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Actualités - Chronologie

La mendicité, dernier recours des enfants de Bagdad (photo)

À un carrefour de Bagdad, une fillette de sept ans vend des bâtons d’encens alors que son petit frère mendie le long d’une file de voitures cabossées, arrêtées au feu rouge. Ils sont tous deux la principale source de revenus de leur famille, un phénomène qui devient de plus en plus fréquent à Bagdad et dans les autres villes irakiennes. «Je suis ici tous les jours, sauf le vendredi car, ce jour-là, ma mère m’emmène à la mosquée», dit Mohammad, âgé de cinq ans. «Parfois, des gens me donnent un peu d’argent, ou de la nourriture, ou des friandises. Mais la plupart ne me donnent rien», dit le petit garçon, sale, aux pieds nus. Nés après l’imposition des sanctions à l’Irak en 1990, beaucoup d’enfants ont grandi dans la pauvreté, dans un environnement où les soins médicaux manquent et où la malnutrition est galopante. Un grand nombre a commencé à travailler à l’âge où ils devraient débuter à l’école primaire. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), près d’un million d’enfants irakiens n’ont pas été scolarisés et 200 000 autres ont quitté prématurément les bancs de l’école au cours de l’année scolaire 1997-98, en raison des conditions économiques. La scolarité est en principe obligatoire au niveau du primaire, et gratuite, en Irak, mais même si les enfants voulaient aller à l’école, leurs parents ne pourraient pas se le permettre. Le prix des fournitures scolaires ou même des habits, des chaussures et des transports sont prohibitifs pour certaines familles. Théoriquement, la mendicité des enfants est illégale. «Il fut un temps où les parents étaient emprisonnés pour laisser leurs enfants mendier ou travailler, mais cela n’a plus cours aujourd’hui», dit un porte-parole de l’Unicef à Bagdad. Prises entre la nécessité d’éduquer les enfants et la bataille contre la pauvreté, les autorités ont peu de choix, sauf celui de fermer l’œil. La situation est très différente de ce qu’elle était avant l’embargo en Irak, qui s’enorgueillissait d’avoir mis en place l’un des meilleurs systèmes éducatifs du Proche-Orient, grâce au boom pétrolier des années 70. «Avant la guerre du Golfe, il était très difficile de trouver une famille vivant dans la pauvreté absolue à Bagdad. Aujourd’hui, elles sont légion. Nous sommes submergés», dit le porte-parole de l’Unicef. «La classe moyenne n’existe plus, il n’y a plus que des riches et des pauvres. Vous trouvez des architectes et des pilotes de ligne conduisant des taxis, notre chauffeur irakien est un ingénieur», ajoute le porte-parole. Dans la rue, les enfants doivent affronter la pollution, la chaleur, le froid et les dangers liés au trafic. Mais il y a d’autres risques moins visibles. Des maladies comme le choléra et la typhoïde, qui étaient pratiquement inconnues avant l’embargo, sont aujourd’hui répandues et mortelles, bien qu’elles n’aient pas encore atteint des proportions épidémiques. «Elles ont émergé quand l’infrastructure du pays s’est effondrée. Nous importions auparavant les vaccins», a expliqué le porte-parole. Le gouvernement irakien a pris la relève depuis l’entrée en vigueur du programme pétrole contre nourriture en vertu duquel l’Onu autorise l’Irak à vendre du brut pour acheter des produits de première nécessité. Le succès de ce programme est contestable : les contrats tardent à être approuvés par l’Onu et l’arrivée et la distribution des produits de première nécessité connaissent d’importants retards.
À un carrefour de Bagdad, une fillette de sept ans vend des bâtons d’encens alors que son petit frère mendie le long d’une file de voitures cabossées, arrêtées au feu rouge. Ils sont tous deux la principale source de revenus de leur famille, un phénomène qui devient de plus en plus fréquent à Bagdad et dans les autres villes irakiennes. «Je suis ici tous les jours, sauf le vendredi car, ce jour-là, ma mère m’emmène à la mosquée», dit Mohammad, âgé de cinq ans. «Parfois, des gens me donnent un peu d’argent, ou de la nourriture, ou des friandises. Mais la plupart ne me donnent rien», dit le petit garçon, sale, aux pieds nus. Nés après l’imposition des sanctions à l’Irak en 1990, beaucoup d’enfants ont grandi dans la pauvreté, dans un environnement où les soins médicaux manquent et où la...