L’Angleterre, la Suisse et la Belgique vont tenter de se liguer, mardi, pour éviter que les quarts de finale de la Coupe de l’UEFA se transforment en une compétition à l’usage exclusif des pays latins. La France, l’Italie et l’Espagne pourraient être les seules nations présentes dans cette compétition au printemps prochain tant les équipes de ces trois pays sont en position favorable à la veille des huitièmes de finale retour. Dans ce concert restreint, les formations italiennes font une nouvelle fois figure de favorites. Bologne, qui a écrasé le Real Betis 4-1 à domicile, possède une marge de sécurité, d’autant que l’équipe andalouse sera privée de son Brésilien Denilson, suspendu, et de son attaquant Alfonso Perez, blessé. «Ce match est quasiment perdu d’avance mais c’est ce qui peut jouer en notre faveur», a commenté le défenseur Tomas Olias. «Si nous parvenons à marquer rapidement, les choses seront plus ouvertes». Parme, actuel troisième de la Série A après son succès 2-0 à Gênes, aura l’avantage d’accueillir les Glasgow Rangers. Les Parmesans se sont assuré un nul (1-1) avantageux en Ecosse et profiteront de l’absence du Français Stéphane Guivarc’h, non inscrit auprès de l’UEFA pour cette compétition. L’AS Roma, finaliste de l’épreuve la saison passée, paraît la moins bien lotie des trois équipes de la Péninsule avec un avantage minimum (1-0) avant de se rendre au FC Zurich. Les Romains compteront sur leur solide défense pour préserver cette avance mais également sur leur imagination offensive qui a fait merveille le week-end dernier face à Pérouse (5-1). Le Celta Vigo, révélation de la Liga espagnole, se rend à Liverpool avec un avantage substantiel (3-1) d’autant que les Reds devront se passer de Paul Ince, Steve McManaman, Jamie Redknapp et Vegard Heggem, tous suspendus. «En Coupe d’Europe, deux minutes d’inattention suffisent pour tout perdre», a commenté le prudent entraîneur du Celta, Victor Fernandez. Le Celta possède une expérience heureuse en Angleterre: au tour précédent, il avait sorti Aston Villa. L’Espagne est certaine d’avoir au moins un club en quart de finale puisque l’Atletico Madrid et le Real Sociedad se défieront dans la capitale. Le Real l’avait emporté 2-1 à l’aller. Bruges tentera de mettre fin à la belle aventure européenne de Lyon qui avait arraché une courte victoire (1-0) à Gerland au match aller. Mais les champions de Belgique devront se passer en défense des services du Ghanéen Eric Addo, blessé, ainsi que d’Eric Deflandre et Milan Lesnjak, tous deux suspendus. Marseille-Monaco : drôle de drame au Vélodrome L’Olympique de Marseille et l’AS Monaco seront les acteurs d’un drôle de drame en un seul acte, mardi au stade Vélodrome, où les deux clubs «français» joueront à quitte ou double l’accession aux quarts de finale. En ballottage favorable après le résultat nul du match aller (2-2), l’OM enregistre depuis quinze jours une baisse de régime tangible sanctionnée par l’abandon du fauteuil de leader au profit de Bordeaux. Inversement, Monaco, longtemps soumis au régime de la douche écossaise, a recouvré un semblant de sérénité avec les retours conjugués d’éléments stabilisateurs (Djétou, Legwinski). Éliminé au coup d’envoi, Monaco est contraint de se découvrir pour forcer son destin. L’efficacité ressuscitée de David Trezeguet est censée servir ce dessein. Privé de Fabrizio Ravanelli, blessé à un orteil et de Florian Maurice suspendu, l’OM cherchera davantage à profiter des espaces. La défection de ses artificiers a forcé Rolland Courbis à repenser son animation offensive. L’entraîneur phocéen sacrifiera son attaque tricéphale pour un 4-4-2 plus conventionnel. Dans cette configuration, il placera Christophe Dugarry dans l’axe, comme pivot d’attaque et confiera à Camara un rôle d’électron libre. Il reviendra à Robert Pires d’alimenter ses deux pointes. En début de saison, l’OM s’était fixé pour objectif minimaliste d’atteindre les 8e de finale de la C3. Mais les olympiens se sont piqués au jeu de l’Europe et ils ne sont pas pressés