Festival des Trois continents Ni exotisme, ni tiers-mondisme
le 27 novembre 1998 à 00h00
Le Festival des Trois Continents de Nantes (ouest de la France), qui révéla notamment en Occident le Taïwanais Hou Hsiao-hsien, l’Iranien Abbas Kiarostami ou le Malien Souleymane Cissé, fête cette semaine ses vingt ans de recherche-découverte d’un cinéma différent aux quatre coins du monde. Pour cette 20e édition, du 26 novembre au 1er décembre, Alain et Jalladeau reçoivent à Nantes ces cinéastes qui, pour beaucoup, après avoir présenté leur premier film dans cette ville, ont ensuite connu la gloire des «grands» festivals à Cannes, à Venise ou à Berlin. «Ni exotisme, ni tiers-mondisme». C’est avec cette devise que les frères Jalladeau, aujourd’hui proches de la soixantaine mais passionnés du 7e art depuis leur jeunesse, sillonnent chaque année l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Ces globe-trotters de la pellicule reviennent souvent avec de petites merveilles cinématographiques et presque toujours avec de quoi, sinon séduire, du moins intéresser le cinéphile curieux. Si le festival n’a pas perdu de son côté brouillon des débuts – on frôle parfois l’émeute ou le désintérêt quand par exemple un long métrage ouzbek fait l’objet d’une traduction directe durant la projection –, il en a aussi gardé la fraîcheur. Vingt mille spectateurs, essentiellement habitants de Nantes et professionnels, viennent assister aux projections dans les cinémas de la ville atlantique, où ont été montrés depuis vingt ans un millier de longs métrages. La quasi-totalité des cinémas du monde ont été visités par ce festival, de l’Inde du sud (1980) à l’Iran (1990), sans oublier le Brésil (1982) ou l’Asie centrale (1992). En soirée d’ouverture, le réalisateur kazakh Darejan Ormibaev a présenté «Tueurs à gages», prix de la sélection «Un certain regard» à Cannes. La semaine prochaine, le Brésilien Walter Salles viendra montrer en clôture «Central do Brasil» (Ours d’Or à Berlin). Entre-temps, les écrans accueillent 70 longs métrages, dont neuf en compétition officielle et une vingtaine qui ont obtenu la Montgolfière d’Or du festival depuis 1979. Samedi, un «hommage aux réalisateurs» des trois continents aura lieu à la Cité des congrès avec une trentaine de films choisis chacun par Youssef Chahine, Gaston Gaboré, Chen Kaige, Hou-Hsiao-Hsien et de nombreux autres avec tous les cinéastes qui ont été lancés à Nantes.
Le Festival des Trois Continents de Nantes (ouest de la France), qui révéla notamment en Occident le Taïwanais Hou Hsiao-hsien, l’Iranien Abbas Kiarostami ou le Malien Souleymane Cissé, fête cette semaine ses vingt ans de recherche-découverte d’un cinéma différent aux quatre coins du monde. Pour cette 20e édition, du 26 novembre au 1er décembre, Alain et Jalladeau reçoivent à Nantes ces cinéastes qui, pour beaucoup, après avoir présenté leur premier film dans cette ville, ont ensuite connu la gloire des «grands» festivals à Cannes, à Venise ou à Berlin. «Ni exotisme, ni tiers-mondisme». C’est avec cette devise que les frères Jalladeau, aujourd’hui proches de la soixantaine mais passionnés du 7e art depuis leur jeunesse, sillonnent chaque année l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Ces...
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