Quatre morts, deux disparus présumés morts. La 54e édition de la course à la voile Sydney-Hobart, remportée lundi par le Sayonara du milliardaire américain Larry Ellison, a été la plus meurtrière de l’histoire d’une épreuve née en 1945. Dès son arrivée, le vainqueur a ajouté à la polémique naissante en se demandant si les organisateurs avaient eu raison de donner le départ d’une course dont les 115 concurrents ont eu à affronter des creux de vingt mètres et des vents de près de 150 km/h dans le détroit de Bass. Mardi soir, le porte-parole de la Sécurité maritime australienne (Amsa), Rick Burleigh, faisait état de quatre décès, deux marins du Business Post Naiad déclarés morts officiellement lundi, et deux membres de l’équipage du Winston Churchill, éjectés lundi de leur canot de survie et retrouvés mardi matin. Il mentionnait également deux disparus présumés décédés: le Britannique Glyn Charles, tombé à la mer dans le détroit de Bass dimanche du Sword of Orion, et un troisième passager du second canot du Winston Churchill. Les pertes en vies humaines auraient sans doute été plus élevées sans l’efficacité de l’Amsa, qui a coordonné des recherches ayant mis en œuvre plus de 25 avions privés et 5 avions de l’armée de l’air, ainsi que des hélicoptères de la marine australienne, de types Sea King et Sea Hawk, munis d’appareils de vision nocturne, et la frégate HMAS Newcastle. Ces appareils ont passé au peigne fin un périmètre de 4 000 milles sur lequel s’est abattue la tempête depuis dimanche matin à la recherche des concurrents en difficulté. 56 hélitreuillages C’est ainsi que six des neuf membres d’équipage du Winston Churchill, voilier «historique» qui avait participé à la première édition en 1945, ont été sauvés dans des conditions très difficiles lundi, quatre étant hélitreuillés depuis un premier canot, deux étant récupérés dans le second dont trois passagers avaient passé par-dessus bord. Au total, 56 marins ont été hélitreuillés depuis dimanche soir, tandis que 58 concurrents sur 115 ont abandonné et que 5 voiliers ont été évacués par leur équipage. Deux bateaux qui ont longtemps causé des inquiétudes aux sauveteurs, le Solo Globe Challenger et le Veto, ont finalement été localisés mardi et devraient regagner Sydney par leurs propres moyens. En 54 ans d’existence, la course n’avait eu à déplorer que deux morts. «Quand on s’aligne au départ, on s’attend à une épreuve difficile, mais personne ne prévoit que cela puisse mettre des vies en danger, a déclaré Larry Ellison. Des gens sont morts. Ce n’est pas censé arriver». Hugo Van Kretschmar, commodore du Cruising Yacht Club of Australia (CYCA), organisateur de l’épreuve, a souligné que le CYCA s’était conformé aux règlements internationaux qui stipulent que c’est au skipper de décider ou non de prendre le départ. Une position que soutient Rick Burleigh, le porte-parole des sauveteurs: «C’est au skipper que revient en dernier ressort la décision de prendre ou non le départ d’une course s’il en estime les conditions trop dangereuses». «Un sport de liberté» Ancien vainqueur de l’épreuve en 1967 avec Eric Tabarly, lui-même disparu en mer au mois de juin dernier, le Français Olivier de Kersauson est du même avis: «Le départ a été donné à juste titre. La voile est un sport de liberté qu’il ne faut pas dénaturer. Si des conditions extraordinaires sont annoncées, le skipper décide et doit savoir si son bateau peut prendre la mer ou pas», a-t-il déclaré au quotidien sportif français L’Equipe. Pour Hugo Van Kretschmar, la tragédie est due au fait que les conditions météorologiques ont été bien plus mauvaises que prévu: alors que le départ avait été donné sous le soleil et que des vents de 25 à 35 nœuds (40-60 km/h) étaient annoncés, ce sont des rafales allant parfois jusqu’à 95 nœuds (160 km/h) qui ont frappé la flotte de plein fouet. Cette 54e édition de Sydney-Hobart restera aussi comme l’une des courses les plus coûteuses de l’histoire de la voile puisqu’une soixantaine de bateaux d’une valeur globale estimée de 30 à 42 millions de dollars US ont été endommagés ou détruits. La tragédie la plus importante de l’histoire des courses hauturières reste celle du Fastnet 1979: dans la nuit du 13 au 14 août, la tempête au large des côtes anglaises avait causé la mort de dix-neuf personnes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quatre morts, deux disparus présumés morts. La 54e édition de la course à la voile Sydney-Hobart, remportée lundi par le Sayonara du milliardaire américain Larry Ellison, a été la plus meurtrière de l’histoire d’une épreuve née en 1945. Dès son arrivée, le vainqueur a ajouté à la polémique naissante en se demandant si les organisateurs avaient eu raison de donner le départ d’une course dont les 115 concurrents ont eu à affronter des creux de vingt mètres et des vents de près de 150 km/h dans le détroit de Bass. Mardi soir, le porte-parole de la Sécurité maritime australienne (Amsa), Rick Burleigh, faisait état de quatre décès, deux marins du Business Post Naiad déclarés morts officiellement lundi, et deux membres de l’équipage du Winston Churchill, éjectés lundi de leur canot de survie et retrouvés...