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Actualités - Reportage

Assurer un statut aux personnes du troisième âge (Photos)

Trois personnes distinctes, trois institutions différentes. Un but commun les lie. Non pas un but, mais un engagement, une vocation: assurer un statut aux personnes âgées au Liban, leur donner des droits. Voilà pourquoi le père Dimitrios Khoury, directeur du foyer Saint-Georges d’Achrafieh, Soha Wehbé Baldo, directrice du foyer du vieillard malade de Mansourieh, et Azzam Houri, directeur de l’hôpital Dar al-Ajaza al-Islamia, luttent sans cesse. À eux trois, ils défendent une même cause, celle d’assurer aux personnes âgées des vieux jours décents et le plus agréables possible. Et comme eux, ils sont des dizaines au Liban à se consacrer corps et âme aux personnes âgées, et à tenter d’améliorer leurs conditions de vie. Mais cela ne suffit pas, tant que l’État libanais ne sera pas attentif à leurs revendications. Alors qu’à l’étranger, les personnes âgées jouissent de droits divers dus à leur âge ; alors que là-bas, elles bénéficient de la retraite, de la sécurité sociale, d’assurances diverses, de tarifs réduits et de priorité dans les transports publics et les lieux de loisirs, ici au Liban, qu’ont-elles? «Rien, tout simplement», avoue Azzam Houri Rien, sauf le choix d’être prises en charge par leur famille, si toutefois celle-ci le veut bien ou si elle en a la possibilité matérielle. Sinon, la personne âgée en est réduite à être installée, souvent contre son gré, dans une des trente institutions libanaises que l’on appelle asile ou foyer. Selon les statistiques officielles, la population de plus de 65 ans est estimée entre 225 000 et 230 000 personnes, soit environ 6,8% de la population libanaise. Et seulement 3 000 lits sont disponibles en maisons de repos pour accueillir les vieillards qui ne peuvent plus s’assumer, qui sont malades, ou qui vivent dans des conditions difficiles. État des lieux Les asiles de vieillards tentent aujourd’hui de survivre au Liban. Ils luttent désespérément pour ne pas «fermer boutique», comme le dit si bien Soha Baldo. Car la grande majorité des personnes âgées est admise gratuitement dans les institutions. «Les gens déposent leurs parents malades chez nous en disant que c’est un cousin ou un voisin, et ne reviennent plus de peur qu’on leur réclame de l’argent», ajoute-t-elle. Les fonds nécessaires au fonctionnement de ces foyers sont assurés en grande partie par des dons venus de partout. Mais les responsables des asiles réclament une prise en charge de l’État réellement efficace. Il est vrai que le séjour d’un nombre déterminé de vieux est financé par l’État. «Le ministère de la Santé nous donne 13 000 livres libanaises par jour et par malade, déclare Azzam Houri, et le ministère des Affaires sociales 4010 livres libanaises». «Mais c’est au compte-gouttes qu’ils nous les paient, ajoute le directeur de Dar al-Ajaza al-Islamia. Et puis, cela fait pas mal de temps qu’ils n’ont rien versé du tout. De plus, ces chiffres dérisoires sont loin de couvrir les frais réels quotidiens que coûte une personne âgée, qu’elle soit dans un asile ou dans un hôpital». Mais le gouvernement peut aider à sa manière, et comme l’explique le père Dimitrios Khoury, «à sa manière, l’État peut nous donner un appui solide. Nous sommes des institutions humanitaires, à but non lucratif, il devrait donc nous accorder des tarifs réduits. Au lieu de cela, il nous fait payer des droits de douane pour le matériel importé ou même celui reçu en dons. Et si l’on veut obtenir une dérogation, la formalité est tellement longue, que l’an paiera autant que la douane en droit de parcage. Nous avons de plus réclamé des tarifs préférentiels pour l’électricité, car nous payons des factures énormes, 14 millions de livres par mois, pour notre foyer. À ce prix, nous pourrions nous équiper en nouveau matériel pour soigner nos vieux, chose que nous ne pouvons nous permettre actuellement». Les maisons de repos vivotent dans ces conditions, attendant la manne du ciel ou quelque généreux donateur. «Malgré tous nos problèmes financiers, raconte Soha Baldo, nous avons la bénédiction du ciel. Le jour où on est à court de viande, quelqu’un frappe à notre porte et nous offre des moutons. Des particuliers nous ont ainsi aidés à retaper des étages entiers après la guerre. C’est formidable. Mais si l’État nous dispensait de la taxe municipale ou d’autres taxes, j’aurais pu acheter le matériel pour soigner ce monsieur que j’ai été dans l’obligation de refuser. Je n’ai pas le matériel pour le prendre en charge, car il a subi une trachéotomie». Ces trois institutions œuvrent souvent ensemble, et en collaboration avec d’autres institutions caritatives pour se faire entendre. Et à la veille de l’Année du vieillard, si elles se penchent sur la façon de servir les personnes âgées le mieux possible, leur procurant nourriture, confort, soins et loisirs, et encourageant les familles à garder le contact avec leurs vieillards, si elles étudient la possibilité de créer des asiles de jour permettant aux personnes âgées de rentrer dormir dans leur famille, d’autres, malheureusement «maltraitent les personnes âgées, les battent ou les tiennent enfermés dans des sous-sols, prétextant qu’ils ont perdu la raison», déplore Soha Baldo.
Trois personnes distinctes, trois institutions différentes. Un but commun les lie. Non pas un but, mais un engagement, une vocation: assurer un statut aux personnes âgées au Liban, leur donner des droits. Voilà pourquoi le père Dimitrios Khoury, directeur du foyer Saint-Georges d’Achrafieh, Soha Wehbé Baldo, directrice du foyer du vieillard malade de Mansourieh, et Azzam Houri, directeur de l’hôpital Dar al-Ajaza al-Islamia, luttent sans cesse. À eux trois, ils défendent une même cause, celle d’assurer aux personnes âgées des vieux jours décents et le plus agréables possible. Et comme eux, ils sont des dizaines au Liban à se consacrer corps et âme aux personnes âgées, et à tenter d’améliorer leurs conditions de vie. Mais cela ne suffit pas, tant que l’État libanais ne sera pas attentif à leurs...