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Actualités - Chronologie

Jeux olympiques - 2008 La ville de Paris officiellement candidate (photo)

Stimulée par le succès de la Coupe du monde de football, la ville de Paris a décidé de se porter à nouveau candidate à l’organisation des Jeux olympiques 2008. Jean Tibéri, le maire de Paris, l’a confirmé jeudi après qu’une fuite voilà dix jours aux Jeux asiatiques eut vendu la mèche après un coup de téléphone du président Jacques Chirac à Juan Antonio Samaranch, président du CIO. «Nous avons l’ambition et les moyens de cette ambition», a déclaré Jean Tibéri au cours d’une conférence de presse où il a officiellement intrônisé Philippe Bourguignon, patron du Club Méditerrannée, au poste de président du comité de candidature. «C’est à nous de démontrer que Paris est une ville qui peut exprimer l’olympisme sous tous ses aspects», a ajouté le maire de Paris. «Je n’ai jamais négocié de candidature aux Jeux olympiques, mais je sais que pour gagner un marché, vous pouvez avoir la meilleure équipe de commerciaux, mais si le le produit n’est pas bon, vous n’y arriverez pas», a déclaré Philippe Bourguignon. «Ainsi Paris, même si cela me gêne de parler ainsi de cette ville, en terme de marketing, est un très bon produit», a-t-il ajouté. La candidature parisienne sera appuyée par deux des grands noms français de l’olympisme, Jean-Claude Killy et Guy Drut, membres du CIO et anciens champions olympiques, dont les compétences n’ont pas été définies pour l’heure. Killy avait dirigé le comité d’organisation des Jeux d’Albertville en 1992. «Nous n’avions aucune chance sur le papier, pourtant nous les avons eus et nous les avons bien organisés», a-t-il dit. «La décision sera prise en juin 2001 et nous devons y aller pour gagner», a-t-il ajouté. Un budget à fixer Interrogé sur les récentes révélations de corruption au sein du CIO, l’ancien champion olympique de ski a déclaré : «Cela est nuisible pour le mouvement olympique. Mais je ne vois pas en quoi cela pourrait porter ombrage à la candidature de Paris». Guy Drut avait pour sa part porté la candidature infructueuse de Paris aux Jeux d’été de 1992, finalement attribués à Barcelone. Il était également impliqué dans la candidature de Lille aux Jeux de 2004 en tant que ministre des Sports. Paris, qui a accueilli les Jeux en 1900 et en 1924, sera en compétition avec Kuala Lumpur, Pékin, Osaka et Toronto. La ville lumière semble bien mieux outillée qu’en 1986 pour accueillir un tel évènement, grâce notamment à la Coupe du monde, la construction du Stade de France, le succès du palais omnisports de Paris-Bercy ou la restauration du stade Charléty. Il resterait à la capitale française à construire un vélodrome de 10 000 places et une piscine olympique de capacité équivalente. Plusieurs sites situés à proximité du Stade de France seront examinés en vue d’accueillir le village olympique. Jean Tibéri a enfin rappelé que sa ville bénéficiait d’un réseau de transports en commun hors pair ainsi que de toutes les capacités d’accueil et d’activités d’une ville habituée à recevoir des millions de touristes chaque année. Le budget de cette candidature n’a pas été fixé mais, selon le quotidien sportif L’Équipe, il tournerait autour des 100 millions de FF. Le directeur du CIO : «Il va se passer des choses très rapidement» Le directeur général du Comité international olympique (CIO), l’avocat suisse François Carrard, a assuré que des mesures allaient être prises rapidement à la suite des allégations de corruption lancées contre le CIO par un de ses membres. «Je vous assure qu’il va se passer des choses et à mon avis très rapidement», a dit Me Carrard dans une interview publiée jeudi par le quotidien suisse Le Temps. Le président Juan Antonio Samaranch a ordonné par écrit une enquête le 1er décembre après que le CIO eut pris connaissance d’une lettre de Salt Lake City qui offrait des