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Actualités - Chronologie

Clinton en Afrique : succès populaire et bilan politique mitigé (photo)

La tournée en Afrique noire du président américain Bill Clinton, qui s’est achevée jeudi soir au Sénégal, a été un énorme succès populaire et médiatique, mais son bilan apparaissait très mince à court terme sur le plan politique et diplomatique. L’opposition de l’Afrique du Sud, l’une des deux principales puissances régionales du continent, à la «Loi sur la croissance et l’oportunité en Afrique» et ses très sérieuses réserves sur le fonctionnement d’une force africaine de maintien de la paix — les deux axes de la politique africaine de Washington — constituent la principale ombre au tableau. M. Clinton, dont la venue avait été précédée par de sévères avertissements lancés au leader de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), Laurent-Désiré Kabila, n’a pu obtenir de ce dernier la moindre concession lors de leur rencontre. Le président a par ailleurs plongé dans la confusion la politique américaine vis-à-vis du Nigeria en laissant entendre que Washington pourrait, après tout, accepter que le leader militaire de ce pays, le général Sani Abacha, se présente à l’élection présidentielle du 1er août s’il le faisait en tant que civil. Malgré ces déboires, M. Clinton était «énormément satisfait» au terme de ce périple de 11 jours dans six pays (Ghana, Ouganda, Rwanda, Afrique du Sud, Botswana et Sénégal), selon son conseiller pour la sécurité nationale, Sandy Berger. Partout, le président a, en effet, reçu un accueil enthousiaste de la population, que ce soit au Ghana le premier jour, où mercredi à Dal Diam, un petit village sénégalais où la foule lui a offert un boubou qu’il s’est empressé de porter, comme pour justifier le surnom dont l’avait affublé le matin même le quotidien «Le Soleil»: «Clinton l’Africain». Mission accomplie Le président avait, en outre, averti avant son départ que l’un de ses objectifs était de montrer au public américain un nouveau visage de l’Afrique, celui d’une Afrique qui fonce et réussit, aux antipodes de la famine somalienne ou du génocide rwandais. La mission a été accomplie. La question est évidemment de savoir ce qui restera dans un an des intentions de la Maison-Blanche et de ses promesses de bâtir un «partenariat» mettant sur un pied d’égalité les pays africains. Reste aussi un bilan politique très mitigé, même si M. Berger a minimisé l’opposition sud-africaine à la Loi sur la croissance et l’opportunité en Afrique, affirmant qu’«à l’exception du président Mandela, tous les leaders que nous avons rencontrés ont souligné combien cela était important pour eux, combien ils y croyaient». Les Etats-Unis estiment, par exemple, que le vice-président Thabo Mbeki, qui succédera l’an prochain à M. Mandela, est nettement moins hostile que lui à cette loi, qui promet des avantages commerciaux aux pays africains, mais à condition qu’ils appliquent les recettes économiques ultra-libérales du FMI. Dans la pratique, même dans les pays les mieux disposés vis-à-vis de cette initiative, un certain malaise est toutefois perceptible face à la préférence donnée par les Etats-Unis au commerce — où le rapport de force leur est évidemment favorable — par rapport à l’aide publique. Comme l’affirmait «Le Soleil», «il ne sera pas aisé aux Etats-Unis de convaincre, tant qu’ils seront soupçonnés à bon droit de vouloir capitaliser sans bourse délier le reflux européen». Bill Clinton l’a d’ailleurs implicitement admis, puisqu’il a modifié son discours durant le voyage, son message étant désormais que le commerce n’exclut pas l’aide publique. La RDC et le Nigeria ont été la source de deux autres échecs durant cette tournée. M. Clinton a rencontré M. Kabila à Entebbe (Ouganda), mais celui-ci n’a rien cédé, conscient que les moyens de pression des Américains sont très réduits. Même chose dans le cas du Nigeria, puissance régionale mais grande absente de la tournée. Les propos belliqueux du secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires africaines, Susan Rice — qui avait déclaré le 12 mars que les Etats-Unis considéreraient «inacceptable» que le général Abacha se présente à l’élection présidentielle du 1er août, même comme civil — se sont avérés des rodomontades. (AFP)
La tournée en Afrique noire du président américain Bill Clinton, qui s’est achevée jeudi soir au Sénégal, a été un énorme succès populaire et médiatique, mais son bilan apparaissait très mince à court terme sur le plan politique et diplomatique. L’opposition de l’Afrique du Sud, l’une des deux principales puissances régionales du continent, à la «Loi sur la croissance et l’oportunité en Afrique» et ses très sérieuses réserves sur le fonctionnement d’une force africaine de maintien de la paix — les deux axes de la politique africaine de Washington — constituent la principale ombre au tableau. M. Clinton, dont la venue avait été précédée par de sévères avertissements lancés au leader de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), Laurent-Désiré Kabila, n’a pu obtenir de ce...