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Actualités - Chronologie

Paris et Londres jettent les bases de l'Europe de la défense (photo)

La France et la Grande-Bretagne ont franchi vendredi une étape majeure dans la construction européenne en affirmant ensemble pour la première fois la nécessité pour l’Europe de se doter d’une capacité militaire. Cette volonté a été exprimée dans une déclaration publiée à l’issue de leur sommet de deux jours à Saint-Malo. Leurs travaux avaient été précédés d’une réunion à Paris des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays. «L’Union (européenne) doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales», selon le texte. Venant des «deux principales puissances diplomatiques et militaires de l’Europe», selon la formule du président français Jacques Chirac, cette déclaration prend toute sa force dans la suite du traité de Maastricht qui prévoyait, sous le titre V, «la définition à terme d’une politique de défense commune» pouvant conduire, «le moment venu, à une défense commune». L’Union européenne, proclame le document que le Premier ministre britannique Tony Blair a qualifié «d’accord historique», «doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales». Après avoir longuement débattu sur la question de savoir s’il fallait dissoudre l’Union de l’Europe occidentale (UEO), jusqu’à présent seule organisation européenne compétente en matière de défense, ou l’intégrer à l’UE, Français et Britanniques ont opté pour un compromis qui consisterait à mettre à la disposition de l’UE les moyens actuels de l’UEO en matière de renseignement, d’évaluation des situations et de planification stratégique. Signe du retournement effectué par la Grande-Bretagne sur cette question qu’elle avait toujours abordée avec le souci de maintenir la suprématie de l’Alliance atlantique, la déclaration envisage, a souligné Jacques Chirac, le recours à des «moyens militaires européens» aussi bien «dans l’Otan» que «hors de l’Otan». Joignant le geste à la parole, les ministres de la Défense Alain Richard (France) et George Robertson (Grande-Bretagne) ont signé parallèlement une «lettre d’intention» définissant les conditions de la coopération entre leurs deux pays dans la gestion des crises. Le document, signé à bord du destroyer britannique HMS, formalise une coopération déjà mise à l’épreuve en Bosnie, en Afrique de l’Ouest ou au Kosovo et qui reposera sur la mise en place de liaisons permanentes entre les états-majors militaires des deux pays. «Aujourd’hui, avec l’emploi, a commenté Jacques Chirac, le prochain grand défi, au moment de la mise en œuvre du traité d’Amsterdam, c’est l’affirmation de l’Union européenne sur la scène internationale, avec une véritable politique étrangère et une défense que les Européens soient capables de mettre en œuvre eux-mêmes». À huit jours du sommet européen de Vienne les 11-12 décembre, le sommet de Saint-Malo, qui a dénoté une véritable complicité entre Jacques Chirac, Tony Blair et Lionel Jospin, a été aussi l’occasion d’une concertation sur l’ensemble des points à l’ordre du jour : élargissement de l’Union, Agenda 2000 avec ses répercussions sur la Politique agricole commune (PAC), emploi et croissance, réforme des institutions. Sur tous ces sujets, les deux délégations, qui ont travaillé pratiquement sans interprète, chacun s’exprimant dans sa langue, ont fait état, quand il n’y avait pas d’«accord» à proprement parler, d’un «rapprochement des points de vue», ou, au pire, d’une volonté commune de parvenir à un «compromis». Le sommet s’est déroulé «dans un esprit que j’ai rarement connu aussi chaleureux et positif», a lancé Jacques Chirac.
La France et la Grande-Bretagne ont franchi vendredi une étape majeure dans la construction européenne en affirmant ensemble pour la première fois la nécessité pour l’Europe de se doter d’une capacité militaire. Cette volonté a été exprimée dans une déclaration publiée à l’issue de leur sommet de deux jours à Saint-Malo. Leurs travaux avaient été précédés d’une réunion à Paris des ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays. «L’Union (européenne) doit avoir une capacité autonome d’action, appuyée sur des forces militaires crédibles, avec les moyens de les utiliser et en étant prête à le faire afin de répondre aux crises internationales», selon le texte. Venant des «deux principales puissances diplomatiques et militaires de l’Europe», selon la formule du président...