Société - L'écrivain a droit à sa statue Oscar Wilde réhabilité (photo)
le 02 décembre 1998 à 00h00
Condamné aux travaux forcés pour «conduite indécente» après la révélation de son homosexualité, mort en exil dans la pauvreté et la solitude, l’écrivain anglais Oscar Wilde a été tardivement réhabilité à Londres où une statue à sa mémoire a été dévoilée. Quatre-vingt-dix-huit ans après sa mort, le dramaturge britannique le plus joué dans le monde après Shakespeare a enfin eu droit à une statue en bronze dans le centre de la capitale britannique, dévoilée par Stephen Fry, interprète de Wilde à l’écran, en présence de quelques figures de l’establishment, dont le ministre de la Culture Chris Smith, l’un des trois homosexuels «déclarés» du gouvernement. Sur la statue, représentant l’écrivain une cigarette aux lèvres, l’une de ses citations les plus célèbres: «Nous sommes tous dans le caniveau. Mais quelques-uns d’entre nous regardent les étoiles» («We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars»). À 40 ans, Oscar Wilde fut condamné à deux ans de travaux forcés pour «conduite indécente et sodomie» après la dénonciation du marquis de Queensberry, père de son jeune amant, Lord Alfred Douglas. L’auteur le plus fêté du pays pour ses caricatures féroces de la bonne société victorienne et de la nature humaine ne se remit jamais de cette condamnation. Une fois sa peine effectuée, il partit en exil en France où il finit ses jours deux ans plus tard, en 1900, seul et misérable. Il aura fallu l’obstination de Sir Jeremy Isaacs, ancien producteur de la BBC et ex-président du Royal Opera House, pour parvenir à réhabiliter l’auteur du «Portrait de Dorian Gray» et de «L’importance d’être Constant». Sir Jeremy a dû lancer un appel de fonds auprès du public pour réunir, non sans difficultés, le financement de la statue. «C’est grâce à Oscar Wilde que nous pouvons aujourd’hui vivre dans une société qui accepte la diversité», a lancé le ministre de la Culture. Mais le jour même de l’inauguration du bronze, la presse populaire qui avait forcé le ministre de l’Agriculture Nick Brown à se «déclarer gay» continuait à férocement pourchasser un ministre de Tony Blair, Peter Mandelson. Elle a repris les accusations d’un magazine satirique selon lesquelles M. Mandelson, l’un des plus proches conseillers de Tony Blair, s’est rendu dans des bars gays lors d’une visite au Brésil. En juillet dernier, la Chambre des Lords s’était opposée avec énergie à la dépénalisation des relations homosexuelles à partir de 16 ans, un projet du gouvernement Blair qui devrait à nouveau être soumis aux parlementaires lors de la prochaine session. Il s’agissait d’abolir la loi même qui avait jeté Oscar Wilde en prison.
Condamné aux travaux forcés pour «conduite indécente» après la révélation de son homosexualité, mort en exil dans la pauvreté et la solitude, l’écrivain anglais Oscar Wilde a été tardivement réhabilité à Londres où une statue à sa mémoire a été dévoilée. Quatre-vingt-dix-huit ans après sa mort, le dramaturge britannique le plus joué dans le monde après Shakespeare a enfin eu droit à une statue en bronze dans le centre de la capitale britannique, dévoilée par Stephen Fry, interprète de Wilde à l’écran, en présence de quelques figures de l’establishment, dont le ministre de la Culture Chris Smith, l’un des trois homosexuels «déclarés» du gouvernement. Sur la statue, représentant l’écrivain une cigarette aux lèvres, l’une de ses citations les plus célèbres: «Nous sommes tous dans le...
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