Le ministère de l’Environnement a entamé le travail hier, à l’usine de compostage de la Quarantaine, en coopération avec une entreprise française, afin de résoudre le problème des odeurs nauséabondes qui envahissent les régions d’Achrafieh, Sin el-Fil, Dora et la Quarantaine. Le premier ministre, M. Rafic Hariri, a tenu une réunion hier, à ce sujet, avec le ministre de l’Environnement, M. Akram Chéhayeb, qui l’a informé des développements de la situation. A l’issue de sa rencontre avec M. Hariri, le ministre a déclaré que «le traitement des odeurs nauséabondes qui émanent de l’usine de compostage à la Quarantaine a commencé à midi (hier)» rappelant que «ce travail avait dû être entamé le 21 février 1997». «Ce retard est dû à des problèmes de gestion au sein de l’entreprise en charge de l’usine de compostage et à l’incompétence de la compagnie qui exécute le projet», a-t-il poursuivi. Et de préciser qu’une «équipe française est arrivée mardi à Beyrouth pour traiter le problème des odeurs». M. Zahi Abou Mansour, expert technique auprès du ministère de l’Environnement, a déclaré à «L’Orient-Le Jour» que «l’équipe a installé autour de l’usine de compostage 31 machines qui devraient vaporiser des liquides qui tuent les molécules responsables des odeurs nauséabondes». Il a souligné que «normalement ces liquides devraient être versés toutes les quatre minutes». Vu la gravité de la situation, les machines seront opérationnelles, sans interruption, jusqu’à ce matin. Et l’expert technique de préciser «qu’à ce rythme, les odeurs nauséabondes devraient être réduites à 50%». Se penchant sur les répercussions de ces émanations pestilentielles sur la santé, le Dr Ghassan Jamaleddine, spécialiste des maladies pulmonaires à l’hôpital américain de Beyrouth, a précisé que «dans ce genre de situation l’état des asthmatiques et des personnes souffrant de maladies pulmonaires empire. Certaines personnes, généralement souffrant d’allergies, pourraient également développer des bronchites». Il a souligné la nécessité «de mesurer le taux des molécules d’ozone, d’oxyde de soufre et de nitrate dans l’atmosphère ainsi que le taux des toxines respirées par les personnes résidant dans la zone concernés». Par ailleurs, le président de l’association des commerçants de Bourj Hammoud, M. Paul Ayanian, a appelé «les responsables à trouver une solution rapide au problème des sources de pollution qui empoisonnent Dora et ses environs, tels que l’usine de traitement de déchets de la Quarantaine et l’ancien dépotoir de Bourj Hammoud», soulignant que «ces sources de pollution constituent un danger pour l’environnement et la santé». Et de noter que «le problème des odeurs à Dora pourrait générer, à Beyrouth, une catastrophe comparable à celle de Tchernobyl». Le président de l’association des commerçants de Bourj Hammoud a noté «que le problème des odeurs nauséabondes pousse les habitants de la zone à quitter leurs lieux de résidence et de travail, afin de fuir l’atmosphère empoisonnée». Et de poursuivre que «les responsables devraient assurer les services nécessaires au maintien de la propreté à Dora et ses environs, qui constituent des zones commerciales et économiques importantes».
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