C’est un vrai film à suspense qui attend les amateurs de Formule un dimanche sur le circuit de Suzuka : quatre-vingt dix minutes au cours desquelles sera livré le nom du champion du monde 1998. À l’issue d’une saison échevelée, quatre points seulement séparent les deux premiers rôles, le Finlandais Mika Hakkinen, leader, de son coriace rival Michael Schumacher. Un trop faible écart qui fait travailler d’arrache-pied les scénaristes de ce thriller japonais. Si Hakkinen gagne ou termine deuxième, il sera sacré quel que soit le résultat de Schumacher. S’il termine 3e, 4e ou 5e, et que Schumacher ne l’emporte pas, le Finlandais s’imposera encore. Si Schumacher s’impose et relègue son rival à la troisième place, s’il finit la course en tête ou deuxième et que le Finlandais abandonne, l’Allemand offrira à Ferrari ce titre tant convoité qui lui échappe depuis 1979. Aucune certitude ne peut pourtant étayer telle ou telle hypothèse. La saison a prouvé que rien n’était gagné d’avance et les armes des deux principaux acteurs sont désormais aussi bien affûtées l’une que l’autre. Ferrari a résisté Au vu de leurs premiers résultats (cinq victoires sur six Grands Prix), les McLaren semblaient devoir enlever le titre à mi-saison, tant leur avance technologique était flagrante. Le tournant survint le 7 juin, au Grand Prix du Canada. Hakkinen est trahi par la mécanique, Schumacher s’impose pour la deuxième fois de la saison, après sa victoire à Buenos Aires qui devait encore beaucoup au hasard. L’Allemand récidive quinze jours plus tard à Magny-Cours, puis sous la pluie à Silverstone. En trois Grands Prix, «Schumi» a réduit son écart de 22 à deux points sur le Finlandais. Ce dernier reprend la main en Autriche puis en Allemagne, mais Schumacher résiste et s’impose en Hongrie, puis, après la parenthèse de Spa marquée par la sortie de piste des leaders, Ferrari réussit le doublé historique de Monza, sur ses terres le 13 septembre. La Scuderia est plus confiante que jamais. Hakkinen semble trop nerveux, paie des mauvais choix de course. Schumacher fait parler son expérience de double champion du monde. Pourtant, sur le Nurburgring, dernier Grand Prix avant Suzuka – le Grand Prix du Portugal ayant été annulé pour raisons de sécurité – Mika Hakkinen revient métamorphosé, plein de sang-froid et d’une maîtrise qui n’a rien à envier à celle de son adversaire. «Hakkinen a réalisé une superbe course, une des plus belles de sa carrière», reconnaîtra d’ailleurs Jean Todt, le directeur sportif de Ferrari, artisan du renouveau de la Scuderia. La bataille des pneus Après quinze épreuves, le championnat n’a donc pas voulu rendre son verdict. Les deux pilotes font à peu près jeu égal. Schumacher le virtuose contre Hakkinen le gestionnaire. Schumacher la hargne contre Hakkinen le mystérieux. Le pilote allemand est plus fort dans les dépassements, dans la bagarre. Mais la médaille a son revers : il peut aussi perdre ses moyens, comme l’a prouvé son geste unanimement réprouvé lors du Grand Prix de Jerez l’an dernier, où Jacques Villeneuve jouait le rôle de Hakkinen. L’Allemand, sentant la course lui échapper, avait tenté de sortir le Canadien d’une touchette. C’est lui qui finira dans les graviers. Côté voitures, la MP4-13 de McLaren est supérieure à la F300 de Ferrari en puissance et en aérodynamique. Elle est notamment archifavorite des essais, et donc pour la pole-position.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est un vrai film à suspense qui attend les amateurs de Formule un dimanche sur le circuit de Suzuka : quatre-vingt dix minutes au cours desquelles sera livré le nom du champion du monde 1998. À l’issue d’une saison échevelée, quatre points seulement séparent les deux premiers rôles, le Finlandais Mika Hakkinen, leader, de son coriace rival Michael Schumacher. Un trop faible écart qui fait travailler d’arrache-pied les scénaristes de ce thriller japonais. Si Hakkinen gagne ou termine deuxième, il sera sacré quel que soit le résultat de Schumacher. S’il termine 3e, 4e ou 5e, et que Schumacher ne l’emporte pas, le Finlandais s’imposera encore. Si Schumacher s’impose et relègue son rival à la troisième place, s’il finit la course en tête ou deuxième et que le Finlandais abandonne, l’Allemand offrira...