De catastrophe en catastrophe, de bidonville en bidonville(photo)
le 10 novembre 1998 à 00h00
Ils ont fui le tremblement de terre de 1972, ils ont fui la guerre, ils fuient les effets du cyclone Mitch: une bonne partie des Nicaraguayens n’ont pas cessé depuis trente ans de reconstruire leurs misérables baraques dans des bidonvilles chaque fois un peu plus misérables au gré des catastrophes. «Je vivais dans les décombres avec des parents, mais de là je suis allé à la plage parce qu’on m’a offert un petit terrain. Maintenant, j’ai tout perdu», affirme Petronila Chavez, une mère célibataire de cinq enfants, expliquant son parcours des ruines de la capitale après le tremblement de terre de 1972 aux berges du lac de Managua. «Ici, nous sommes à la merci de Dieu et dans l’espoir que le gouvernement nous aide à construire une baraque», dit-elle, à Ciudad Sandino, à 10 km à l’ouest de la capitale, où elle a été emmenée après avoir vu sa maison emportée par l’ouragan. 1 000 sinistrés ont commencé à monter des abris de fortune aux toits et aux murs de cartons et de plastique noir fournis par la municipalité, mais ils n’ont ni aliments, ni couverture, ni matelas. En 1972, Managua avait été détruite par un tremblement de terre qui causa la mort de 10 000 personnes et laissa 200 000 sans-abri qui s’installèrent sur les rives du lac. C’est là que vinrent vivre également les paysans qui habitaient dans les zones touchées par la guerre entre l’armée sandiniste et ses adversaires, “contras”, et qui laissa près de 50 000 morts. «Moi je suis arrivé à Managua en fuyant la guerre, parce que dans ces montagnes on entendait jour et nuit le bruit de la mitraille», raconte Yamilet Hernandez, une paysanne originaire de Waslala, 250 km au nord de la capitale. «Je savais qu’il y avait du danger à s’installer sur les rives de la plage, mais c’était mieux que d’être dans cet enfer», ajoute-t-elle. Beaucoup d’autres habitants de la capitale, sans toit, s’étaient installés à cet endroit, d’autres avaient gagné les flancs des montagnes et des volcans, vivant avec le danger permanent de glissements de terrain. Dans un pays dont 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où le taux de chômage atteint 50 %, la grande majorité habitait ainsi des baraques précaires qui ont été emportées par l’eau et la boue comme fétus de paille. Aujourd’hui, la plupart des 800 000 sinistrés n’ont d’autres recours que de ramasser les débris de bidonvilles, abandonnés par le cyclone, pour reconstruire les mêmes abris, plus précaires, plus misérables.
Ils ont fui le tremblement de terre de 1972, ils ont fui la guerre, ils fuient les effets du cyclone Mitch: une bonne partie des Nicaraguayens n’ont pas cessé depuis trente ans de reconstruire leurs misérables baraques dans des bidonvilles chaque fois un peu plus misérables au gré des catastrophes. «Je vivais dans les décombres avec des parents, mais de là je suis allé à la plage parce qu’on m’a offert un petit terrain. Maintenant, j’ai tout perdu», affirme Petronila Chavez, une mère célibataire de cinq enfants, expliquant son parcours des ruines de la capitale après le tremblement de terre de 1972 aux berges du lac de Managua. «Ici, nous sommes à la merci de Dieu et dans l’espoir que le gouvernement nous aide à construire une baraque», dit-elle, à Ciudad Sandino, à 10 km à l’ouest de la capitale, où...
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