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Actualités - Chronologie

L'engouement pour l'Adha, casse-tête pour les pouvoirs publics français

L’Adha, qui sera célébrée le 7 avril, connaît un succès croissant parmi les musulmans de France, entraînant un casse-tête pour les pouvoirs publics contraints de gérer en un seul jour l’abattage de milliers de moutons. La fête, une des plus importantes de l’islam, symbolise la soumission totale du croyant à Dieu, à l’image d’Abraham prêt à sacrifier son fils mais que Dieu remplace au dernier moment par un agneau. Mais elle est aussi vécue comme une occasion de se retrouver en famille ou entre amis. De nombreuses associations de quartier, qui ne sont pas toutes confessionnelles, ont pris l’habitude en France d’organiser ce jour-là des activités autour d’un méchoui. Certaines d’entre elles, regroupées dans un «collectif pour l’Aïd el-Kébir», tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme, dénonçant dans un communiqué de nouvelles «limites» mises selon elles à «la pratique d’un rite important pour les citoyens musulmans». Elles mettent en cause un décret du 1er octobre 1997 qui rappelle l’interdiction formelle de tout abattage animal en dehors des abattoirs agréés alors que, soulignent-elles, ces derniers n’ont pas la capacité de faire face à l’afflux de moutons sacrifiés en un seul jour (de 80.000 à 120.000, selon diverses estimations). Ces dernières années, par souci d’ordre public, les préfets avaient été incités par les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture à mettre en place des sites dérogatoires (terrain d’un éleveur privé ou abattoir désaffecté). Mais si cette tolérance a fait reculer les abattages clandestins, elle a aussi eu pour effet d’augmenter la demande, indique-t-on au ministère de l’Intérieur. Sans exclure totalement cette possibilité, une circulaire du 9 mars demande cette année aux préfets d’agir pour une «meilleure conformité aux dispositions réglementaires, dans le souci de diriger l’ensemble des sacrifices de moutons vers les abattoirs». La circulaire recommande notamment «un étalement du déroulement des sacrifices sur plusieurs journées et une procédure de réservation préalable des animaux vivants», des pratiques admises par certains musulmans mais rejetées par beaucoup d’autres. Les préfets ont été invités à organiser des réunions de concertation avec les élus locaux, les exploitants d’abattoirs, les éleveurs, les services vétérinaires et les organisations musulmanes. Mais l’éparpillement de ces dernières ne facilite pas les choses, confie-t-on au ministère de l’Intérieur. Il faut également compter avec des associations de défense des animaux et notamment l’ancienne actrice Brigitte Bardot qui dénonce rituellement les «massacres» de moutons à l’occasion de l’Adha. «Le fond du problème, c’est que les musulmans sont un public complètement négligé», estime Nordine Henni, membre du cabinet du maire de Dunkerque (nord), une ville où vit une importante population musulmane. (AFP)
L’Adha, qui sera célébrée le 7 avril, connaît un succès croissant parmi les musulmans de France, entraînant un casse-tête pour les pouvoirs publics contraints de gérer en un seul jour l’abattage de milliers de moutons. La fête, une des plus importantes de l’islam, symbolise la soumission totale du croyant à Dieu, à l’image d’Abraham prêt à sacrifier son fils mais que Dieu remplace au dernier moment par un agneau. Mais elle est aussi vécue comme une occasion de se retrouver en famille ou entre amis. De nombreuses associations de quartier, qui ne sont pas toutes confessionnelles, ont pris l’habitude en France d’organiser ce jour-là des activités autour d’un méchoui. Certaines d’entre elles, regroupées dans un «collectif pour l’Aïd el-Kébir», tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme, dénonçant...