C’était un secret éventé dans l’Europe du football. C’est désormais officiel : Zinedine Yazid Zidane est devenu le quatrième joueur français a remporter le «Ballon d’or» 1998 France-Football. La récompense individuelle suprême. Si loin et si proche à la fois. C’était hier. «Zizou», comme l’a un jour baptisé l’entraîneur de Marseille Rolland Courbis, ou «Yaz», comme l’appellent ses proches, s’amusait sur les terrains cahoteux en terre battue de la cité de la Castellane à Marseille. Avec l’équipe de la «Foresta», il joue. Bien. Il montre des qualités techniques au-dessus de la moyenne et marque des buts. Beaucoup. Il est seulement âgé de douze ans... Et déjà, certains font des projets pour lui. D’autres, en revanche, veillent. Comme Smaïl, son père. Chez les Zidane, rien ne se fait, et ne se fera, sans l’accord du patriarche. C’est la règle. Zinedine l’applique avec conscience et respect comme on le fait en Kabylie. C’est avec son accord qu’il quitte le domicile familial pour Cannes à presque quatorze ans. «Bordeaux : un palier parfait» Là, il franchit rapidement les échelons pour parvenir en équipe première, mis en confiance par Luis Fernandez qui le lance dans le grand bain. En 1994, le joueur négocie un transfert aux Girondins de Bordeaux où il trouve en Courbis un parfait relais et en Christophe Dugarry un ami. «Les années passées à Bordeaux ont été le parfait palier pour partir à l’étranger et à la Juventus Turin» indique le meneur de jeu. Mais une petite réputation pointe: Zidane n’est pas l’homme des grands rendez-vous. La finale de la Coupe de l’UEFA (perdue) avec Bordeaux contre le Bayern Munich, en mai 1996, est un révélateur même si pour cause de suspension, il n’a pas participé au match aller au stade Olympique. Pour plus de trente millions de francs, il signe à la Juventus Turin en juin 1996 et obtient la reconnaissance et les titres. Mais sa réputation s’amplifie. Trois finales de Coupe d’Europe disputées : trois échecs. En outre, le Championnat d’Europe des nations 1996 en Angleterre n’est pas concluant. C’était hier toujours. La Coupe du monde, et la consécration qui arrive ce 12 juillet 1998 historique et cette finale contre le Brésil avec deux buts inscrits de la tête. Enfin. Heureux et fier «Ce titre, nous le méritons. Si nous sommes champions c’est parce que en sept rencontres nous avons pris seulement un but sur une action construite (contre le Danemark, c’était un penalty). Nous avons la meilleure attaque, la meilleure défense, “Tchouk” (ndlr: Youri Djorkaeff) est le meilleur passeur (3) avec Ronaldo et Thierry Henry manque de peu le titre de meilleur buteur. Ce n’est pas par hasard si nous sommes devenus champions du monde», souligne l’international. Avez-vous été le meilleur joueur du Mondial-98 ? «Ce que je sais, c’est que j’ai disputé une grande finale». Tout en nuance, signé Zidane. «J’ai énormément souffert de mon exclusion (contre l’Arabie séoudite). J’ai tout gardé. En silence. Je n’avais pas le droit de me plaindre. Pas le droit par rapport au groupe. Contre le Brésil, il est clair qu’il fallait faire quelque chose. Laurent Blanc m’avait dit: ce match, il est pour toi. C’est ton match», raconte Zidane. Aujourd’hui, il obtient la récompense individuelle tant recherchée par un footballeur. Il la dédie aux siens, «à ma famille, mes amis», et s’estime heureux et fier de «succéder aux plus grands du football mais également à Kopa, Michel (Platini) et Jean-Pierre (Papin)». «Yaz» est heureux d’obtenir cette récompense, un titre de noblesse dans le monde du football. Le 1er février 1999 à Barcelone (Espagne), il devrait probablement être élu meilleur joueur du monde par la Fédération internationale de football (Fifa) pour l’année 1998. Mais c’est déjà une autre histoire. Le footballeur vedette brésilien Ronaldo a déclaré lundi que le Français Zinedine Zidane méritait d’obtenir la récompense accordée par la Fifa au meilleur joueur de l’année. «Pour tout ce qu’il a fait cette année, Zidane mérite la reconnaissance de la Fifa», a-t-il dit à l’agence de presse brésilienne Estado. Ronaldo s’est vu décerner cette récompense ces deux dernières années, mais il a déçu les espoirs mis en lui cette année en finale de la Coupe du monde et souffre depuis lors de problèmes de genou.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’était un secret éventé dans l’Europe du football. C’est désormais officiel : Zinedine Yazid Zidane est devenu le quatrième joueur français a remporter le «Ballon d’or» 1998 France-Football. La récompense individuelle suprême. Si loin et si proche à la fois. C’était hier. «Zizou», comme l’a un jour baptisé l’entraîneur de Marseille Rolland Courbis, ou «Yaz», comme l’appellent ses proches, s’amusait sur les terrains cahoteux en terre battue de la cité de la Castellane à Marseille. Avec l’équipe de la «Foresta», il joue. Bien. Il montre des qualités techniques au-dessus de la moyenne et marque des buts. Beaucoup. Il est seulement âgé de douze ans... Et déjà, certains font des projets pour lui. D’autres, en revanche, veillent. Comme Smaïl, son père. Chez les Zidane, rien ne se fait, et ne...