de quitter la scène. «Il est toujours frustrant d’être recalé en décembre et de regarder ensuite en spectateurs les autres poursuivre leur chemin au printemps», résume Robert Pires. Demi-finaliste de la Ligue des champions en avril 98, Monaco tient un raisonnement analogue. Animé par un nouvel état d’esprit, le groupe monégasque a fait montre à Strasbourg (1-1), puis contre Nancy (3-0) d’un regain de rigueur et d’enthousiasme. Il en a résulté une remise en ordre partielle de son jeu. Collectivement, Monaco commence à retrouver une vraie ligne de conduite. Mais cet équilibre est encore fragile, «on n’est pas complètement sorti de la dépression», atteste Jean Tigana. Le second acte de cette première confrontation nationale à l’échelle continentale servira de révélateur à son équipe. «On ne joue pas notre saison sur ce match. Une qualification ne représenterait pas un exploit. Je réserverais ce terme à la conquête de la C3», précise Tigana. Joueur dans l’âme, Courbis se prépare à une excitante partie de poker-menteur sur le tapis vert du Vélodrome. Ni lui, ni Tigana n’ont oublié les décisions contestées du Belge M. Ancion à Louis-2. «Ce sera serré, mais si on bénéficie du même arbitrage qu’eux à l’aller, alors on a 100 % de chances de passer», conclut, Courbis, qui portait les couleurs monégasques lors du dernier succès du club princier au Vélodrome, à l’automne 1979 (3-0). Laurent Blanc : «Un match difficile» Laurent Blanc, le capitaine de l’Olympique de Marseille qui reçoit mardi au Vélodrome l’AS Monaco en match retour des 8e de finale de la Coupe de l’UEFA, s’attend à un match difficile, malgré un résultat favorable à l’aller (2-2) au stade Louis II. Q : Pensez-vous avoir fait le plus dur au match aller à Monaco pour obtenir votre qualification ? R : «Le match sera forcément difficile entre deux excellentes équipes qui partagent le même but. Il n’y aura pas de belle. Ce sera un match où la sanction sera immédiate. C’est sûr Monaco devra se livrer, mais nous aussi. Les Monégasques viennent à Marseille avec l’intention de se qualifier. Malgré un contexte sulfureux, je pense que nous allons produire un match de très haut niveau sans cesser d’être corrects. En ce qui concerne la qualification, la référence en Coupe d’Europe, c’est de passer Noël. Lorsqu’on est présent au printemps, on a le sentiment du devoir accompli». Q : Craignez-vous que le passage à vide actuel de l’OM pèse sur le match ? R : «C’est vrai, Marseille ne gagne plus en ce moment, mais on est tous conscients de nos qualités. Ceci étant, le championnat, c’est le championnat. En tout cas, en Coupe d’Europe, on reste sur un match nul à l’extérieur. Encore une fois, cette rencontre sera difficile pour les deux équipes. Il est certain que nous ferons tout pour passer ce tour, sans arrière-pensées». Q : Vous ne serez pas gêné par la nature de vos rapports avec le gardien monégasque ? R : «Fabien Barthez est un ami, on a vécu ensemble une aventure formidable. J’espère que cela continuera ainsi encore longtemps. Malheureusement, nous ne jouons pas dans la même équipe. Qui plus est, on appartient à deux formations adverses en ce moment. Pour autant, il est vrai que nous avons beaucoup d’affinités». Bordeaux-Grasshoppers Zurich : les Girondins inquiets Malgré ce match nul 3 à 3 décroché au match aller sur la pelouse gelée du Letzigrund de Zurich, les Girondins sont loin d’être rassurés, à la veille de retrouver les Grasshoppers, pour ce huitième de finale retour, mardi, au Parc Lescure. «Personne ne me fait peur, assénait Michel Pavon, le capitaine girondin, le regard noir, dimanche, au Haillan, après l’entraînement. Si ce n’est Bordeaux...». Visiblement les trois buts encaissés en l’espace d’une demi-heure au match aller ne sont pas encore passés aux oubliettes du côté de l’ancien Toulousain. Quasi imperméable en début de saison, la défense bordelaise est désormais friable. Deux buts encaissés à Lyon lors de la dernière journée de Championnat, en l’absence de leur stoppeur Nisa Saveljic, mais aussi trois