Le dollar est resté confiné dans d’étroites limites hier, sur le marché des changes de Beyrouth marqué toujours par la réticence des opérateurs à l’offre et la poursuite des interventions de la Banque du Liban (BDL) afin de satisfaire une demande commerciale généralement modérée. En se portant ainsi «vendeur» à 1 515,00 LL et «acheteur»à 1 502,00 LL, celle-ci est parvenue à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,50 LL (inch.). Toutefois, les établissements de crédit de la place ont continué de négocier le dollar au point supérieur d’intervention de BDL et très rarement en dehors d’elle en l’absence de contreparties valables à l’offre. Il a, en effet, fluctué toute la journée d’hier entre 1 514,50 et 1 515,50 LL, dans un volume d’affaires relativement restreint, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars, entièrement vendus à 1 515,00 LL par la BDL, indique-t-on dans les milieux cambistes. Le dollar soutenu par la crise du Golfe A l’étranger, le dollar s’est replié face au yen hier, sur les marchés des changes internationaux, mais il est monté contre le deutsche mark et les monnaies qui lui sont attachées en Europe. Le billet vert a souffert face au yen car il semble qu’il y ait une volonté accrue de la part de Tokyo et de Washington de laisser le dollar s’affaiblir afin principalement de réduire le déficit commercial américain vis-à-vis du Japon. Cela d’autant qu’on apprenait, hier, que l’excédent de la balance des comptes courants japonais aurait accusé une hausse de 21,5 % en octobre. Les analystes prévoient par ailleurs une augmentation des taux d’intérêt nippons sur le long terme qui favorise le yen alors que la perspective d’évolution des taux d’intérêt américains est à la baisse. De plus, le dollar a été sous pression face au yen alors que la Chambre des représentants doit se prononcer aujourd’hui ou demain sur la procédure de destitution du président Clinton. Au contraire, le dollar s’est apprécié contre les monnaies européennes, profitant des craintes liées aux nouvelles tensions survenues entre Bagdad et l’Onu qui a évacué hier les inspecteurs de sa commission spéciale chargée du désarmement de l’Irak. De ce fait, le dollar a retrouvé son rôle de monnaie-refuge à un moment où les derniers indicateurs de l’économie allemande s’avéraient décevants. A cet égard, les opérateurs ont réagi sensiblement hier, à la nouvelle détérioration du climat des affaires en Allemagne de l’Ouest en novembre comme l’a révélé le baromètre de l’institut de conjoncture IFO publié hier. Enfin, le dollar a bénéficié aussi d’un accès de faiblesse du sterling en rapport avec la publication hier, d’un mauvais chiffre du chômage en Grande-Bretagne le mois dernier, se négociant à New York, comme suit : – 1,6707 pour un sterling contre 1,6850, la veille. – 1,6735 DM contre 1,6575. – 5,6126 FF contre 5,5380. – 1,3513 FS contre 1,3415. – 1658,55 lires contre 1641,50. – 116,45 yen contre 116,35. Bourse de Beyrouth : en hausse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est davantage reprise hier, en raison de la hausse des actions Solidere des deux catégories «A» et «B» au deuxième fixing ainsi que de celles de la Banque libanaise pour le commerce et de l’Uniceramic dans une proportion largement plus grande que la baisse des actions de la banque Byblos. En effet, l’indice général LISPI a augmenté de 1,03 % à 87,43 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a progressé de 1,21 % à 197,38 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle s’est un peu développée, se chiffrant à 96 921 actions d’une valeur globale de 671 633 dollars. Affaiblissement de Wall Street Wall Street est restée orientée à la baisse hier, les opérateurs boursiers hésitant à s’engager en raison des inquiétudes sur le sort politique du président Clinton, et la performance des compagnies américaines au 4e trimestre. Les tensions avec l’Irak ont également alourdi la tendance, James Rubin, le porte parole du département d’État américain, ayant déclaré que Washington pouvait décider seul de frapper l’Irak après de nouvelles violations par ce pays de ses engagements concernant les inspections des sites pouvant abriter des armements de destruction massive. En outre, la publication d’une batterie de statistiques américaines révélant un net ralentissement de la croissance économique dont la baisse de 0,3 % de la production industrielle en novembre contre une hausse de 0,2 % en octobre et la diminution du taux d’utilisation des capacités industrielles à 80,6 % contre 81,2 % pendant la même période, est venue aussi peser sur l’ensemble de la cote. Cela d’autant que les mises en chantier de logement auraient diminué de 2,7 % le mois dernier. