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Actualités - Chronologie

Criminalité - Les Namans d'Abidjan à l'oeuvre La bourse ou le cellulaire?

Le téléphone cellulaire, symbole de réussite sociale à Abidjan où l’on compte plus de 60 000 abonnés, suscite les convoitises des voleurs à la tire de la capitale économique ivoirienne. Selon les trois compagnies officiellement agréées sur ce marché en pleine expansion, dans un continent où les lignes téléphoniques traditionnelles sont notoirement insuffisantes, plus de deux cents appareils seraient dérobés chaque semaine à Abidjan. Chez «Loteny Telecel», on enregistre environ 30 cas par jour; ses concurrents «Ivoiris» et «Comstar» avancent des chiffres plus modestes. Aucune statistique officielle n’est disponible pour l’instant. Il s’agit le plus souvent de vols à l’arraché, principalement dans les véhicules bloqués, vitres ouvertes aux carrefours ou dans les embouteillages. «C’est souvent le même scénario. Un gamin s’approche et fait la grimace, en vous proposant des essuie-glaces ou des journaux. un autre arrache le cellulaire», raconte Guillaume Traoré, responsable du service clientèle de Loteny. «Madame, dans les taxis, on ne téléphone pas de la main droite», conseille un chauffeur à sa passagère. «On arrache et on court», résume un policier pour décrire la «stratégie» des voleurs. Selon les compagnies de téléphonie mobile, il n’existerait pas de réel réseau de revente des appareils dérobés, même si certaines boutiques ayant pignon sur rue n’hésitent pas à proposer des portables à prix défiant toute concurrence, sans notice ni garantie, et payables uniquement en liquide. Selon les vendeurs, il s’agirait d’appareils «achetés en France par des particuliers», ou délaissés par leurs propriétaires qui «préfèrent se procurer le dernier cri». Pagne et mapouka Alors que le prix de l’appareil, fortement taxé, tourne autour de 300 000 F CFA (l’équivalent de 500 dollars) en Côte d’Ivoire, il n’est pas rare de trouver sur le marché des téléphones à moins de 100.000 F CFA. Les «Namans» (enfants des rues en nouchi, l’argot des faubourgs d’Abidjan) se font fort de trouver des appareils bradés à 30 000 ou 40 000 F CFA. «Avec le chargeur, c’est un peu plus cher». «Il n’a pas souffert pour l’avoir, il peut baisser son prix», dit-il de son copain un gamin des rues du Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan. D’un air malicieux, il exhibe la carte de visite d’un homme d’affaires français qui lui a «commandé» un appareil «à moins de 100 000, quelle que soit la marque». «Il sait pourtant bien que je ne fabrique pas de téléphones et que c’est du vol», commente-t-il, en jurant n’avoir jamais cédé à la tentation. Les compagnies de téléphone mobiles recommandent désormais à leurs clients de conserver les numéros de série de leurs appareils et d’utiliser un code... Il en coûtera un peu plus cher au «receleur» pour faire décoder le téléphone, avant de l’offrir à sa dulcinée: à Abidjan, les jeunes filles raffinées et frimeuses sont appelées «Go cellulaires», go signifiant jeune fille en nouchi. Il y a aussi le «Pagne cellulaire», très à la mode avec son motif aux touches digitales colorées, ou le «mapouka cellulaire», adaptation moderne d’une danse traditionnelle en vogue dans les boîtes de nuit. Les cellulaires sonnent en permanence, dans les maquis (petits restaurants de Côte d’Ivoire), les cinémas, mais aussi les mosquées ou les cimetières, à la grande indignation des anciens. Un engouement qui fait tourner bien des têtes. Plusieurs journaux ivoiriens ont rapporté l’histoire d’un policier qui aurait dérobé le cellulaire d’une conductrice française lors d’un contrôle de routine. Le représentant des forces de l’ordre qui niait les faits, aurait été confondu lorsqu’un petit malin, composant le bon numéro, a fait sonner la poche du policier. Le commissariat d’Adjamé, quartier populaire d’Abidjan où le policier aurait été interpellé, s’est refusé à confirmer ou infirmer cette anecdote.
Le téléphone cellulaire, symbole de réussite sociale à Abidjan où l’on compte plus de 60 000 abonnés, suscite les convoitises des voleurs à la tire de la capitale économique ivoirienne. Selon les trois compagnies officiellement agréées sur ce marché en pleine expansion, dans un continent où les lignes téléphoniques traditionnelles sont notoirement insuffisantes, plus de deux cents appareils seraient dérobés chaque semaine à Abidjan. Chez «Loteny Telecel», on enregistre environ 30 cas par jour; ses concurrents «Ivoiris» et «Comstar» avancent des chiffres plus modestes. Aucune statistique officielle n’est disponible pour l’instant. Il s’agit le plus souvent de vols à l’arraché, principalement dans les véhicules bloqués, vitres ouvertes aux carrefours ou dans les embouteillages. «C’est souvent le...