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Actualités - Chronologie

L'ancien parti de l'Apartheid veut sauver son dernier bastion politique

Le Parti national (NP), créateur de l’apartheid, vient de se donner un dirigeant métis dans la province du Cap occidental pour conserver son dernier bastion politique lors des élections générales de 1999. Gérald Morkel, un métis de 57 ans, va succéder le 11 mai prochain à Hernus Kriel, 56 ans, l’un des derniers dinausores du NP, ex-ministre du gouvernement d’apartheid, qui se retire définitivement de la carrière politique après avoir été vu un moment comme l’un des successeurs possibles de Frederik de Klerk. «Les élections générales de l’an prochain sont en tête des procurations de tous les partis», souligne Keith Gottschalk, du département d’études politiques de l’Université du Cap occidental. Ces élections prévues pour la mi-1999 en Afrique du Sud seront le deuxième grand scrutin démocratique du pays. La province du Cap occidental est la seule des neuf provinces sud-africaines a être encore dirigée par le Parti national, qui gouverna le pays de 1948 à1994, date des premières élections multiraciales. Le fait que le concurrent de Morkel pour succéder à Hernus Kriel ait lui aussi été un métis en dit long sur la volonté du NP de capter le vote des métis. «S’ils n’allaient pas aux élections avec un métis, ils n’auraient aucune chance de l’emporter», estime M. Gottschalk. «Là, ils seront au coude à coude avec l’ANC» (Congrès national africain, au pouvoir). L’ANC, qui avait mal accepté d’avoir perdu la province du Cap occidental en 1994, alors que nationalement, il avait obtenu 62 pour cent des suffrages, a également convaincu ses partisans, en majorité noirs, de se donner un dirigeant métis, Ebrahim Rasool, pour mener la bagarre électorale dans la région. Ce que recherchent les deux partis est le vote «flottant» des métis, qui sont regroupés essentiellement dans les immenses cités des environs du Cap, les «Cape Flats». «Celui qui les séduira gagnera la province», estime M. Gottschalk. Trop noirs ou trop blancs Les électeurs métis représentent la majeure partie de la population de la région — 4,1 millions sur une population totale de 6,2 millions — et, en 1994, ils avaient porté massivement leur voix sur le NP. M. Gottschalk pense que le NP avait alors réussi à «effrayer» les électeurs métis, en les convaincant qu’ils seraient marginalisés en cas d’arrivée au pouvoir de l’ANC, représentant essentiellement l’électorat noir. Le régime d’apartheid avait accordé aux métis une parcelle de pouvoir dans le système tricaméral qu’il avait mis en place en 1983 et qui comportait des chambres législatives pour les Blancs, les métis et les Asiatiques, tandis que les Noirs n’avaient aucun droit politique. «Le NP avait réussi à convaincre les métis que s’ils avaient été considérés comme trop noirs sous l’apartheid, il seraient trouvés trop blancs par un gouvernement de l’ANC», dit M. Gottschalk. Mais, selon lui, d’autres arguments devront prévaloir l’an prochain dans une région où le NP n’a pas vraiment réussi à créer des emplois ou à freiner la violence des gangs dans les Cape Flats, deux préoccupations majeures de l’électorat. Les élections municipales de 1995 avaient montré un transfert massif de voix du NP vers l’ANC, sauf dans la ville du Cap proprement dite. Dans les zones rurales en particulier, s’était faite jour une réaction contre les municipalités du NP qui avaient refusé d’ouvrir aux non-Blancs des lieux publics tels que librairies ou piscines. Si la même tendance se confirmait en 1999, le NP perdrait alors le dernier vestige de son pouvoir politique — avec ou sans Gerald Morkel. (AFP)
Le Parti national (NP), créateur de l’apartheid, vient de se donner un dirigeant métis dans la province du Cap occidental pour conserver son dernier bastion politique lors des élections générales de 1999. Gérald Morkel, un métis de 57 ans, va succéder le 11 mai prochain à Hernus Kriel, 56 ans, l’un des derniers dinausores du NP, ex-ministre du gouvernement d’apartheid, qui se retire définitivement de la carrière politique après avoir été vu un moment comme l’un des successeurs possibles de Frederik de Klerk. «Les élections générales de l’an prochain sont en tête des procurations de tous les partis», souligne Keith Gottschalk, du département d’études politiques de l’Université du Cap occidental. Ces élections prévues pour la mi-1999 en Afrique du Sud seront le deuxième grand scrutin démocratique...