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Actualités - Reportage

La revue hebdomadaire des marchés financiers Détente du dollar à Beyrouth

Le principal développement qui a marqué l’évolution du marché des changes de Beyrouth cette semaine a été l’abaissement surprise par la Banque du Liban (BDL) de son taux d’intervention «réel» à la vente du dollar de 1 515,00 à 1 514,00 LL dès jeudi dernier, pour la première fois depuis plus de deux mois, tout en maintenant son taux «symbolique» à l’achat à 1 502,00 LL, pour le faire clôturer hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL contre 1 508,50 LL depuis la mi-octobre, en léger repli d’un demi-point. Dans cette évolution, les établissements de crédit de la place ont été amenés à abaisser aussi leur taux de négociation du dollar dès jeudi dernier, le ramenant de 1 514,50/1 515,50 LL avec un point d’ancrage à 1 515,00 LL, à 1 513,75/1 514,25 LL avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL, soit en baisse d’un point. Mais il n’en demeure pas moins que le billet vert a continué d’être recherché avant et après la baisse de ses cours afin de satisfaire les besoins de la demande commerciale, dans un marché toujours réticent à la vente en cette période de fin d’année marquée généralement par des ajustements de positions et peu propices aux nouvelles initiatives, comme en témoignent les volumes d’affaires quotidiens peu nourris. Tendance mitigée du dollar cette semaine À l’étranger, les craintes d’une destitution du président américain Bill Clinton ont dominé les marchés internationaux des changes cette semaine, le dollar, déjà fatigué, s’enfonçant un peu plus face aux principales devises et ne trouvant pas de soutien dans l’intervention militaire américano-britannique en Irak. De fait, l’attention des cambistes s’est braquée dès le début de la semaine sur Washington où l’avenir politique de Bill Clinton allait être mis en jeu à la Chambre des représentants. Même si la décision mercredi soir des États-Unis de procéder à des frappes militaires aériennes sur Bagdad a repoussé d’un jour les débats de la Chambre des représentants, initialement prévus jeudi, le dollar n’a pas eu le temps de souffler. Certes, le billet vert n’a connu qu’un moment de répit mercredi dernier en fin de journée. En anticipation de l’attaque militaire sur Bagdad, il est rapidement monté face au yen et au deutsche mark, mais il a vite abandonné son rôle de monnaie-refuge peu après cette intervention. Les opérateurs se sont montrés dès jeudi dernier plus préoccupés par les déboires domestiques du président américain. La Chambre des représentants a été convoquée hier pour débattre des recommandations de sa commission judiciaire en faveur de la destitution du président Bill Clinton pour son attitude dans l’affaire Lewinsky. Elle devrait rendre sa décision aujourd’hui. À cet égard, la plupart des analystes tablaient hier sur un vote en faveur de la destitution. Si tel est le cas l’affaire sera envoyée devant le Sénat qui devra se prononcer à son tour sur le sort du président américain. Reflétant les craintes du marché, le dollar est brièvement retombé hier sous la barre des 115,00 yens, un seuil sous lequel il n’était pas descendu depuis le début du mois de novembre. La devise nippone a ainsi terminé la semaine plus en forme malgré la dernière enquête trimestrielle de conjoncture de la Banque du Japon (le Tankan) qui a révélé une dégradation inédite depuis cinq ans du moral des milieux d’affaires. Certains économistes expliquent la fermeté du yen par la chute généralisée des cours des matières premières et particulièrement ceux du pétrole qui bénéficient au Japon – pays importateur. Dans ces conditions et eu égard aussi aux conjectures selon lesquelles l’économie américaine est menacée de ralentissement l’an prochain et aux anticipations d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale lors de la réunion mardi prochain du comité de l’open market, le dollar s’est négocié sur un ton irrégulier à la fin de cette semaine en comparaison avec la fin de la semaine dernière, et ce comme suit : – 1,6807 pour un sterling contre 1,6895. – 1,6645 DM contre 1,6480. – 5,5810 FF contre 5,5255. – 1,3470 FS contre 1,3270. – 1 648,00 lires contre 1 632,00. – 115,65 yens contre 116,40. Bourse de Beyrouth : légèrement mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a été marquée par deux événements cette semaine. Le premier en rapport avec la baisse passagère des actions Solidere des deux catégories au-dessous de leur prix d’émission fixé à 10,00 dollars, soit à 9 1/2 dollars, avant de repasser le seuil des 10,00 dollars à 10 1/4 dollars pour les actions de la catégorie «A» et à 10 3/8 dollars pour celles de la catégorie «B». Et le second relatif à l’introduction sur le marché parallèle en première cotation des actions de la société Bou Khalil Markets à 2 1/16 dollars. À part ces deux développements, on a relevé aussi la hausse des actions de la Banque Libanaise pour le Commerce sur des nouvelles faisant état de sa fusion avec la Banque Byblos qui a au contraire cédé un peu de terrain. Finalement, les hausses l’ont emporté en nombre sur les baisses et l’indice général Lispi a finalement augmenté de 0,41 % à 87,69 points hier contre 87,33 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 1,01 % à 197,38 points contre 194,81 points pendant la même période. Pour ce qui est de l’activité de la cote, elle s’est contractée de 28,03 % en nombre et de 26,18 % en valeur cette semaine, totalisant 331 829 actions d’une valeur globale de 2 279 255 dollars contre 461 081 actions d’une valeur globale de 3 087 563 dollars, la semaine dernière. Semaine volatile à Wall Street À Wall Street, la semaine a été marquée par une grande irrégularité en raison de la conjonction de plusieurs événements dont l’attaque aérienne contre l’Irak, la procédure de destitution du président Clinton et l’expiration trimestrielle hier des options et des contrats sur les actions et indices boursiers plus connue en jargon boursier par la «journée des trois sorcières». De ce fait, les investisseurs sont restés sur la réserve jusqu’à la veille du week-end en attendant le vote de la Chambre des représentants sur une éventuelle destitution du président américain, après avoir anticipé la situation dans la région du Golfe. En outre, les nouvelles au sujet des résultats des grandes sociétés américaines pour le 4e trimestre, ainsi que les conjonctures relatives à l’orientation de l’économie aux États-Unis l’an prochain, sont venues aussi frapper d’hésitation la communauté financière. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’est montré indécis cette semaine, affichant hier en préclôture 8 909,81 points contre 8 821,76 points à la fin de la semaine dernière, en hausse de 1 % en moyenne d’une huitaine à l’autre. Paris : statu quo cette semaine Stoïque face aux frappes militaires en Irak, la Bourse de Paris a cette semaine réduit son allure à l’approche des fêtes mais aussi avant le basculement à la fin de l’année des marchés financiers dans un monde nouveau, celui de l’euro. La semaine s’est achevée sur un quasi statu quo à 3 691,89 points contre 3 695,70 points huit jours plus tôt. Depuis le début de l’année, la hausse s’élève à 23,12 %. La Bourse a donc effacé les deux tiers des dégâts causés cet automne par la crise financière. Elle a réalisé cette performance en dépit des signes de ralentissement de l’économie européenne. Le niveau particulièrement bas des prix des matières premières a largement contribué à la détente des taux à long terme cette année. Les frappes militaires américano-britanniques en Irak n’ont même pas réussi à enflammer durablement les prix du pétrole brut cette semaine. Cette opération militaire a été loin de susciter les réactions négatives perçues il y a sept ans lors de la guerre du Golfe. L’invasion du Koweït par les troupes irakiennes en août 1990 et la guerre du Golfe six mois plus tard avaient accéléré la récession alors naissante dans les pays industrialisés et avaient contribué à une forte baisse des marchés financiers. Londres : confortable progression sur la semaine La Bourse de Londres a réalisé une progression confortable cette semaine grâce au sentiment général que l’évolution de l’économie britannique va permettre une poursuite de la détente monétaire entamée par la Banque d’Angleterre. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé vendredi à 5 741,9 points, en hausse de 200,1 points sur la semaine, soit une progression de 3,6 %. Après une unique séance baissière lundi, les cours ont régulièrement progressé, aidés par Wall Street et des statistiques britanniques laissant espérer un «atterrissage» en douceur de l’économie. Pour le quatrième mois consécutif, l’inflation a été en novembre conforme à l’objectif du gouvernement, à savoir une progression sur un an de 2,5 % de l’indice calculé hors remboursements de crédits immobiliers. La légère remontée du nombre de chômeurs au cours du même mois a confirmé que le marché du travail présentait de moins en moins de risque de tensions inflationnistes. Quant à la hausse de 0,8 % des ventes de détail en novembre, elle a surpris les économistes par sa force mais a été interprétée plus comme un élément encourageant pour le secteur du commerce que comme une menace d’inflation. Les économistes de la City de Londres prévoient