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est tombé d’un plus haut à 8 851,36 points à un plus bas à 8 740,65 points, avant d’afficher en préclôture 8 798,30 points, en baisse de 25,00 points sur la veille. Paris : clôture en hausse L’indice CAC 40 a repassé mercredi la barre des 3 700 points, terminant en hausse de 0,92 % à 3 707,47 points au cours d’une nouvelle séance marquée par la feuilleton Pathé. Aidé par la hausse du dollar, l’indice CAC 40, qui avait progressé la veille de 0,29 %, a retrouvé encore plus de couleurs dans un volume d’échanges moyennement étoffé de 12,6 milliards de francs sur le marché à règlement mensuel. Les achats massifs se sont poursuivis sur l’action Pathé. À la clôture, 5,8 % du capital (soit 448 000 titres représentant 700 millions de francs) avaient encore changé de mains mercredi, selon des sources de marché, qui n’ont pas précisé si Vincent Bolloré était à l’origine de ces achats. Ces derniers jours, l’homme d’affaires breton, sorti récemment du capital de Bouygues, a jeté son dévolu sur Pathé, grimpant à quelque 15 % du capital du groupe contrôlé par Jérôme Seydoux (Chargeurs). En dehors de ces mouvements sur Pathé, le marché est resté calme, les opérateurs soulignant qu’on est entré dans le traditionnel ralentissement de fin d’année, où les gestionnaires se consacrent à l’habillage de leurs bilans. Plus encore que les années précédentes, selon un opérateur, ils ne prennent pas de nouvelles positions en raison du passage à l’Euro prochainement. Londres : reprise d’espoir La Bourse de Londres a nettement progressé mercredi dans l’espoir renouvelé d’une baisse des taux britanniques l’année prochaine après une hausse du chômage pour le deuxième mois consécutif en novembre. L’indice Footsie des cent principales valeurs a clôturé en hausse de 73,3 points à 5 630,4 points, soit + 1,32 %. Si le taux de chômage est resté inchangé en novembre, les chiffres officiels ont enregistré une légère hausse du nombre de demandeurs d’emplois, de 5 900. C’est la première fois depuis six ans que ce chiffre augmente deux mois de suite. Ces chiffres ne marquent pas de forte dégradation du marché du travail mais vont dans le sens des signes précédents de ralentissement de l’économie et le marché continue de prévoir de nouvelles mesures de détente monétaire l’année prochaine après les trois baisses de taux décidées par la Banque d’Angleterrre depuis octobre. Le rendement de l’emprunt d’État à 10 ans s’établissait en fin de journée à 4,475 % contre 4,461 % mardi soir. L’écart de rendement avec le bund correspondant était de 61,5 points de base contre 63,1. Parmi les valeurs du Footsie, 28 ont terminé en baisse et 70 en hausse. Le volume des échanges était estimé à 690 millions d’actions à 16h00 GMT. Zurich : nette progression La Bourse de Zurich a gagné 1,75 % mercredi, l’indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) affichant à la clôture un gain de 118,3 points à 6 886,5, contre 6 768,2 mardi. L’indice élargi Swiss Performance Index (SPI) a pour sa part pris 66,22 points, à 4 342,16 (+1,55 %). A l’ouverture, les volumes d’échanges sont apparus plus faibles que la veille, mais ils se sont un peu étoffés dans l’après-midi, selon la banque Pictet et Cie. «On assiste comme d’habitude à un «rally» (une reprise) de Noël», a expliqué Jean-Pierre Buchs, courtier à l’Union bancaire privée. L’échéance du marché des options en fin de semaine incite également les investisseurs à «tirer le marché vers le haut», a-t-il également relevé. Les trois «valeurs défensives», Nestlé, Roche et Novartis, se sont bien comportées, a noté le courtier : «Elles ont peut-être été influencées par le dollar qui va légérement mieux, même s’il est loin des niveaux d’il y a quelques semaines». Tokyo : en hausse modérée La Bourse de Tokyo a enregistré mercredi une hausse de 0,6 %, l’indice Nikkei gagnant 85,11 points à 14 096,30 points à la clôture, l’inquiétude sur le sort du président Clinton et son impact sur Wall Street érodant les gains enregistrés en début de séance. L’indice élargi Topix a gagné 4,12 points à 10 093,39 points, dans un volume d’activité modeste de 336 millions de titres échangés, contre 409,6 millions la veille. En début de séance, le marché s’est apprécié, bénéficiant de la hausse de 1,47 % de Wall Street mardi, selon opérateurs. Ce rebond peut également être interprété comme «un signe que l’effet de la nationalisation soudaine de Nippon Credit Bank se dissipe», a indiqué un opérateur de Nichiei Securities. Le gouvernemt a annoncé le week-end dernier la nationalisation de la NCB, qui se trouve en situation nette négative. Mais ces gains se sont ensuite érodés, les investisseurs adoptant une position d’attente, et l’indice est même descendu à 14 016,81 points à l’approche de la clôture.
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