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Actualités - Reportage

Revue hebdomadaire des marchés financiers Retour à la livre libanaise

Le retour à la livre libanaise s’est sensiblement concrétisé la semaine dernière, sur le marché des changes de Beyrouth, avec comme corollaire un net développement de l’offre du dollar qui n’a pu trouver de contreparties valables à l’achat en dehors de la Banque du Liban (B.D.L.) que très rarement. Ce phénomène a été observé dès mardi dernier, après que l’Etat des Emirats arabes unis eut décidé de déposer 100 millions de dollars auprès de la B.D.L. pour une durée de trois ans à un taux d’intérêt bonifié ne dépassant pas 5% pour soutenir la livre, à l’instar des deux autres dépôts séoudien (600 millions de dollars) et koweitien (100 millions de dollars) effectués au début de l’année. Ce geste, reflétant une grande confiance des pays arabes du Golfe dans la gestion financière et monétaire du gouvernement libanais, est venu donc redonner plus d’actualité aux placements en livre libanaise. Cela d’autant que le succès de l’émission d’un milliard de dollars d’euro-obligations du Trésor libanais fin mars et les préparatifs de lancement d’une nouvelle émission similaire d’un même montant le mois prochain confirment aussi le degré de confiance dont jouit l’économie libanaise auprès de la communauté financière internationale. Eu égard à ces considérations et compte tenu aussi de la contraction du déficit budgétaire libanais au premier trimestre 1998 à 31% contre 60% en 1997 consécutivement à la politique d’austérité menée par le gouvernement dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, la demande de la livre ne tardait pas à se développer sous le rapport de sa rentabilité réelle dans un contexte de stabilité monétaire. Ce mouvement a été renforcé aussi par la résorption d’une grande partie de la masse monétaire qualifiée de «chaude» dans des opérations d’échange (swap) de bons du Trésor libanais d’un montant de 3500 milliards de L.L. (l’équivalent de 2,3 milliards de dollars) à court terme (à 3 et 6 mois) par des bons à moyen terme (à 1 et 2 ans). Dans ces conditions, l’offre du dollar, qui était très réticente auparavant, s’est développée dès le début de la semaine dernière pour prendre ensuite une certaine ampleur, comme en témoignait la négociation du «billet vert» au bas de la fourchette d’intervention de la B.D.L. pour la première fois depuis fin novembre 1997. Et c’est grâce au maintien par la B.D.L. de son taux d’achat à 1514,00 L.L., tout en abaissant son taux à la vente de 1526,50 à 1526,00 L.L., que le dollar a dû achever la semaine dernière au taux moyen indicatif de 1520,00 L.L. contre 1520,25 L.L. à la fin de la semaine se terminant au jeudi 30 avril, en léger repli de 0,016% en moyenne. En parallèle, les établissements de crédit ont pratiquement négocié le dollar bien en deçà de ce taux indicatif, entre 1515,75 et 1516,25 L.L. lundi, puis entre 1514,00 et 1515,00 L.L. mardi, à la veille du long chômage de la fête des Martyrs et de l’Achoura, et finalement vendredi, entre 1514,00 et 1514,50 L.L., dans un marché «vendeur». Dollar sous pression à l’étranger Sur les marchés des changes internationaux, le dollar a été malmené la semaine dernière où la crainte d’un tour de vis monétaire en Europe est venue peser sur sa tendance, au moment où les problèmes des marchés asiatiques restent au premier plan des préoccupations des deux côtés du Pacifique. L’annonce vendredi, par le département du Travail aux Etats-Unis, que le taux du chômage américain est tombé de 4,7% de la population active en mars, à 4,3% en avril (son plus bas niveau depuis février 1970), consécutivement à la création de quelque 262.000 emplois non agricoles le mois dernier contre 24.000 suppressions d’emplois en mars, n’a pas pu tirer le «billet vert» de son accès de faiblesse que très passagèrement, malgré les signes de surchauffe de l’économie américaine qui sont censés militer aussi en faveur d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) lors de la réunion du comité de l’open market mardi prochain. