Les pays industrialisés doivent accroître leur aide au développement, selon l'OCDE
le 11 avril 1998 à 00h00
Les pays industrialisés doivent augmenter d’urgence leur aide au développement pour faire face à la crise financière en Asie et aux besoins croissants des pays les plus pauvres, selon l’OCDE. L’aide publique au développement a baissé de 16% en termes réels depuis 1992, et il «faut accorder une attention particulière à cette tendance», selon un communiqué du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE publié à l’issue d’une réunion de deux jours des ministres du développement. «Les besoins croissants en aide... devraient se traduire par un renforcement généralisé des budgets consacrés à l’aide», selon le communiqué. La crise asiatique a rendu encore plus nécessaire un accroissement de l’aide publique car elle provoque «d’importants reculs dans les progrès vers la diminution de la pauvreté». «Les pays d’Asie qui souffrent de la crise avaient accompli des progrès remarquables dans la lutte contre la pauvreté», mais ces succès sont compromis par la crise financière, a déclaré le président du CAD James Michel lors d’une conférence de presse. Les pays en développement se sont inquiétés de ce que la crise asiatique ne conduise les bailleurs de fonds à détourner une partie de l’aide accordée à d’autres régions, alors qu’ils devraient plutôt augmenter le montant global des fonds consacrés à l’aide au développement. Plusieurs ministres ont souligné au cours de la réunion qu’ils ne voulaient pas que les «maigres ressources» de l’aide au développement soient prélevées sur d’autres régions prioritaires, au risque d’entraîner une compétition entre régions pour recevoir l’aide des pays industrialisés, a indiqué M. Michel. Les ministres ont dans le même temps reconnu que des «risques sans précédent» pesaient sur les populations asiatiques et qu’il fallait que la communauté internationale y prenne garde, a-t-il ajouté. Plusieurs ministres ont indiqué que leurs pays s’apprêtaient à accroître l’aide publique au développement, a-t-il souligné. L’appel lancé aux pays de l’OCDE afin qu’ils accroissent leurs budgets consacrés à l’aide constitue «un message à l’ensemble du monde», a souligné M. Michel. Les pays industrialisés consacrent actuellement 0,25% de leur produit intérieur brut à l’aide au développement contre 0,33% au début de la décennie. Le communiqué du CAD souligne la nécessité pour les pays en développement d’attirer les investissements privés, mais ajoute que les aides publique et privée devraient être considérées comme étant complémentaires, et non pas qu’elles se substituaient entre elles. Les ministres sont tombés d’accord sur le principe selon lequel l’aide aux pays en développement ne devait pas être liée à l’achat de biens ou de services aux pays donneurs d’aide. Ce type de comportement n’est pas acceptable dans une économie mondialisée où les pays donneurs d’aide demandent aux pays en développement d’ouvrir leurs marchés, a relevé M. Michel. D’ici sa prochaine réunion, le CAD va élaborer un texte visant à mettre fin à l’aide liée mais qui ne s’appliquera qu’aux pays les plus pauvres. Pour tenter de convaincre les pays industrialisés de l’efficacité de l’aide, les ministres du développement ont décidé de dresser la liste d’une série d’indicateurs sociaux et économiques afin de mesurer les progrès effectués par les pays en développement d’ici 2015. Ces indicateurs comprendront le PIB par tête, l’alphabétisation, la mortalité infantile, les ressources en eau potable... (AFP)
Les pays industrialisés doivent augmenter d’urgence leur aide au développement pour faire face à la crise financière en Asie et aux besoins croissants des pays les plus pauvres, selon l’OCDE. L’aide publique au développement a baissé de 16% en termes réels depuis 1992, et il «faut accorder une attention particulière à cette tendance», selon un communiqué du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE publié à l’issue d’une réunion de deux jours des ministres du développement. «Les besoins croissants en aide... devraient se traduire par un renforcement généralisé des budgets consacrés à l’aide», selon le communiqué. La crise asiatique a rendu encore plus nécessaire un accroissement de l’aide publique car elle provoque «d’importants reculs dans les progrès vers la diminution de la...
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