Médecins et agents de sécurité français se sont mis à l’ouvrage, dimanche, pour venir en aide aux sinistrés de Tegucigalpa, menacée d’épidémies, et dont plusieurs quartiers restent envahis par la boue dix jours après le passage de l’ouragan Mitch. Marianne Fleury, responsable du Samu (service d’aide médicale d’urgence) pour le Honduras et le Nicaragua et Regis Garrigue, médecin urgentiste, aidés de deux infirmiers ont installé un hôpital de campagne à la Nueva Esperanza, après qu’une coulée de boue eut détruit le seul dispensaire de ce quartier de 15 000 habitants du sud-ouest de la capitale. «Nous voulons voir s’il y a des signes d’alarme afin de déterminer les risques d’infection», indique Marianne Fleury. Un cas de choléra aurait, selon certaines sources, été détecté à Tegucigalpa où de nombreux habitants, après avoir été en contact avec les eaux boueuses et contaminés du fleuve Choluteca, qui traverse la ville, souffrent de conjonctivite et de diarrhée. La boue, qui a envahi une partie de la ville transformant certaines rues en véritables terrains vagues, est un des premiers ennemis à vaincre. Dans le quartier Primavera, en bordure du Choluteca, non loin de la Nueva Esperanza, le lieutenant Philippe Risser, agent de sécurité français dépendant du ministère de l’Intérieur, dirige une équipe pour déblayer les maisons qui, construites en dur, ont résisté à Mitch, et pourraient rapidement être habitées de nouveau. «Nous devons aussi dissuader les habitants d’utiliser l’eau du fleuve pour se laver», indique Philippe Risser. L’aide française, avec notamment l’envoi de 15 tonnes de produits et médicaments, sera au complet mardi prochain avec, au Honduras, un total de 80 spécialistes et concernera aussi la ville de Choluteca, à quelque 140 km au sud de la capitale, ravagée par Mitch. À Tegucigalpa, où l’eau potable est toujours rationnée, les Français doivent également s’occuper de la purification de l’eau et de la restauration de l’hôpital de la Sécurité sociale inondé sur deux étages lors du passage de Mitch. Pour garder la maîtrise des opérations, l’aide s’effectuera en coordination avec les Ong, tel Médecins sans Frontières, les religieuses françaises présentes dans certains hôpitaux du Honduras et les agents consulaires. Le Honduras a été l’un des pays les plus durement touchés par Mitch avec un bilan de 7 000 tués, 12 000 disparus et près de 2 millions de sinistrés. Mitch a en particulier ravagé l’une des principales sources de revenu du Honduras, les cultures de bananes, détruites à 80%, ce qui a provoqué la mise au chômage de quelque 1600 personnes.
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