à Zurich au match aller, trois à Strasbourg lors de la 11e journée et deux à Bastia pour leur première défaite de la saison, à chaque fois en l’absence de David Jemmali : dès qu’il y a un abonné absent au sein de leur bloc défensif, les Girondins perdent de leur belle assurance. Problème : c’est bien la moitié de la défense girondine qui pourrait voir le match depuis les tribunes mardi. David Jemmali, toujours souffrant aux adducteurs, pourrait être contraint de déserter son poste de latéral droit. Quant à Hervé Alicarte, l’ancien Montpelliérain, libero quasi indéracinable depuis le début de la saison, il est touché au mollet droit. Alors, certes, l’attaque des «Sauterelles» zurichoise pourrait être amputée de son atout numéro 1, Kubilay Turkyilmaz. L’attaquant d’origine turque n’était pas dans l’avion lundi matin au départ de Zurich. Victime apparemment d’une déchirure musculaire. Mais du côté des Girondins, on se méfie d’une opération «intox» menée par les Grasshoppers. «Même sur une jambe, il essaiera de jouer», assure Elie Baup, l’entraîneur bordelais. Une certitude: les Girondins ne joueront pas le 0-0. «Il nous faudra jouer comme si nous devions impérativement marquer, plaide François Grenet, le milieu de terrain bordelais. Certes, un match nul nous qualifierait. Mais ce n’est pas notre tempérament, ce serait jouer contre nature. Nous ne savons pas tenir un score». Ali Benarbia étant toujours suspendu, suite à son expulsion à la... 90e minute lors du 16e de finale retour face aux Néerlandais du Vitesse Arnhem, Johan Micoud sera donc seul à la barre des Girondins mardi soir, derrière Wiltord et Laslandes. Mais l’attaque bordelaise a prouvé son tempérament «tous terrains» cette saison. Ainsi, en 22 matches de championnat et de Coupe de l’UEFA, les hommes d’Elie Baup ont marqué pas moins de 42 buts, ne restant muets qu’en deux occasions seulement. La défense des «Sauterelles» devrait avoir du travail mardi. UEFA : Rejet de l’appel de Tony Vairelles La commission de discipline de l’UEFA a rejeté lundi l’appel de l’attaquant lensois Tony Vairelles, condamné à un match de suspension en Ligue des champions, a annoncé le club nordiste. L’UEFA a jugé «irrecevable» l’appel interjeté par le club français, représenté lundi à Genève par son président Gervais Martel. Conséquence immédiate, Vairelles ne pourra pas participer au match décisif pour la qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions que les Lensois disputeront sur leur pelouse face aux Ukrainiens du Dynamo Kiev mercredi. Lors de sa réunion, la commission de discipline de l’UEFA a pris connaissance d’un troisième rapport de l’arbitre suédois Monsieur Frisk qui reconnaissait s’être laissé abuser par le défenseur d’Arsenal Lee Dixon. Cela n’a pas modifié la décision prise en première instance qui condamnait Vairelles et Dixon à un match de suspension chacun. Vairelles avait été expulsé dans les arrêts de jeu du match Arsenal-Lens comptant pour la cinquième journée de la Ligue des champions. M. Frisk avait estimé que le joueur lensois était l’auteur d’une agression contre Dixon. Les images vidéo avaient ensuite démontré que Dixon avait simulé l’agression.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Angleterre, la Suisse et la Belgique vont tenter de se liguer, mardi, pour éviter que les quarts de finale de la Coupe de l’UEFA se transforment en une compétition à l’usage exclusif des pays latins. La France, l’Italie et l’Espagne pourraient être les seules nations présentes dans cette compétition au printemps prochain tant les équipes de ces trois pays sont en position favorable à la veille des huitièmes de finale retour. Dans ce concert restreint, les formations italiennes font une nouvelle fois figure de favorites. Bologne, qui a écrasé le Real Betis 4-1 à domicile, possède une marge de sécurité, d’autant que l’équipe andalouse sera privée de son Brésilien Denilson, suspendu, et de son attaquant Alfonso Perez, blessé. «Ce match est quasiment perdu d’avance mais c’est ce qui peut jouer en...