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Actualités - Chronologie

Le Vatican prend en main l'enquête sur le triple meurtre de lundi

L’assassinat lundi soir, à son domicile du Vatican, du tout nouveau commandant de la prestigieuse Garde suisse pontificale, le colonel Aloïs Estermann, 43 ans, tué par arme à feu, ainsi que de son épouse, Gladys Meza Romero, 43 ans, et la mort d’un caporal de la garde, Cedric Tornay, 23 ans, a plongé le Vatican dans la stupeur. Le drame est survenu à l’avant-veille de la célébration du 492e anniversaire de la fondation de ce prestigieux corps créé en 1506 par le pape Jules II. Les trois corps se trouvaient mardi au Vatican dans une chapelle ardente installée dans la caserne des «défenseurs de la liberté de l’Eglise», comme sont officiellement appelés les gardes suisses. Le Vatican a décidé de se charger lui-même de l’enquête. «Il n’existe pas d’éléments qui permettent de demander une aide judiciaire de l’Italie», a indiqué le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, sur la radio publique italienne. En vertu des accords du Latran, signés le 11 février 1929, entre l’Italie et le Saint-Siège, le Vatican a «juridiction souveraine» sur tout son territoire de 44 hectares. D’un commun accord entre le Vatican et l’Etat italien, seule la Place Saint-Pierre, librement accessible au public, est confiée à la garde de la police italienne. C’est cet accord qui a permis aux autorités italiennes de se charger de l’enquête après l’attentat contre le pape Jean-Paul II, en mai 1981. «Célérité» M. Navarro Valls a précisé que les autorités vaticanes compétentes avaient agi «avec beaucoup de célérité» et indiqué qu’il n’avait rendu la nouvelle officielle de la mort du colonel Aloïs Estermann, de sa femme et du caporal qu’après minuit, soit au moins trois heures après l’assassinat, après avoir reçu les premières expertises des médecins légistes du Vatican. «Stig-75» L’arme d’ordonnance du caporal, un pistolet, a été trouvée sous son corps et les premières observations permettent de penser que ce dernier a été pris d’un accès de folie, selon un communiqué du Vatican, qui affirme que Cedric Tornay a tué le couple avant de se donner la mort. Un ancien garde suisse, le journaliste Jacques-Antoine Fierz, qui connaissait Tornay, a confié à des journalistes que le caporal «était un garçon tout à fait tranquille et normal». Originaire d’un canton francophone, il était dans la Garde suisse depuis trois ans et son comportement a été «toujours exemplaire», a-t-il dit. Il devait quitter le corps dans les prochaines semaines. Le triple meurtre revêt une gravité sans précédent dans cet Etat, le plus petit du monde, depuis la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, en 1981. Aloïs Estermann, 43 ans, nommé quelques heures auparavant chef de la Garde suisse par le pape, et son épouse vénézuélienne, Gladys Meza Romero, ont été découverts tués par balle, dans leur appartement au Vatican. Un autre garde pontifical, le caporal Cédric Tornay, 23 ans, a aussi été retrouvé mort dans l’appartement. Son arme de service se trouvait sous son corps. Le drame constitue la première effusion de sang au Vatican depuis la tentative d’assassinat de Jean-Paul II, le 13 mai 1981, par Mehmet Ali Agça, un ressortissant turc qui a été condamné à la prison à perpétuité par un tribunal italien. Opéré d’urgence, le pape a survécu. Les balles de son agresseur l’ont touché à la main gauche et au ventre. Le colonel Estermann, qui escortait alors en civil la «papamobile», s’était précipité et a fait un rempart de son corps pour protéger le pape de nouvelles balles. De mémoire d’homme, les meurtres de lundi sont les premiers enregistrés à l’intérieur du Vatican. Mais en janvier, un «gentilhomme du pape», un de ces volontaires chargés d’accueillir chefs d’Etat et diplomates à leur arrivée pour une audience papale, avait été assassiné dans son appartement, près du Vatican. Enrico Sini Luzi, 66 ans, avait eu le crâne défoncé par un candélabre. Il pourrait avoir été victime d’un tueur en série qui s’attaque aux homosexuels de Rome. L’époque des Borgia La dernière mort violente dans l’enceinte du Vatican est celle d’une Italienne tombée accidentellement du toit de la façade de la basilique Saint-Pierre, en 1984. Les délits sont rares au Vatican, où il n’existe pas de prison. Ils portent le plus souvent sur des vols et sur des déprédations d’objets d’art. En 1972, un géologue d’origine hongroise a endommagé à coups de massue une «Pieta» de Michel-Ange, dans la basilique Saint-Pierre. En 1988, des malfaiteurs en scooter ont bloqué un transfert de fonds du Vatican et ont dérobé l’équivalent de 80.000 dollars. L’année suivante, un Allemand a tenté de mettre le feu à la «Madonne de Foligno», une peinture de Raphaël exposée au musée du Vatican. Le Vatican a estimé que cet homme était mentalement dérangé et ne l’a pas poursuivi. Les meurtres au Vatican sont plus volontiers associés à l’époque troublée des Borgia, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Empoisonnements et assassinats par noyade ou strangulation n’étaient alors pas exceptionnels. Jusqu’au XIXe siècle, les papes administraient de vastes territoires, les Etats pontificaux, qu’ils devaient parfois défendre par les armes. Le 6 mai 1527, 147 gardes suisses sont morts sur la place Saint-Pierre en protégeant le pape Clément VII pendant le sac de Rome par les troupes de Charles Quint. Des rumeurs ont couru après la mort de Jean-Paul Ier, prédécesseur de Jean-Paul II, en août 1978, après 33 jours de règne. Plusieurs livres ont affirmé que le «pape au sourire» avait été empoisonné ou étouffé parce qu’il se préparait à des réformes, allégations que le Vatican a démenties en expliquant que le souverain pontife, de santé fragile, avait succombé à une crise cardiaque. (AFP, Reuters)
L’assassinat lundi soir, à son domicile du Vatican, du tout nouveau commandant de la prestigieuse Garde suisse pontificale, le colonel Aloïs Estermann, 43 ans, tué par arme à feu, ainsi que de son épouse, Gladys Meza Romero, 43 ans, et la mort d’un caporal de la garde, Cedric Tornay, 23 ans, a plongé le Vatican dans la stupeur. Le drame est survenu à l’avant-veille de la célébration du 492e anniversaire de la fondation de ce prestigieux corps créé en 1506 par le pape Jules II. Les trois corps se trouvaient mardi au Vatican dans une chapelle ardente installée dans la caserne des «défenseurs de la liberté de l’Eglise», comme sont officiellement appelés les gardes suisses. Le Vatican a décidé de se charger lui-même de l’enquête. «Il n’existe pas d’éléments qui permettent de demander une aide judiciaire...