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Actualités - Chronologie

Chronobiologie et chronopharmacologie A quelle heure mes pilules ? (photo)

L’organisme de l’homme possède une horloge interne qui joue un rôle très important quant à l’efficacité d’un traitement. Les diverses substances médicamenteuses ont plus (ou moins) d’effets selon l’heure de leur prise. Les médecins savent depuis très longtemps les rythmes circadiens et annuels (selon que les phases sont rythmées par des périodes de 24 heures ou de 365 jours). Pour certains médicaments, les données sont si bien établies que le médecin précise sur l’ordonnance à quel moment de la journée il convient de les prendre. On sait ainsi que les anesthésiques agissent jusqu’à cinq fois plus efficacement (plus longtemps) selon un horaire précis. Quant aux corticoïdes, c’est le matin qu’ils donnent les meilleurs résultats. L’explication de ce phénomène chronopharmacologique réside dans le fait que les sécrétions hormonales internes dictent des lois qui régulent la marche d’une savante et très complexe organisation de la vie humaine. Un médicament ou un remède quelconque ne peut échapper à l’ordre établi. Une fois introduit dans le système, il suivra ses lois... La science qui étudie ce phénomène est la chronobiologie dont la chronopharmacologie constitue une branche de plus en plus importante. En mars 1996, dans une communication faite à l’Académie de médecine, à Paris, le Dr Alain Reinberg, directeur d’une unité de chronobiologie, en France, a exposé les résultats d’une recherche poursuivie par son équipe. D’après ces travaux, non seulement les taux sanguins d’un médicament donné sont plus ou moins élevés, pour une même dose, selon l’heure de son administration, mais des variations surgissent, parfois très importantes, dans ses effets biologiques. Cette communication étayée de statistiques et des annotations scientifiques sérieuses a ouvert de nouvelles voies à explorer. Au point où des dissensions très animées ont surgi quant à la nouvelle terminologie à établir dans ces recherches («chronesthésie», «chronopharmacodynamie» etc.). L’étude des variations des effets de l’alcool, avec l’heure de prise d’une dose donnée, apporta un premier exemple de l’existence de cette chrono-sensibilité (chronesthésie). Les effets toxiques C’est pour la prise de sept heures que les effets toxiques les plus importants ont été observés (chute de la température centrale) durant les expérimentations. La consommation de 23 heures entraîna des effets psychologiques (auto-estimation accrue, calcul mental rapide mais légèrement perturbé, volubilité). Or les taux sanguins ne variaient pas suffisamment pour justifier les importantes différences d’effets d’une heure à l’autre. Des résultats identiques ont été observés pour nombre d’autres produits avec des constantes semblables. La conclusion donc a été que certains organes, ou tissus, sont directement accessibles et d’autres pas par certains médicaments. Il a été ainsi possible de constater que la durée de l’action anesthésique de certains produits employés pour des analgésies locales est de trois à cinq fois supérieure à partir de 15 heures, par rapport à des applications effectuées à 7 heures ou à 19 heures... Ces résultats font à l’heure actuelle l’objet d’études concernant leur application dans la pratique médicale courante. Pour les dentistes, ces notions pourraient induire des réformes radicales dans la pratique quotidienne. Ne vaudra-t-il pas mieux pour eux et pour leurs patients modifier les horaires habituels? La tranche horaire des extractions répondrait à la période forte de l’action antalgique et il en serait de même pour les autres soins également! Les effets sur les bronches Sur les bronches, les effets des produits qui resserrent les bronches (histamine par exemple) sont deux à trois fois plus intenses la nuit. Ce qui expliquerait pourquoi certains aérosols donnent d’importants résultats la nuit, mais s’avèrent très peu efficaces durant le jour. On observe également, selon les chercheurs, des différences très grandes (40 et même 60 pour cent) dans les effets des anticoagulants sur les facteurs de coagulation. Les recherches qui se poursuivent intéressent au plus haut point les fabricants des «médicaments retard» à libération prolongée. Mais il est encore trop tôt pour parler de produits miraculeux capables de suivre la marche de la montre biologique du patient. Mais rien n’empêche qu’on y arrivera un jour. Déjà, on est en chemin.
L’organisme de l’homme possède une horloge interne qui joue un rôle très important quant à l’efficacité d’un traitement. Les diverses substances médicamenteuses ont plus (ou moins) d’effets selon l’heure de leur prise. Les médecins savent depuis très longtemps les rythmes circadiens et annuels (selon que les phases sont rythmées par des périodes de 24 heures ou de 365 jours). Pour certains médicaments, les données sont si bien établies que le médecin précise sur l’ordonnance à quel moment de la journée il convient de les prendre. On sait ainsi que les anesthésiques agissent jusqu’à cinq fois plus efficacement (plus longtemps) selon un horaire précis. Quant aux corticoïdes, c’est le matin qu’ils donnent les meilleurs résultats. L’explication de ce phénomène chronopharmacologique réside dans...