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Actualités - Reportage

Quelle politique de prix pour le meuble moderne ? (photos)

Devant la profusion des magazines spécialisés dans la décoration intérieure, mais aussi parce que ce secteur est en plein bouillonnement économique, le meuble moderne est au centre de nombreux intérêts. Les taux de douanes particulièrement élevés le prouvent. Pourtant, il est délicat de ne parler que d’économie lorsque l’on touche aussi à l’art. Car le meuble n’est plus considéré comme un simple article domestique, mais il est souvent apprécié comme une œuvre d’art à part entière. Comme tout objet d’art, le meuble est considéré comme une pièce de créativité et, en conséquent, coûte souvent cher. Mais ces prix élevés ne s’expliquent pas uniquement par le simple fait d’une signature prestigieuse. «Un meuble moderne coûte cher à la base, en raison des recherches et des technologies mises en œuvre pour aboutir à sa création, argumente Mimo Semaan, de la Galerie Semaan. Les pièces sont, en général, travaillées dans le moindre détail, avec une finition excessivement soignée. Le rapport au prix s’élève proportionnellement à la quantité produite et à la difficulté à réussir ces détails». Cette impossibilité à se vendre à des prix facilement accessibles mène à un autre débat, celui de savoir si une marque réputée justifie un prix élevé, ou s’il vaut mieux, alors, avoir recours à une production locale, certes moins prestigieuse, mais peut-être meilleur marché. Production locale ou importation? Comme dans la plupart des secteurs économiques et commerciaux en particulier, une opposition, justifiée ou non, semble apparaître entre les productions locales et les importations. Les uns seraient meilleur marché alors que les autres offriraient des garanties de qualité supérieure. Effectivement, Bassel Bahous de Sleep Comfort explique: «Pour un même rapport qualité/prix, les meubles produits localement apportent un gain financier de 30%. Nous devons bien sûr apporter certaines matières premières d’Europe, à un coût élevé, mais la répercussion sur le prix de vente n’est en tout cas pas la même que si le meuble entier est importé. Les taux de douanes en sont les principaux responsables: ils sont d’environ 20% pour les tissus et 17% pour l’ensemble des matières premières, alors qu’ils atteindront 35 à 40% pour un produit fini importé dans son entier. Du coup, le produit est lui-même plus cher à la base, et à cela s’ajoute une taxe, elle aussi, plus élevée. De plus, Sleep Comfort assure une garantie de grande qualité, ce qui ne peut qu’augmenter la satisfaction du client». Ce point de vue contraste avec celui de Mimo Semaan. «On dit peut-être que nos prix sont plus élevés qu’ailleurs. Mais je suis sûre que le rapport qualité/prix est le meilleur, compte-tenu des taux de douanes, transport et frais divers qui sont malheureusement très élevés. Si nous déduisions les trois quarts de ces frais, nous vendrions certainement aux prix européens, comme cela devrait se faire. D’un autre côté, il nous est devenu impossible de travailler avec des meubles de moindre qualité, car nous restons toujours très exigeants. Nous savons que la qualité de technique, le coût du design, tout l’appareillage, impliquent des coûts élevés. Localement, il est pratiquement impossible de copier une pièce et donc de reproduire tous ses avantages, ses détails et sa finition. Il est tout aussi difficile pour nos architectes de créer un meuble, même si la conception est intéressante: tous ces beaux objets tant convoités sont le fruit de l’étroite collaboration du designer, avec le centre de recherche affilié à la production, qui permettra elle-même de répondre aux exigences pratiques et techniques». Dany Hitti, PDG du Cercle Hitti dont les activités s’axent autant sur le local que sur l’importé, explique: «Les grands maîtres sont aujourd’hui de vrais classiques, même s’ils étaient considérés comme totalement avant-gardistes il y a trente ans. Philip Starck n’a-t-il pas été nommé Louis XX au salon de Cologne? Toute création par un grand maître se doit d’être chère. Une signature, une technologie, un savoir-faire constituent des références. Ces pièces sont quand même bien vendues, car le public en a assez du classique. Toutefois, la protection douanière est excessive. Pourquoi de tels taux sur des pièces introuvables au Liban, car signées ou bénéficiant d’avancées technologiques introuvables au Liban? Il faudrait entrer dans le détail des produits pour adapter ces taux». Un équilibre encore à trouver Les Éts Sleep Comfort travaillent, quant à eux, avec un comité de sélection des nouveaux produits, formé de spécialistes de l’ameublement. Il contribue à l’introduction de nouvelles créations et à l’expansion de la gamme de produits. Un bureau d’études formé d’ingénieurs qualifiés assure l’adaptation des nouveaux modèles. Un coup d’œil sur les détails de la production fait immédiatement ressortir qu’à tous les points de vue, la recherche accompagne le travail quotidien et garantit la qualité des produits. D’autre part, la restructuration et la décentralisation de la production ont permis de réduire et calculer finement les prix. «Nous ne souhaitons faire ni dans le haut de gamme, ni dans la production de base. Sleep Comfort s’intéresse surtout au respect du rapport qualité/prix», explique le PDG. Dany Hitti va, d’une certaine manière, dans ce sens: «La production locale trouve ses sources de références au Liban, fait-il remarquer. Notre bureau d’onze architectes s’inspire de l’Europe et l’adapte au Liban, pour les mesures, les dimensions, les couleurs. C’est comme un défilé de mode: on présente une chose, mais on en vend une autre. De nombreuses usines investissent dans de nouvelles machines et en faisant former les techniciens. Les pièces stylisées sont importées de l’étranger. Toutefois, les prix restent élevés car le marché local est relativement restreint. Et il est inévitable que transformer un meuble lui fait perdre certaines de ses qualités originales. On peut populariser de grandes lignes, mais pas une signature ou un modèle unique». Nicolas Chedid d’Intermeuble, a, dès le départ, choisi d’adopter une politique commerciale qui lui permet d’éviter toute ambiguïté: «Intermeuble a commencé en important des meubles de l’étranger, d’un certain niveau de qualité. Nous n’avons pas voulu changer par la suite, proposer de mélanges qui pourraient causer un doute au client. Nous nous sommes spécialisés, tout simplement. Celui qui s’adresse à nous sera sûr de trouver un produit directement issu de la maison-mère, si c’est ce qu’il recherche. Il peut être certain que toutes les parties ont été produits par la maison-mère. Chaque client sait à qui s’adresser pour trouver ce qu’il cherche précisément».
Devant la profusion des magazines spécialisés dans la décoration intérieure, mais aussi parce que ce secteur est en plein bouillonnement économique, le meuble moderne est au centre de nombreux intérêts. Les taux de douanes particulièrement élevés le prouvent. Pourtant, il est délicat de ne parler que d’économie lorsque l’on touche aussi à l’art. Car le meuble n’est plus considéré comme un simple article domestique, mais il est souvent apprécié comme une œuvre d’art à part entière. Comme tout objet d’art, le meuble est considéré comme une pièce de créativité et, en conséquent, coûte souvent cher. Mais ces prix élevés ne s’expliquent pas uniquement par le simple fait d’une signature prestigieuse. «Un meuble moderne coûte cher à la base, en raison des recherches et des technologies mises en...