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Actualités - Chronologie

Un ensemble d'études du CERMOC : Beyrouth , grand Beyrouth

Le Centre d’études et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (CERMOC) vient de publier un ensemble d’études réunies par Jean-Luc Arnaud sous le titre «Beyrouth, Grand Beyrouth». Elles avaient été présentées au cours d’un colloque, tenu en juin 1996, aboutissement du programme, «Beyrouth et ses territoires», qui depuis fin 1993 avait fait l’objet d’un séminaire régulier. Comme le rappelle Jean Hannoyer dans sa préface, ces activités matérialisent la relation «ancienne et complexe à la fois» que le CERMOC entretient avec la ville. L’originalité majeure de cet ouvrage et du contexte dans lequel il a vu le jour tient sans doute à ce que dans leur majorité, les participants sont de jeunes chercheurs, libanais et français, appartenant à diverses disciplines des sciences sociales, tous engagés dans des recherches de terrain, que le retour à la paix a de nouveau rendues possibles. Quelques chercheurs «confirmés» (dont l’auteur de ces lignes) ont apporté leur concours, notamment en proposant des synthèses destinées à aiguillonner la réflexion et la discussion collectives, mais également, pour certains, en exposant leurs travaux. Nul doute que le fait d’avoir puisé dans un tel vivier, dont l’existence est le signe éminemment encourageant d’une relève, a contribué à un renouvellement du regard. A la lumière des études rassemblées dans «Beyrouth, Grand Beyrouth», quelques orientations majeures se dégagent. D’une part on voit l’intérêt d’inscrire une approche de la ville, de ses populations, de son rôle, et de la question, urgente, de sa reconstruction dans l’histoire, au-delà de la coupure brutale marquée par la guerre et des mutations qu’elle a engendrées ou précipitées. D’autre part, il convient de resituer les relations de Beyrouth, ville et port, avec son environnement. Et, aussi, de s’attacher aux divers territoires dont la capitale est constituée, à leurs relations, et plus particulièrement à la façon dont se redéfinit actuellement la centralité, à travers des centres secondaires qui se sont substitués à l’ancien centre-ville effacé de la carte. Etudier l’espace urbain, c’est analyser ses recompositions en termes, non seulement de fonctions et de marché foncier, mais de mixité sociale et confessionnelle, c’est essayer d’évaluer la tendance à l’homogénéisation qui caractérise certains quartiers et de repérer le mouvement inverse là où il se manifeste, en prenant en considération les représentations que la ville et son évolution suscitent. Au-delà des problèmes induits par la taille de Beyrouth, désormais millionnaire — cet aspect justifie le titre —, c’est la question de l’existence commune de ses habitants et de la maîtrise coordonnée de son espace (donc la question de l’intervention publique) que cet ouvrage tente de poser. En offrant au lecteur des approches situées, monographiques pour certaines, il devrait enrichir la connaissance de la réalité du Beyrouth d’aujourd’hui et apporter ainsi sa contribution aux débats qui, on le sait, ne sauraient seulement se nourrir d’idées générales (même généreuses).
Le Centre d’études et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (CERMOC) vient de publier un ensemble d’études réunies par Jean-Luc Arnaud sous le titre «Beyrouth, Grand Beyrouth». Elles avaient été présentées au cours d’un colloque, tenu en juin 1996, aboutissement du programme, «Beyrouth et ses territoires», qui depuis fin 1993 avait fait l’objet d’un séminaire régulier. Comme le rappelle Jean Hannoyer dans sa préface, ces activités matérialisent la relation «ancienne et complexe à la fois» que le CERMOC entretient avec la ville. L’originalité majeure de cet ouvrage et du contexte dans lequel il a vu le jour tient sans doute à ce que dans leur majorité, les participants sont de jeunes chercheurs, libanais et français, appartenant à diverses disciplines des sciences sociales, tous engagés dans...