Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les islamistes pakistanais réclament un essai nucléaire

Les islamistes pakistanais font monter la pression pour qu’Islamabad procède à une expérience nucléaire, après le tir d’un missile à longue portée qui provoque une satisfaction quasi générale dans le pays face à la tentation nucléaire des nationalistes indiens. Qazi Hussain Ahmed, l’émir (chef) du principal parti intégriste musulman le Jamaat-i-Islami (JI), a ainsi estimé qu’il était temps que le Pakistan procède à un essai nucléaire. Qazi Hussein Ahmed a souligné, dans un entretien au quotidien en langue ourdou Jang, que la réussite du tir était un évènement de «bonne augure» pour la sécurité et la défense du Pakistan. L’armée pakistanaise a annoncé lundi qu’elle avait effectué avec succès un tir d’un nouveau missile sol-sol d’une portée de 1.500 kilomètres et capable, selon le communiqué officiel d’emporter une charge — éventuellement nucléaire — de 700 kg. Qazi Hussain Ahmed a estimé que les menaces indiennes rendaient nécessaire l’augmentation des capacités défensives par de nouvelles avancées en matière nucléaire et balistique. Le missile est baptisé «Ghauri» du nom d’un empereur musulman, Shahabuddin Ghauri, qui avait conquis l’Inde au début du XIIIe siècle. L’annonce du tir du Ghauri a été faite quelques semaines après l’arrivée au pouvoir à New Delhi des nationalistes hindous qui n’ont pas caché leur volonté de faire entrer l’Inde dans le club des puissances nucléaires (USA, Russie, Chine, G-B et France) au grand dam du Pakistan. A cet égard, le Maulana Ajmal, un dirigeant du Jamiat Ulema Islam (JUI) a affirmé que le Pakistan devait prendre les mesures appropriées pour faire face aux dangers que fait peser «l’ennemi» indien qui a procédé à un essai nucléaire en 1974. Allama Wajid Naqvi, un dirigeant du Tehreek Jafria Pakistan (TJP) qui représente la minorité chiite pakistanaise, a estimé que le Pakistan devait étendre son programme de développement de missiles balistiques. Les intégristes pakistanais poursuivent depuis toujours les nationalistes hindous d’une haine féroce qui n’a fait que croître, avec la destruction à la fin de 1992, d’une mosquée à Ayodha (Inde) par des fanatiques de mouvements extrémistes très liés au Baratiya Janata Party qui dirige la coalition nationaliste à New Delhi. Maintenir la parité militaire Par ailleurs, le général Hamid Gul, ancien chef des services secrets pakistanais a souligné que le tir du Ghauri était «absolument remarquable» et qu’il se réjouissait qu’il ait été effectué avant la visite du président Bill Clinton au Pakistan, prévue avant la fin de l’année. L’ancien chef de l’armée, le général Mirza Aslam Beg a estimé que le Pakistan, par ce tir «n’avait fait que corriger le déséquilibre» qui existait avec l’Inde. Le Pakistan a toujours tenté de maintenir une parité militaire avec son rival indien et a lancé son programme de construction de missiles il y a une dizaine d’années. Quant au principal physicien nucléaire pakistanais, Abdul Qader Khan — le «père» de la recherche sur la fabrication des bombes atomiques aux Pakistan — il a estimé que l’essai du Ghauri n’était pas le dernier. «Nous regardons au-delà» pour renforcer la capacité du pays à dissuader toute agression, a-t-il dit. Le Pakistan et l’Inde sont des pays dits «du seuil», c’est-à-dire réputés avoir la capacité de fabriquer, voire même posséder déjà, un armement nucléaire. Ils ont refusé de signer, à la fin de 1996, le traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT, selon l’acronyme anglais). Les deux pays se sont déjà livrés trois guerres depuis l’indépendance et la partition de l’ancien empire britannique des Indes en 1947. Deux de ces trois conflits concernaient le Cachemire, un territoire himalayen musulman dont les deux puissances se disputent toujours la souveraineté. (AFP)
Les islamistes pakistanais font monter la pression pour qu’Islamabad procède à une expérience nucléaire, après le tir d’un missile à longue portée qui provoque une satisfaction quasi générale dans le pays face à la tentation nucléaire des nationalistes indiens. Qazi Hussain Ahmed, l’émir (chef) du principal parti intégriste musulman le Jamaat-i-Islami (JI), a ainsi estimé qu’il était temps que le Pakistan procède à un essai nucléaire. Qazi Hussein Ahmed a souligné, dans un entretien au quotidien en langue ourdou Jang, que la réussite du tir était un évènement de «bonne augure» pour la sécurité et la défense du Pakistan. L’armée pakistanaise a annoncé lundi qu’elle avait effectué avec succès un tir d’un nouveau missile sol-sol d’une portée de 1.500 kilomètres et capable, selon le...