avantages à des membres du CIO, à leur famille ou à certains de leurs proches, pour l’attribution à la ville américaine des JO d’hiver de 2002, déclare Me Carrard, 60 ans. «Nous voulons frapper très fort et aussi loin que possible», précise-t-il. L’avocat relève cependant que si la corruption de membres du CIO était prouvée, le code pénal suisse ne prévoit aucune sanction. «Cela pourrait se révéler être une forme d’escroquerie pour les victimes, en l’occurence les villes (candidates). Mais en Suisse – dans d’autres pays, c’est possible – nous ne pouvons pas déposer plainte pénale pour corruption dans une affaire comme celle-ci», dit-il. «Acheter des voix est quelque chose d’écœurant», ajoute l’avocat. Me Carrard réagissait aux déclarations d’un des vice-présidents du CIO, le Suisse Marc Hodler, qui a publiquement mis en cause le rôle d’intermédiaires qui achèteraient et vendraient des voix de membres du CIO au plus offrant pour assurer le succès d’une candidature. Il a affirmé que des membres du CIO avaient été corrompus pour la désignation de Salt Lake City. «Aucune preuve» Me Carrard s’étonne que Marc Hodler ait lancé ses accusations alors qu’il est l’auteur au CIO des règles anticorruption et chargé de les faire respecter. «Mais je ne dis pas qu’il a tort», ajoute-t-il. «Cependant, nous n’avons aucune preuve quant aux accusations qu’il a lancées. Lui-même ne nous en a pas apportée. Dans tout ce tumulte, nous sommes obligés d’intervenir et nous le ferons. Dès que nous aurons des indices de preuves, nous irons jusqu’au bout des choses», a dit le directeur général du CIO. Il revient aussi sur les relations entre un agent recruté par des villes pour défendre leur candidature auprès du CIO, Goran Takac, et son père Artur Takac, conseiller technique auprès du président Samaranch. «Je suis incapable de savoir ce que fait Goran Takac, s’il se livre à des choses critiquables en faveur des villes candidates ou non», révèle-t-il. Il reconnaît que Goran Takac a obtenu des mandats du CIO, il y a sept-huit ans, pour la société de réalisations graphiques publicitaires qu’il dirige, «sans doute parce que son père, alors conseiller technique extérieur du CIO après avoir exercé la charge de directeur technique il y a de nombreuses années, l’y a aidé». «C’est alors que je lui ai dit que, compte tenu des fonctions de son père, il pourrait y avoir conflit d’intérêts», affirme Me Carrard. À partir de ce moment-là, le CIO ne lui a plus confié de mandats en dehors de la publication d’un livre de photos et d’un livre officiel sur chaque édition des JO. Cet ouvrage est publié aux frais de Goran Takac qui paie des droits au CIO, précise Me Carrard. Le père, Artur Takac, continue de remplir des missions pour le CIO en tant que conseiller technique pour, par exemple, des jeux organisés par de petits pays et parrainés par le CIO, ajoute le directeur général. «En tout cas, Artur prétend être indépendant des activités de Goran», déclare Me Carrard. Il reconnaît cependant suivre «d’assez près» les activités de la société de Goran Takac bien qu’il n’ait ni motif ni pouvoir juridique de la contrôler.
Stimulée par le succès de la Coupe du monde de football, la ville de Paris a décidé de se porter à nouveau candidate à l’organisation des Jeux olympiques 2008. Jean Tibéri, le maire de Paris, l’a confirmé jeudi après qu’une fuite voilà dix jours aux Jeux asiatiques eut vendu la mèche après un coup de téléphone du président Jacques Chirac à Juan Antonio Samaranch, président du CIO. «Nous avons l’ambition et les moyens de cette ambition», a déclaré Jean Tibéri au cours d’une conférence de presse où il a officiellement intrônisé Philippe Bourguignon, patron du Club Méditerrannée, au poste de président du comité de candidature. «C’est à nous de démontrer que Paris est une ville qui peut exprimer l’olympisme sous tous ses aspects», a ajouté le maire de Paris. «Je n’ai jamais négocié de...