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Actualités - Chronologie

Contre l'Alzheimer : hormones et anti-inflammatoires (photos)

Jusqu’à présent, la terrible maladie de la sénescence, celle d’Alzheimer, était considérée comme une fatalité. Aucun moyen disponible n’était en mesure de la prévenir et nul remède ne pouvait arrêter son évolution. Mais voilà qu’avant la fin de ce siècle, qui l’a fait connaître, plusieurs études apportent, quasi simultanément, de nouvelles notions concernant sa prévention. Il est, certes, trop tôt pour crier victoire, mais apprendre que le traitement hormonal de la ménopause, celui de l’hypertension artérielle (par inhibiteur calciques) ainsi que la prise d’anti-inflammatoires réduisent de cinquante pour cent le risque de sa survenue, constitue un formidable message d’espoir. Une autre nouvelle de taille: d’après une étude poursuivie aux Pays-Bas, les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires (tabac, diabète, athérosclérose) favoriseraient la maladie d’Alzheimer. En les combattant, on réduit son incidence. Ces nouvelles conceptions permettent de projeter des moyens de prévention, donc des boucliers, contre un fléau considéré jusqu’à présent comme une séquelle inévitable de la prolongation de l’existence humaine. Les statistiques des pays évolués révèlent que 5% des individus de plus de 65 ans en sont atteints et 20% des plus de 85 ans. On se rend compte, donc, facilement de l’urgence que représente une prévention efficace. Autant sur le plan individuel que sur celui de la société. La maladie d’Alzheimer est caractérisée par la perte progressive des fonctions intellectuelles: mémoire, troubles du raisonnement, graves perturbations du comportement. Les troubles sont le résultat de lésions survenant dans les circuits de neurones spécifiques ainsi qu’à une des cellules nerveuses au sein de laquelle se développent des filaments anormaux. Des dépôts d’amyloïdes forment des plaques anormales dues à l’agrégation de la protéine bêta-amyloïde, entre les cellules. Toutes ces graves bouleversements pathologiques se traduisent par la détérioration inéluctable des facultés mentales. Or, la prolongation de la durée de l’existence, due aux grands progrès scientifiques accomplis au cours de ce siècle, fait planer la menace d’une récrudescence des cas de cette maladie dont on n’est pas encore en mesure de stopper la marche. Car les traitements, autant préventifs que curatifs, ne sont que des palliatifs, aucun remède à l’heure actuelle ne peut s’opposer efficacement contre cette démence sénile. Mais voilà qu’une percée nouvelle vient d’être faite dans le domaine de la prévention. De nombreuses études internationales signalent que le risque de cette maladie diminue sensiblement sous l’effet positif du traitement hormonal de la ménopause. Déjà, en 1986, un premier travail scientifique mettait en évidence l’effet bénéfique des œstrogènes chez des personnes déjà atteintes par la maladie. Par la suite on ajoutait, en le démontrant, que les œstrogènes exercaient une action bénéfique sur la mémoire. En 1994, des travaux de recherche épidémiologiques et des observations confirmaient une réduction de 50% du risque de la maladie d’Alzheimer chez les femmes traitées par hormonothérapie post-ménopause. L’efficacité des œstrogènes C’est une étude américaine, gérée par l’Institut national de la santé (National Institute of Health NIH) actuellement en cours, portant sur 60 000 femmes, qui devrait mesurer avec précision l’efficacité préventive des œstrogènes. L’utilisation des médicaments anti-inflammatoires prévient-elle la maladie d’Alzheimer? La question se pose, car des phénomènes d’inflammation de nerfs (neuro-inflammation) ont été observés dans la région cervicale chez des malades atteints sans que l’origine du phénomène soit connue. Par ailleurs, des observations épidémiologiques ont démontré que les personnes âgées prenant régulièrement des anti-inflammatoires non stéroïdiens accusaient un risque réduit de développer la maladie d’Alzheimer. Une série (plus de 12) d’observations révèle le fait que les personnes traitées régulièrement avec des anti-inflammatoires avaient un risque réduit (40 à 50%) de souffrir de cette démence dégénérative. Dernière observation: les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, traités comme c’est généralement le cas par des doses importantes d’anti-inflammatoires, auraient cinquante pour cent moins de risques de développer un jour cette maladie. Les spécialistes, donc, estiment qu’on possède aujourd’hui assez de données sur ce sujet pour engager de larges essais prospectifs nécessaires. Hypertension artérielle et Alzheimer Une étude européenne, dont les résultats ont été publiés en octobre passé dans la très sérieuse revue scientifique britannique Lancet (no du 24 octobre 1998) demontrait que le traitement de l’hypertension artérielle systolique réduisait sensiblement (50%) le risque d’Alzheimer. L’étude portait sur 2418 patients, âgés de plus de 60 ans, souffrant d’une hypertension systolique dont le maximum se situait entre 16 et 21. Au terme de deux ans de traitement antitenseur calcique, 15 cas d’Alzheimer ont été enregistrés dans le groupe recevant un placebo (à la place du traitement antihypertenseur) et 8 cas dans le groupe traité normalement par des inhibiteurs calciques. Ce fait confirme l’efficacité préventive des inhibiteurs calciques. Il reste toutefois à savoir si d’autres antitenseurs produisent le même effet. Ce qui sans doute va être bientôt exploré, mais pour l’instant les acquis s’arrêtent là. À Rotterdam (Hollande) se poursuit une enquête, dont le début remonte à 1990, portant sur 6 000 personnes âgées toutes de plus de 55 ans. Le but de ce vaste programme scientifique serait l’identification des facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. Selon les premiers résultats, le diabète multiplie par trois le risque d’Alzheimer, le tabac par 2; la fibrillation des oreilles aussi par 2; l’athérosclérose par 3,5 l’éventualité de sa survenue. Dans une étape prochaine, les investigations et les études vont être axées sur la prévention de cette maladie, à partir des orientations déjà obtenues jusqu’à présent.
Jusqu’à présent, la terrible maladie de la sénescence, celle d’Alzheimer, était considérée comme une fatalité. Aucun moyen disponible n’était en mesure de la prévenir et nul remède ne pouvait arrêter son évolution. Mais voilà qu’avant la fin de ce siècle, qui l’a fait connaître, plusieurs études apportent, quasi simultanément, de nouvelles notions concernant sa prévention. Il est, certes, trop tôt pour crier victoire, mais apprendre que le traitement hormonal de la ménopause, celui de l’hypertension artérielle (par inhibiteur calciques) ainsi que la prise d’anti-inflammatoires réduisent de cinquante pour cent le risque de sa survenue, constitue un formidable message d’espoir. Une autre nouvelle de taille: d’après une étude poursuivie aux Pays-Bas, les facteurs de risque des maladies...