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Actualités - Chronologie

Loisirs - Bagdad, sous l'embargo Le club des nouveaux riches (photo)

L’un des clubs les plus anciens et les plus huppés de Bagdad, fondé en 1924 par les Britanniques, survit, non loin des rives du Tigre, aux difficultés du quotidien. Derrière la grille étroitement gardée, le club fait de son mieux pour conserver sa vieille réputation. Mais certains membres se plaignent de voir de plus en plus les «nouveaux riches» fréquenter les lieux. Il s’agit surtout de commerçants qui ont fait fortune en important des vivres et produits divers au cours des huit dernières années d’embargo. Le club insiste pour que les membres soient en principe toujours choisis selon leur niveau d’éducation. «Mais les nouveaux riches ne sont pas seulement au club, ils sont partout en raison de la situation», relève un membre de l’établissement qui emploie 85 personnes. Les sanctions imposées à l’Irak par l’ONU, au lendemain de son invasion du Koweit en 1990, ont provoqué, quelques années plus tard, l’interdiction de la consommation de l’alcool et du maintien des jeux de hasard, jugés indécents dans un pays où la majorité des Irakiens ne cesse de lutter au quotidien pour sa survie. «C’est sûr, l’interdiction de l’alcool a affecté l’atmosphère du club», souligne un professeur de droit, Shab Touma Mansour, 68 ans, diplômé de l’Université de Montpellier, en France. «Bon nombre des membres les plus anciens ont disparu, ils sont décédés ou ont émigré», poursuit-il, tout en dégustant un café en compagnie d’un ami en complet-cravate dans une des grandes salles du centre. Bingo le samedi Mohammed Attar, ancien directeur général au ministère du Commerce, à la retraite, admet, lui aussi, que les choses ont changé. «Nous avions l’habitude de dîner ici et de passer du bon temps avec nos amis dans le jardin» pendant les années 70 et 80, se rappelle un diplômé de l’université de Berkeley, en Californie. En dépit de la peinture qui se détache des murs et des équipements en désuétude, le bingo du samedi soir — sorte de jeu de loto — demeure un loisir très populaire qui attire des centaines de personnes bien soignées, parmi lesquelles de nombreux jeunes. Une armée de serveurs, portant papillons et gilets, ne cesse de proposer aux joueurs sandwiches, boissons gazeuses et café turc. L’argent susceptible d’être gagné est minime : entre 5 000 et 10 000 dinars, soit trois à six dollars. Mais il s’agit d’un montant correct aujourd’hui en Irak, où le niveau de vie a considérablement baissé depuis l’entrée en vigueur des sanctions de l’ONU. Les droits d’adhésion au club pour une famille composée de trois à cinq membres sont de 10 000 dinars l’année. Al-Wiyah assure regrouper quelque 40 000 membres, y compris les épouses et les enfants. «Ils ont réduit le nombre de personnes qui payent leur entrée au club. Du temps de la monarchie, c’était la place de la bourgeoisie. Maintenant, on y trouve toutes les classes confondues», constate un vieil habitué. Al-Wiyah est aussi le club le plus vaste de Bagdad. En plus des trois piscines, le centre comprend trois courts de tennis, un cinéma en plein air, un théâtre, un restaurant, une salle de billard et une librairie. L’aménagement d’une piscine couverte est en projet. Le club est actuellement géré par l’ancien footballeur et ancien militaire irakien Hicham Ajjaj, membre du parti Baas au pouvoir, et proche collaborateur de Oudaï, fils aîné du président Saddam Hussein.
L’un des clubs les plus anciens et les plus huppés de Bagdad, fondé en 1924 par les Britanniques, survit, non loin des rives du Tigre, aux difficultés du quotidien. Derrière la grille étroitement gardée, le club fait de son mieux pour conserver sa vieille réputation. Mais certains membres se plaignent de voir de plus en plus les «nouveaux riches» fréquenter les lieux. Il s’agit surtout de commerçants qui ont fait fortune en important des vivres et produits divers au cours des huit dernières années d’embargo. Le club insiste pour que les membres soient en principe toujours choisis selon leur niveau d’éducation. «Mais les nouveaux riches ne sont pas seulement au club, ils sont partout en raison de la situation», relève un membre de l’établissement qui emploie 85 personnes. Les sanctions imposées à l’Irak par...