Lorsque l’amante tant adulée, tant aimée, dessinée et redessinée cinquante ans durant a pris le visage de la terre. Lorsque cette femme «errante telle une pensée ambigüe» s’est confondue aux parfums troublants des fleurs d’orangers d’un pays vieilli et aux jasmins d’une enfance aux confins de la nostalgie, Nizar Kabbani le poète qui a porté sur ses épaules le lourd fardeau des attributs qu’on lui a prêté et qu’il a généreusement assumé en tant que poète de la femme et poète de l’amour, a pétri dans un même corps, le souffle de la femme aimée et les douleurs de l’identité. La voix qui a célébré les femmes et chanté l’amour comme on fouille une terre longtemps convoitée s’est brisée sur les traces de l’exil et des villes qu’il a aimées et fêtées plus que la beauté d’une femme et qu’il a vu périr sous les cendres de l’histoire et des guerres. La poésie, c’est son chemin, c’est sa canne du pélerin. Elle a guidé ses passions comme ses errances. Car celui qui a écrit sur son cahier d’écolier:«Une idée me vient souvent/ d’écrire sur ton corps/ un nouveau poème/ très osé, très violent/mais je ne sais où le publier». Trente ans plus tard, lorsque le corps aimé s’est confondu avec la chute des arbres et des appartenances, nous le rencontrons, perdu, cherchant désespérément une ville qui serait un substitut à Beyrouth,«cette dame du monde».«Je cherche une ville pour écrire sur ses murs n’importe quoi/ une ville qui provoque des séismes en nous, qui nous étonne/ qui nous bouleverse, qui nous trouble/ Je cherche des rues étroites qui nous dévorent/ un bateau ivre/ qui nous prend la nuit... sans retour». Une poésie d’amour, mais aussi un appel à la conscience et à l’amour de la patrie. Nizar Kabbani a accordé sa poésie au rythme des femmes, des villes et de pays sans frontières. Najat el-Saghira, Abdel-Halim Hafez, Magida el-Roumi et d’autres ont incarné ces villes, ces femmes et les grands chemins poussiéreux. Mais le poète, quoique parti en silence au matin, laissera sa légende foisonnante au bord des chemins dans ce parfum d’homme qu’il a éternisé sur le corps de ses femmes...
Lorsque l’amante tant adulée, tant aimée, dessinée et redessinée cinquante ans durant a pris le visage de la terre. Lorsque cette femme «errante telle une pensée ambigüe» s’est confondue aux parfums troublants des fleurs d’orangers d’un pays vieilli et aux jasmins d’une enfance aux confins de la nostalgie, Nizar Kabbani le poète qui a porté sur ses épaules le lourd fardeau des attributs qu’on lui a prêté et qu’il a généreusement assumé en tant que poète de la femme et poète de l’amour, a pétri dans un même corps, le souffle de la femme aimée et les douleurs de l’identité. La voix qui a célébré les femmes et chanté l’amour comme on fouille une terre longtemps convoitée s’est brisée sur les traces de l’exil et des villes qu’il a aimées et fêtées plus que la beauté d’une femme et...
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