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Actualités - Opinion

Courrier Nous réclamons du cinéma ..

Archéologue, professeur d’université et féru du septième art, Fady Stéphan nous envoie une réflexion sur le vidéo-film, ses techniques, ses conditions de projection pour la bonne appréciation d’une œuvre cinématographique Extraits: Nombreux à assister au «Goût de la Cerise» d’Abbas Kiorastami, nous étions enthousiasmés et pourtant déçus, non point du «film» (terme que je mets entre guillemets), que nous avons entraperçus comme immense, mais de cette manière d’empêcher de voir et de méditer un chef-d’œuvre, devenue usuelle, que représente le filtre d’un «vidéo film». Tamis, crible, ce n’est plus là qu’une forme de censure, perverse, technologique, ne laissant de la «Cerise» de Kiorastami qu’une queue, une ombre chinoise; comme aux chiens sont jetés en pâture les restes de la table des maîtres (...). Des films aussi extraordinaires présentés en «vidéo» perdent leur qualité d’objets à discuter ou à méditer. Pourrons-nous faire l’effort encore d’interpréter ce que nos yeux, suppliciés durant deux heures, cherchent à deviner parmi un monde d’ombres? L’irrespect va d’abord à l’humble organe humain censé d’abord voir pour véhiculer le message vers l’esprit. Le cinéma des frères Lumière était synonyme de clarté. Un film d’auteur devient, à partir de Méliès, une séquence d’images produisant dans le mental des images-idées analogiques, un sens de plus en plus clair, à éclaircir ensemble (ce fut la naissance des ciné-clubs). Si l’exposé est sans faille technique, des cinéphiles peuvent en discuter, le commenter, réagir enfin à ce que, de très loin, le cinéaste a voulu leur signifier. Un vidéo-film n’étant point, comme phénomène d’approche du réel, du cinéma, imaginons-le comme un code «morse», traduit en «braille», présenté à des sourds (...) une soumission passive prochaine de l’état d’hypnose où nous plonge le matraquage-télé (...) Nous avons pu entrevoir malgré tout que l’œuvre de Kiorastami est une des plus puissantes qui soient : long hurlement douloureux de quelqu’un qui a décidé de s’exprimer en cinéma pour ne pas se suicider, pareil aux Iraniens qu’il décompte, ses semblables, muets : 1, 2, 3... Film-cri sur un peuple de morts-vivants appelant au secours le long d’une route-calvaire. Ce fil(m) métaphorique en suspens au-dessus du vide, il fallait l’aider à se manifester, par simple charité et compassion ; que la «filmophanie» devienne «phénomène de mode... pas vraiment un chef-d’œuvre... je pense qu’il s’agit d’un anti-chef-d’œuvre comme on parlerait «d’antiroman» mais surtout d’un film- mmense ; pas d’un «rahat-loukoum» fondant mollement dans une bouche rassasiée de gâteries (...) Kiorastami sait très bien parler de tous : Kurdes ou Afghans dans l’actuel Colisée. C’est ce don que nous saluons en lui aussi malgré cette vidéo qui ne renvoyait que les ombres d’images permises au seul monde des vivants, l’Occident ! Faudrait-il donc que les cinéphiles se cotisant, dans cet État réduit à se constituer en entités privées (Poste, villes dans la ville...) afin d’avoir leur États-Cinéma de clarté et de droit  ?(...) Tout grand film est une synthèse partant comme un cri d’un grand cœur déchiré. A nous de nous arranger pour mieux l’accueillir  !
Archéologue, professeur d’université et féru du septième art, Fady Stéphan nous envoie une réflexion sur le vidéo-film, ses techniques, ses conditions de projection pour la bonne appréciation d’une œuvre cinématographique Extraits: Nombreux à assister au «Goût de la Cerise» d’Abbas Kiorastami, nous étions enthousiasmés et pourtant déçus, non point du «film» (terme que je mets entre guillemets), que nous avons entraperçus comme immense, mais de cette manière d’empêcher de voir et de méditer un chef-d’œuvre, devenue usuelle, que représente le filtre d’un «vidéo film». Tamis, crible, ce n’est plus là qu’une forme de censure, perverse, technologique, ne laissant de la «Cerise» de Kiorastami qu’une queue, une ombre chinoise; comme aux chiens sont jetés en pâture les restes de la table des...