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Actualités - Chronologie

Le président du Nicaragua accusé de politiser la tragédie (photo)

Des organisations religieuses ou sociales ainsi que l’opposition ont violemment accusé le président conservateur Arnoldo Aleman et son gouvernement de laisser des milliers de sinistrés à l’abandon et de «politiser» la tragédie que vit le Nicaragua à la suite du passage du cyclone Mitch. Le chef de l’État, très critique vis-à-vis du régime de Fidel Castro, a notamment refusé l’aide offerte par Cuba, ce qui lui a valu de fortes critiques de la presse et des partis. «Dans un pays pauvre comme celui-ci, qui était déjà sinistré auparavant, le gouvernement n’a pas le droit de refuser l’aide médicale offerte par d’autres gouvernements comme celui de Cuba», a affirmé l’ex-président et écrivain Sergio Ramirez. Le chef de l’État a été copieusement hué dans plusieurs de ses déplacements dans les régions sinistrées. Vendredi l’Église évangéliste morave, très active chez les Indiens misquitos du nord du pays, a réclamé une aide d’urgence pour ces communautés, en indiquant que 1 200 habitants étaient restés jûchés sur la cime des arbres, cernés par les eaux, sans recevoir aucune aide. «Nous allons avoir 1 200 cadavres si un hélicoptère n’arrive pas bientôt. Personne ne veut venir les aider», a affirmé le révérend Norman Bent. Selon lui, le gouvernement a une attitude «raciste», et laisse dans un total abandon depuis huit jours 4 500 sinistrés de la région autonome de l’Atlantique Nord, peuplée de noirs et de misquitos. Mardi, des centaines de sinistrés avaient hué le président à son arrivée à Leon, à 90 km au nord-ouest de Managua. «Nous voulons de la nourriture», «nous avons faim», «nous sommes en train de mourir de faim avec nos enfants», criait la foule, qui avait entouré la voiture de M. Aleman, obligeant la police et des agents de la sécurité nationale à intervenir pour le dégager. Visiblement furieux, le président avait accusé le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) de «manipuler» les sinistrés. La veille, le président avait également été hué à Ciudad Dario, à 85 km au nord de Managua. Du lait… partisan «Tout le monde est en train de souffrir. Mais ici le gouvernement n’a pas voulu venir, ils ne veulent pas salir leurs souliers, nous sommes abandonnés», affirmait un paysan de cette ville. Des habitants de Tipitapa, à 22 km de Managua, se plaignaient également de ce que le gouvernement ne leur a apporté aucune aide, alors qu’une grande partie de la ville a été inondée par la crue du lac de Managna. «Comme je ne suis pas réfugié et que je vends des bonbons, ils disent que je suis riche et ils ne veulent pas m’aider. Mais ma maison est encore inondée», a affirmé Alejandro Rocha, 45 ans, qui s’est installé dans une baraque de planches et de tôles avec ses huit enfants. M. Aleman s’est défendu et a appelé la population au calme, arguant qu’il ne comptait au début que sur cinq hélicoptères pour porter secours aux sinistrés, et a promis une augmentation de l’aide au fur et à mesure de l’arrivée des secours internationaux. Certains habitants de la capitale ont par ailleurs affirmé que les proches du gouvernement distribuaient des boîtes de lait en poudre portant le symbole du parti au pouvoir.
Des organisations religieuses ou sociales ainsi que l’opposition ont violemment accusé le président conservateur Arnoldo Aleman et son gouvernement de laisser des milliers de sinistrés à l’abandon et de «politiser» la tragédie que vit le Nicaragua à la suite du passage du cyclone Mitch. Le chef de l’État, très critique vis-à-vis du régime de Fidel Castro, a notamment refusé l’aide offerte par Cuba, ce qui lui a valu de fortes critiques de la presse et des partis. «Dans un pays pauvre comme celui-ci, qui était déjà sinistré auparavant, le gouvernement n’a pas le droit de refuser l’aide médicale offerte par d’autres gouvernements comme celui de Cuba», a affirmé l’ex-président et écrivain Sergio Ramirez. Le chef de l’État a été copieusement hué dans plusieurs de ses déplacements dans les...