. Cette éventuelle démarche, qui pourrait être suivie par d’autres pays européens, ne tardait pas à privilégier non seulement le deutsche mark mais aussi toutes les autres monnaies qui lui sont attachées, contre le dollar, même après que plusieurs hauts responsables de l’institut d’émission allemand eurent rassuré le marché qu’il n’y a aucune raison de changer quoi que ce soit les orientations de la politique monétaire en vigueur actuellement au niveau de l’Allemagne et de l’Europe. Enfin, l’annonce par le département américain de Travail que le nombre des demandeurs d’allocations-chômage aux Etats-Unis pendant la deuxième semaine d’avril aurait atteint 317.000 personnes, en hausse de 29.000 sur la semaine qui l’avait précédée, est venue exclure tout durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale, dans la mesure où ce développement témoignait d’un ralentissement de la croissance économique américaine. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar devait faire l’objet de plusieurs attaques à la baisse contre toutes les autres grandes monnaies, à l’exception du sterling. Celui-ci ayant été affecté par la publication des délibérations du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre plaidant contre tout relèvement des taux d’intérêt britanniques. Il a ainsi achevé la semaine, vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine qui l’avait précédée, sur un ton faible, comme suit :1,6690 pour un sterling contre 1,6830 (+ 1,11%),1,7895 D.M. contre 1,8085 (- 1,05%), 6,0010 F.F. contre 6,0595 (- 0,97%),1,4905 F.S. contre 1,4990 (-0,57%),1770,- lires contre 1787,- (-0,95%),131,15 yen contre 131,80 (-0,49%). Fermeté de l’or Mettant à profit l’accès de faiblesse du dollar et les craintes d’une résurgence des tensions inflationnistes en Europe à partir de l’Allemagne, surtout après la hausse des prix pétroliers, l’or a renoué avec la hausse, la semaine dernière. En effet, la parité de l’once est repassée au-dessus du seuil des 310,- dollars, clôturant vendredi dernier, à New York, à 312,90 dollars contre 307,60 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 17 avril, en hausse de 1,72% en moyenne. Quant à l’argent-métal, il a éprouvé beaucoup de difficultés à l’approche du seuil des 6,30 dollars l’once sur des ventes bénéficiaires, le faisant clôturer vendredi dernier à 6,22 dollars contre 6,2240 au vendredi 17 avril, soit sans grand changement d’une huitaine à l’autre.
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