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Actualités - Chronologie

Dans le monde Abbas Kiarostami : la relève iranienne (photo)

Célébré par Akira Kurosawa et Jean-Luc Godard comme l’un des maîtres du néoréalisme, le réalisateur iranien Abbas Kiarostami est découvert par le grand public en 1997, lorsqu’il remporte la Palme d’Or au Festival de Cannes, pour son film A Taste of Cherry (qui vient d’être présenté cette semaine au Vidéo-Club de l’IESAV). Le premier Iranien à remporter ce prix, Kiarostami n’est pourtant pas un novice. Dans une carrière qui s’étend sur plus de trente ans, il est parvenu à développer un cinéma simple, profond, empreint d’humour et de gravité, et qui a su tourner à son avantage les limitations de la censure. Héritière directe de la révolution islamique, la censure impose au cinéma iranien des règles de conduite très strictes: une femme ne peut apparaître sans un voile dissimulant sa chevelure, de même qu’un homme et une femme ne peuvent se toucher devant la caméra. En embrassant Catherine Deneuve, lorsqu’il reçut sa Palme d’Or au Festival de Cannes, Kiarostami dut faire face aux remontrances de l’opinion publique iranienne. Le débat qui s’ensuivit parvint même à éclipser l’ampleur de la récompense... L’œuvre de Kiarostami (plus d’une vingtaine de films) comprend des documentaires, des courts-métrages, des films éducationnels, des longs-métrages, ainsi que des scénarios destinés à d’autres réalisateurs. En règle générale, le cinéaste utilise des acteurs amateurs, tourne dans des décors naturels et ancre ses histoires dans la vie de tous les jours. À la fois réaliste et lyrique, son cinéma utilise l’anecdote pour traiter de sujets aux dimensions philosophiques ou sociales. C’est dans cet esprit qu’en 1995, la Fondation Pasolini, à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du réalisateur italien, a accordé son Prix Spécial à Kiarostami, qu’elle tient pour «l’un des derniers réalisateurs encore concernés par l’exploration de la réalité». Malgré les problèmes qu’il lui faut affronter, le metteur en scène avoue que tourner en Iran a ses avantages. Face à la censure, le cinéma a su perfectionner l’art de la suggestion, qui permet de dire des choses sans les montrer. Le boycott touchant les films américains a permis par ailleurs de protéger la production locale d’une compétition perdue d’avance. Son métier, Kiarostami l’a appris dans les années 60 en travaillant comme «designer», illustrateur, et en réalisant de nombreuses publicités. L’art graphique, dans ses diverses expressions, l’a conduit à une grande économie de moyens. Son premier film, Bread and Alley (12 minutes), date de 1970, et raconte comment un enfant muni d’un gros pain réussit à traverser une allée gardée par un chien. À partir de 1983, Kiarostami se consacre presque uniquement à des longs-métrages. Close Up (1990), qui raconte les efforts du cinéaste pour filmer l’arrestation et le procès d’un mystificateur, est considéré comme l’un des meilleurs documentaires sur l’art de la réalisation. Parmi les longs-métrages les plus connus, on trouve aussi trois films formant une trilogie, et tournés entre 1987 et 1994. Le permier, Where is my Friend’s House, raconte les errances d’un petit garçon à la recherche d’un camarade de classe, dans un petit village qui, en 1990, sera touché par un violent tremblement de terre. And Life Goes On (1992), ramène Kiarostami sur les lieux du séisme pour voir si les deux garçons sont encore en vie. Enfin, Through the Olive Tree (1994), évoque le tournage du second film en suivant le parcours de certains de ses personnages. À l’image de ces poupées russes de gigogne, les films de Kiarostami s’imbriquent pour raconter une histoire qui évolue sans cesse... (Source: «Current Biography»).
Célébré par Akira Kurosawa et Jean-Luc Godard comme l’un des maîtres du néoréalisme, le réalisateur iranien Abbas Kiarostami est découvert par le grand public en 1997, lorsqu’il remporte la Palme d’Or au Festival de Cannes, pour son film A Taste of Cherry (qui vient d’être présenté cette semaine au Vidéo-Club de l’IESAV). Le premier Iranien à remporter ce prix, Kiarostami n’est pourtant pas un novice. Dans une carrière qui s’étend sur plus de trente ans, il est parvenu à développer un cinéma simple, profond, empreint d’humour et de gravité, et qui a su tourner à son avantage les limitations de la censure. Héritière directe de la révolution islamique, la censure impose au cinéma iranien des règles de conduite très strictes: une femme ne peut apparaître sans un voile dissimulant sa chevelure, de...