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre que le salaire horaire avait augmenté de 4,4% pour atteindre son plus haut niveau historique de 12,67 dollars le mois dernier, ainsi que le coût unitaire de la main-d’œuvre américaine qui a progressé de 3,8% au premier trimestre 1998 contre 3,5% au dernier trimestre 1997, laissant craindre une pression des salaires génératrice d’inflation. Toutefois, les inquiétudes liées aux éventuelles retombées de la crise financière asiatique sur l’économie américaine devraient amenuiser les chances d’un relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis, comme le laissait entendre le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, estimant que la croissance américaine restera vigoureuse et l’inflation faible ces douze prochains mois. En outre, les déclarations de la vice-présidente de la Fed, Alice Rivlin, ont exclu aussi toute perspective de durcissement monétaire aux Etats-Unis. A cet égard, celle-ci faisait savoir jeudi dernier que le désir de freiner un peu la vigueur de l’économie ne serait pas en soi un motif de relever les taux. Et d’ajouter que la Fed aurait durci sa politique monétaire si la crise asiatique n’était pas survenue, remarquant que le taux de croissance durable des Etats-Unis avait augmenté sans que l’on sache bien où il se situe vraiment. Cela étant, et compte tenu des perspectives de hausse des taux d’intérêt en Allemagne, après que la Bundesbank eut fait savoir que l’agrégat monétaire (M3) avait accusé une hausse annualisée de 5,1% en mars dernier, contre 2,8% en février, le dollar ne tardait pas à faire l’objet d’attaques à la baisse. Ce mouvement a été relancé mardi dernier par la décision de la Banque centrale du Danemark de relever son taux d’escompte de 3 1/2 à 4%, pavant la voie par cela à une mesure similaire au niveau des autres pays de l’Union européenne dans le cadre du plan de convergence des taux d’intérêt dans la zone euro. Cette perspective a été renforcée aussi par la réduction d’un quart de point en pourcentage de 4 1/4 à 4% des taux d’intérêt espagnols, mercredi dernier, dans le cadre de ce même plan de convergence qui pourrait inciter aussi bien la Bundesbank que la Banque de France à relever leurs taux de base jusqu’à 4%. Dans ces conditions, il n’était guère surprenant que le dollar restait sous pression la semaine dernière, même après la publication des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis en avril, sauf vis-à-vis du sterling souffrant lui aussi des perspectives d’un statu quo monétaire en Grande-Bretagne. Il a dû ainsi achever la semaine, vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 1er mai, comme suit : — 1,6395 pour un sterling contre 1,6680 (+ 1,74%). — 1,7705 D.M. contre 1,78 (— 0,53%). — 1,48 F.S. contre 1,4890 (— 0,60%). — 5,9325 F.F. contre 5,9745 (— 0,70%). — 1744,00 lires contre 1759,75 (— 0,90%). — 132,85 yen contre 133,15 (— 0,23%). Baisse de l’or Le marché de l’or s’est ressenti des conjectures selon lesquelles la Banque centrale européenne n’envisagerait pas inclure le métal fin dans ses réserves pour la couverture de la monnaie unique européenne (l’euro). En effet, certains opérateurs ont estimé devoir prendre les gains que leur procure la récente hausse de l’or, le ramenant ainsi au-dessous de la barre des 300,00 dollars l’once pour le faire clôture vendredi dernier, à New York, à 299,80 dollars contre 302,50 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 1er mai, en baisse de 0,89% en moyenne. En parallèle, l’argent-métal, dont le marché est très spéculatif, n’a pas tardé à faire l’objet d’attaques à la baisse. C’est ainsi que la parité de l’once du métal blanc est repassée au-dessous du seuil des 6,00 dollars pour clôturer vendredi dernier, à New York, à 5,9250 dollars contre 6,1080 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 1er mai, en chute de 3% en moyenne.
Le retour à la livre libanaise s’est sensiblement concrétisé la semaine dernière, sur le marché des changes de Beyrouth, avec comme corollaire un net développement de l’offre du dollar qui n’a pu trouver de contreparties valables à l’achat en dehors de la Banque du Liban (B.D.L.) que très rarement. Ce phénomène a été observé dès mardi dernier, après que l’Etat des Emirats arabes unis eut décidé de déposer 100 millions de dollars auprès de la B.D.L. pour une durée de trois ans à un taux d’intérêt bonifié ne dépassant pas 5% pour soutenir la livre, à l’instar des deux autres dépôts séoudien (600 millions de dollars) et koweitien (100 millions de dollars) effectués au début de l’année. Ce geste, reflétant une grande confiance des pays arabes du Golfe dans la gestion financière et...