Un financier, Laurent Perpère, succède à un homme de médias, Charles Biétry, démissionnaire lundi, comme président-délégué du Paris-SG : Canal Plus, l’actionnaire majoritaire du PSG, a fait confiance mardi à son directeur général en charge des finances pour relancer le club le plus riche de France vers les sommets sportifs. «Cette décision est hautement symbolique de l’engagement de Canal Plus dans le football et la réussite du Paris-SG», a déclaré mardi au cours d’une conférence de presse Pierre Lescure, PDG de la chaîne cryptée et président de la SAOS (Société anonyme à objet sportif). «La décision de Charles Biétry est forcément un échec», a reconnu M. Lescure, après un conseil d’administration du PSG qui a approuvé la nomination jusqu’à la fin 2000 de cet inspecteur des finances de 47 ans, qui a été notamment PDG des journaux Le Provençal et Var Matin. C’est d’ailleurs à Marseille – car il a avoué n’avoir pas rêvé devenir président d’un club de football dès sa jeunesse – que Laurent Perpère s’est passionné pour le monde du ballon rond pour avoir été «profondément impliqué dans la vie de l’Olympique de Marseille» lors des moments de gloire du club phocéen au début des années 90. Arrivé comme «grand argentier» de Canal Plus en octobre 1995, c’est de lui-même qu’il avait postulé à un poste d’administrateur du PSG qui lui a été accordé en avril 1996. Le remplacement, l’été dernier, de Michel Denisot par Charles Biétry, qui exerçait cette fonction à temps plein et exerçait une poigne de fer sur tous les secteurs du club, n’a pas donné les résultats sportifs espérés (onzième du championnat à 22 points du leader Marseille et éliminé au premier tour de la Coupe des Coupes). Un directeur sportif Laurent Perpère a une autre conception de son rôle : «Je serai au-dessus de la mêlée», affirme-t-il. Première décision, qui interviendra dans les prochains jours, la nomination d’un directeur sportif chargé notamment de l’engagement de trois ou quatre nouveaux joueurs réclamés par l’entraîneur portugais Artur Jorge en plus du «joker» Helder, un milieu de terrain qui n’a pas joué sous les couleurs parisiennes. Car pour M. Perpère, qui n’a «aucune inquiétude pour les comptes», la situation sportive du club n’est pas désespérée. Le PSG ne compte que 7 points de retard sur Rennes (4e et dernier européen) et peut toujours compter sur la Coupe de France et la Coupe de la Ligue, deux épreuves qu’il a remportées la saison dernière, pour lui assurer d’être «européen» la saison prochaine, l’objectif majeur de la fin de saison. Concernant l’avenir de Charles Biétry, 55 ans, parti en vacances au Sénégal, Pierre Lescure a affirmé que ce n’était «pas les tâches qui peuvent manquer» au sein de Canal Plus et qu’il n’y avait pas de raison qu’il ne «garde pas la responsabilité du PSG Omnisports» (tous les sports pratiqués sauf le football). Pas «d’inquiétude pour les comptes» Malgré la crise sportive qui secoue actuellement le club, il n’y a «aucune inquiétude pour les comptes du Paris SG», a assuré mardi son nouveau président-délégué Laurent Perpère, directeur général en charge des finances de Canal Plus, l’actionnaire majoritaire. M. Perpère a souligné, lors de sa conférence de presse d’intronisation, que le PSG venait de passer avec succès l’épreuve de la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), l’organisme chargé se surveiller les comptes des clubs professionnels français. Le budget de la saison 1998-99, estimé à 300 millions de francs, est le plus important des clubs français mais il est encore loin de ceux des grands clubs européens (FC Barcelone, Real Madrid, Manchester United, Milan AC, Juventus Turin). «Je ne pense pas que le PSG a dépensé l’argent (plus de 200 millions de francs) de façon absurde» lors des achats de joueurs l’été dernier, a déclaré M. Perpère, affirmant qu’il ne portait pas de jugement sur la qualité des joueurs recrutés. Aussi, c’est «une perspective raisonnable et supportable financièrement» d’engager «trois ou quatre joueurs» durant la trêve hivernale (en plus de Helder, le «joker» portugais), réclamés par l’entraîneur Artur Jorge. Mais Laurent Perpère a tenu à montrer qu’il était bien le «boss» en déclarant qu’en dernier recours, c’était lui qui déciderait des engagements et que beaucoup de rumeurs (comme l’arrivée du libero brésilien du Milan AC André Cruz) «ne sont pas avérées». L’UCPF veut «rénover totalement les statuts des clubs» L’Union nationale des clubs de football professionnels (UCPF) estime, mardi dans un communiqué, que la «situation de fragilisation des dirigeants doit inciter rapidement à rénover totalement les statuts des clubs». Cette rénovation doit, selon l’UCPF, «offrir un cadre modernisé dans lequel ils puissent trouver la stabilité, seule garante de la construction d’un club». Pour l’UCPF «quatre présidents démissionnaires (Guingamp, Lorient, Nantes et le PSG) en cinq mois de compétition illustrent parfaitement la difficulté de diriger aujourd’hui un club professionnel». Le président de l’UCPF, M. Gervais Martel (Lens), dans son langage imagé affirme par ailleurs que «ces démissions mettent définitivement un terme aux allégations de ceux qui voulaient faire des entraîneurs les seules victimes des difficultés d’un club». «En D1, conclut-il, dans le funeste match président-entraîneur, les premiers ont aujourd’hui le triste privilège d’avoir égalisé 3-3».
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