Les monarchies du Golfe s’inquiètent de la nouvelle politique américaine visant à renverser le président irakien Saddam Hussein. «Les dirigeants du CCG vont faire part au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan de leur inquiétude devant les tentatives américaines visant à renverser le régime de Saddam Hussein», a déclaré un diplomate occidental. Selon ce diplomate qui a voulu conserver l’anonymat, «les pays du Golfe ne veulent pas de précédent dans la région, même si ces tentatives sont dirigées contre un régime avec lequel ils ne veulent pas traiter». Pour un diplomate arabe, les dirigeants du Golfe «se sentent entre le marteau et l’enclume». «En privé, certains d’entre eux peuvent souhaiter le renversement de Saddam, mais publiquement, ils s’opposent à toute ingérence étrangère dans leurs propres affaires», a-t-il dit. Le secrétaire d’État Madeleine Albright a reconnu que les États-Unis avaient infléchi leur politique envers l’Irak et cherchaient désormais à renverser le régime en place depuis vingt ans à Bagdad. L’Irak a évité de justesse à la mi-novembre une frappe militaire américano-britannique, lorsque Saddam Hussein a accepté au dernier moment de reprendre sans condition sa coopération avec les inspecteurs de la commission de l’Onu chargée du désarmement de l’Irak (Unscom). Mais M. Annan, qui a prévenu fin novembre que le président irakien devait s’attendre à une frappe militaire très rapide en cas de nouvelle crise avec la communauté internationale, réitérera le même avertissement devant les dirigeants des six monarchies du Golfe, selon des diplomates à Abou Dhabi. «Kofi Annan dira aux dirigeants du Golfe que les Américains sont décidés à mener une action (militaire) contre l’Irak au cas où Bagdad cesserait de remplir ses exigences envers l’Onu», a déclaré un diplomate occidental. Un diplomate arabe a pour sa part estimé que les pays du CCG étaient «conscients du fait que M. Annan n’a pas de baguette magique, et ne peut en aucun cas empêcher une action (militaire) américaine contre l’Irak ni garantir une sortie diplomatique» en cas de nouvelle crise avec l’Onu. Cité dimanche par le journal émirati al-Ittihad, le secrétaire général du CCG, le Séoudien Jamil al-Houjailan, a pressé une nouvelle fois Bagdad «d’appliquer totalement la résolution 687 de l’Onu (...) pour obtenir la levée des sanctions et l’allègement des souffrances du peuple irakien». M. Houjailan a demandé à l’Irak d’entreprendre «les démarches pratiques pour assurer la levée de l’embargo et de faire preuve de bonne foi à l’égard du Koweit», que les troupes irakiennes avaient occupé pendant neuf mois, d’août 1990 à février 1991. En vertu de la résolution 687, l’Unscom devra certifier que l’Irak a désarmé avant toute levée de l’embargo pétrolier. M. Annan, invité par le CCG «par reconnaissance» pour ses efforts ayant permis un règlement diplomatique de la dernière crise entre l’Irak et l’Onu, selon une source diplomatique à Abou Dhabi, sera l’hôte d’honneur du sommet, auquel doivent également assister le président sud-africain Nelson Mandela, le secrétaire général de la Ligue arabe Esmat Abdel Méguid et le secrétaire général de l’Organisation de la Conférence islamique Ezzeddine Laraki.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les monarchies du Golfe s’inquiètent de la nouvelle politique américaine visant à renverser le président irakien Saddam Hussein. «Les dirigeants du CCG vont faire part au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan de leur inquiétude devant les tentatives américaines visant à renverser le régime de Saddam Hussein», a déclaré un diplomate occidental. Selon ce diplomate qui a voulu conserver l’anonymat, «les pays du Golfe ne veulent pas de précédent dans la région, même si ces tentatives sont dirigées contre un régime avec lequel ils ne veulent pas traiter». Pour un diplomate arabe, les dirigeants du Golfe «se sentent entre le marteau et l’enclume». «En privé, certains d’entre eux peuvent souhaiter le renversement de Saddam, mais publiquement, ils s’opposent à toute ingérence étrangère dans leurs...