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Actualités - Chronologie

Les réformateurs défendent le rôle critique des médias (photo)

Le président réformateur iranien Mohammad Khatami a plaidé mercredi pour que les journaux iraniens, qui se trouvent au centre du combat entre réformateurs et conservateurs, aient un «droit de critique» et bénéficient de garanties légales. «Les journaux doivent pouvoir critiquer le régime et ceux qui détiennent le pouvoir sans aucune inquiétude», a souligné M. Khatami au cours d’une rencontre avec plusieurs centaines de responsables et de journalistes de la presse écrite iranienne, de différentes tendances politiques. «Si nous réprimons la pensée, elle entrera en clandestinité», a poursuivi le président réformateur iranien pendant cette rencontre — la première du genre — organisée dans les locaux ayant accueilli le 8e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) en décembre dernier. Soulignant le «lien direct entre la presse et la liberté», le chef de l’État a estimé que «critiquer le gouvernement ou les institutions d’État renforce le régime» car «sans droit de critique, le pouvoir risque de devenir corrompu». M. Khatami a affirmé que tout délit de presse devait être examiné devant un tribunal public et en présence d’un jury. Cet engagement répond à l’inquiétude de nombreux responsables de journaux et magazines réformistes, qui dénoncent l’arbitraire de nombreuses procédures judiciaires lancées contre eux par la justice, dominée par le clergé conservateur. Le président iranien a ajouté que la presse devait respecter la Constitution islamique iranienne, et demandé aux responsables de la presse écrite de tenir compte «des sensibilités d’une société où la majorité croit dans les valeurs islamiques». Avant le discours du chef de l’État, plusieurs responsables de journaux, proches du gouvernement ou conservateurs, ont évoqué les problèmes auxquels ils sont confrontés. Les journaux iraniens, qui s’expriment avec davantage de liberté depuis l’élection du président Khatami, reflètent de plus en plus la lutte entre les factions politiques qui se déchirent au sein du régime. Un représentant de la presse de la province a dénoncé «les entraves» imposées aux journaux locaux, affirmant que les journalistes «n’osent même pas critiquer un simple imam de la prière dans une petite ville». Des représentants des journaux de la gauche radicale, proches du gouvernement, ont implicitement accusé la droite islamique conservatrice d’exercer «des pressions sur leurs activités», au nom de la défense des valeurs du régime et de la lutte contre l’occidentalisation. Le coup le plus sévère contre la presse réformatrice a été porté par la justice iranienne à la mi-septembre, avec la fermeture du journal à grand tirage Tous, très populaire chez les jeunes et les intellectuels, et la mise en détention pendant plusieurs semaines de ses dirigeants. De son côté, le vice-ministre iranien de la Culture, M. Ahmad Bourghani, s’est félicité du «développement et de l’expansion croissante» des activités journalistiques tout en reconnaissant l’existence de problèmes de gestion liés à la crise économique dans le pays. L’éclosion des nouvelles publications se heurte en effet à des difficultés économiques, notamment en raison du coût croissant de la fabrication des journaux. Il existe actuellement plus d’un millier de titres autorisés en Iran. Sur ce chiffre, une soixantaine sont des quotidiens, le reste étant des périodiques (des hebdomadaires, des bimensuels ou des mensuels notamment).
Le président réformateur iranien Mohammad Khatami a plaidé mercredi pour que les journaux iraniens, qui se trouvent au centre du combat entre réformateurs et conservateurs, aient un «droit de critique» et bénéficient de garanties légales. «Les journaux doivent pouvoir critiquer le régime et ceux qui détiennent le pouvoir sans aucune inquiétude», a souligné M. Khatami au cours d’une rencontre avec plusieurs centaines de responsables et de journalistes de la presse écrite iranienne, de différentes tendances politiques. «Si nous réprimons la pensée, elle entrera en clandestinité», a poursuivi le président réformateur iranien pendant cette rencontre — la première du genre — organisée dans les locaux ayant accueilli le 8e sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) en décembre dernier....