que les taux britanniques baisseront d’environ 1 % en 1999, ce qui devrait inciter les investisseurs à se porter davantage sur les actions. Francfort : en hausse Francfort a remonté la pente cette semaine (+2,72 %), après les pertes essuyées la semaine passée, en dépit d’une dernière journée en baisse sensible. L’indice X-DAX des trentes valeurs vedettes, par où transitent les deux tiers des ordres du marché de Francfort, a clôturé vendredi à 4 666,74 points contre 4 543,02 points la semaine précédente. La place allemande a connu quatre jours de hausses consécutives, lundi (+0,45 %), mardi (+0,14 %), mercredi (+2,56 %), jeudi (+0,97 %) avant de replonger après une fin d’après-midi agitée vendredi (–1,38 %), en raison de l’expiration d’un contrat à terme. «L’année boursière 1998 est déjà presque bouclée», a souligné la Commerzbank dans son rapport hebdomadaire. «Pour la 3e année consécutive, le marché devrait clore sur un léger gain, malgré de fortes turbulences», a-t-elle estimé. Pour l’année à venir, la banque reste prudente : «Il ne faut pas négliger les effets négatifs d’une conjoncture faiblissante, d’un dollar bas et de la faiblesse des gains des entreprises». La réforme des impôts du gouvernement allemand est aussi matière à inquiétudes. Zurich : forte reprise de 5,12 % La Bourse suisse a progressé de 5,12 % cette semaine, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) prenant 341,20 FS à 7 003,70 contre 6 662,50 à la clôture du précédent vendredi. «Le SMI est sorti d’un “range” (zone de fluctuation) où il évoluait depuis une douzaine de séances», a noté Philippe Maeder, analyste de la Banque cantonale vaudoise. La semaine s’est terminée vendredi à la baisse sur une séance de consolidation, alors que le marché des options arrivait à échéance. «Nous nous sommes engagés dans le traditionnel “rally” (reprise) de Noël», a-t-il commenté. «Sauf accroc», a-t-il ajouté, se référant aux incertitudes liées à l’attaque américaine en Irak et à la situation difficile du président Clinton. Tokyo : tributaire de Wall Street La Bourse de Tokyo devrait rester vulnérable aux mouvements de Wall Street la semaine prochaine, sur fond de frappes aériennes contre l’Irak et dans l’éventualité d’une destitution du président américain Bill Clinton, ont estimé des opérateurs. «Comme il n’y aura pas d’incitations majeures au niveau local, la Bourse de Tokyo devrait être très influencée par la tendance de Wall Street», a déclaré Mitshuhiro Nakano, stratégiste à Daiwa Institute of Research. «Les investisseurs seront prudents sur le marché américain et cela devrait peser sur la Bourse de Tokyo la semaine prochaine», a-t-il poursuivi. Par ailleurs, la dépréciation du dollar devrait faire pression sur le marché américain et pousser également la Bourse niponne à la baisse, a estimé Kenji Karigome, de Daiwa Securities Co. Ltd. Le recul du dollar face au yen devrait avoir un effet négatif sur la rentabilité des sociétés et devrait se traduire par des ventes de titres liés à l’exportation, comme les valeurs de l’électronique et des constructeurs automobiles, selon des analystes. Le dollar avait fortement reculé vendredi à 115,149-21 yens à 17h00 locales (08h00 GMT) contre 116,20 yens à New York jeudi soir. Le billet vert s’est même déprécié à Tokyo jusqu’à un plus bas de 114,98 yens pour un dollar vendredi en séance. L’indice Nikkei des valeurs vedettes devrait rester autour de 14 000 points la semaine prochaine, a estimé M. Karigome. Cette semaine, la Bourse de Tokyo a perdu 211,35 points, ou 1,5 % pour s’établir à 14 194 29 points. L’indice élargi Topix a cédé 16,46 points à 1 101,70 points. Cette semaine, le volume quotidien des échanges a atteint en moyenne 354,3 millions d’actions d’une valeur de 281,8 milliards de yens (2,5 mds USD) contre 422,2 millions d’actions d’une valeur de 342,2 mds de yens la semaine précédente.
Le principal développement qui a marqué l’évolution du marché des changes de Beyrouth cette semaine a été l’abaissement surprise par la Banque du Liban (BDL) de son taux d’intervention «réel» à la vente du dollar de 1 515,00 à 1 514,00 LL dès jeudi dernier, pour la première fois depuis plus de deux mois, tout en maintenant son taux «symbolique» à l’achat à 1 502,00 LL, pour le faire clôturer hier au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL contre 1 508,50 LL depuis la mi-octobre, en léger repli d’un demi-point. Dans cette évolution, les établissements de crédit de la place ont été amenés à abaisser aussi leur taux de négociation du dollar dès jeudi dernier, le ramenant de 1 514,50/1 515,50 LL avec un point d’ancrage à 1 515,00 LL, à 1 513,75/1 514,25 LL avec un point d’ancrage à 1 514,00...