Les eaux autour de l’île engloutie où vécut Cléopâtre dans le port d’Alexandrie ont révélé de nouveaux trésors dont l’épave d’un navire vieux d’environ 2 000 ans et des statues rares, a déclaré l’archéologue sous-marin français Franck Goddio. «Au cours des fouilles effectuées depuis juin, notre équipe a découvert une épave de navire de 30 mètres de long et de 10 mètres de large en excellent état de conservation», a indiqué M. Goddio lors d’une conférence de presse à Alexandrie. Selon lui, les datages au radiocarbone réalisés sur des échantillons de bois indiquent que le navire remonte à une période située entre 90 avant J.C. et 130 après J.C. «La coque du navire repose toujours près d’une jetée antique dans le port privé de l’île d’Antirhodes», a-t-il ajouté. Cette île, sur laquelle Cléopâtre possédait un palais, était considérée comme une propriété royale à l’époque ptolémaïque et fait partie des quartiers royaux engloutis par les flots voici plus de 1 600 ans, à la suite d’une série de tremblements de terre suivis d’un affaissement de terrain. En 1996, l’équipe Goddio a entamé la réalisation sur des bases scientifiques, pour la première fois, d’une cartographie des vestiges et des sites de la région. Selon l’explorateur français, «la présence d’un trou dans la coque du navire indique qu’il aurait coulé après avoir été éperonné par une autre embarcation». «À l’intérieur de l’épave, ont été découverts des morceaux de céramique, des restes de nourriture et notamment des bijoux dont des bagues en or», a-t-il précisé. Inaccessibles M. Goddio a d’autre part annoncé la découverte sur l’île engloutie, de statues, de colonnes et de blocs en granit rose, dont certaines pièces ont été repêchées mercredi. Il a également découvert au même emplacement des inscriptions en grec ainsi que des hiéroglyphes remontant à une période allant du 5e siècle avant J.C. jusqu’au 3e après J.C. durant laquelle régna l’empereur romain Caracalla. «Parmi les objets les plus remarquables figurent une statue en granit de 1,70 mètre représentant le grand prêtre d’Isis, comme l’indique un vase canope flanqué de deux sphinx intacts, qui nous laissent penser qu’il s’agit d’un petit sanctuaire d’Isis», a précisé M. Goddio. Le sphinx représentait le souverain chez les pharaons, mais selon M. Zsolt Kiss, spécialiste polonais en archéologie méditerranéenne, «l’un des deux sphinx retrouvés a été identifié comme une figuration probable du roi Ptolémée XII, père de Cléopâtre, tandis que le second représente un roi de la dynastie des Ptolémées pas encore identifié». Selon M. Kiss, «cela montre que l’Alexandrie ptolémaïque était moins hellénistique et plus pharaonique qu’on le pensait». M. Goddio a en outre fait état de la découverte sur le même site d’une tête en granit noir représentant probablement Octavius Auguste, le futur empereur Auguste. Fondateur en 1987 de l’Institut européen d’archéologie sous-marine, M. Goddio travaille à Alexandrie sous l’autorité du Conseil supérieur des antiquités égyptiennes (CSA) et sous le parrainage de la fondation privée Hilti installée au Lichtenstein. Notant que «les splendeurs d’Alexandrie ne cessent de le fasciner», M. Goddio s’attend à de nombreuses autres découvertes dans les années à venir. Le secrétaire général du CSA, M. Gaballah Ali Gaballah, a pour sa part confirmé la détermination de l’Égypte à établir dans le port d’Alexandrie un musée sous-marin regroupant tous ces trésors engloutis. «Ce musée permettra aux amateurs du monde entier d’admirer ces merveilles jusque-là inaccessibles», a-t-il affirmé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les eaux autour de l’île engloutie où vécut Cléopâtre dans le port d’Alexandrie ont révélé de nouveaux trésors dont l’épave d’un navire vieux d’environ 2 000 ans et des statues rares, a déclaré l’archéologue sous-marin français Franck Goddio. «Au cours des fouilles effectuées depuis juin, notre équipe a découvert une épave de navire de 30 mètres de long et de 10 mètres de large en excellent état de conservation», a indiqué M. Goddio lors d’une conférence de presse à Alexandrie. Selon lui, les datages au radiocarbone réalisés sur des échantillons de bois indiquent que le navire remonte à une période située entre 90 avant J.C. et 130 après J.C. «La coque du navire repose toujours près d’une jetée antique dans le port privé de l’île d’Antirhodes», a-t-il ajouté. Cette île, sur...