Avec The Avengers (de Jeremiah Chechik), The X-Files (de Rob Bowman) est le dernier exemple de série T.V. portée à l’écran. L’occasion pour nous d’apprécier le travail effectué lors de l’adaptation au cinéma de certaines séries cultes. A l’exception de X-Files, la plupart d’entre elles proviennent des années 60 et 70. Après avoir bénéficié d’une ascension fulgurante qui en a fait rapidement l’une des séries les plus populaires de l’histoire, The X-Files débarque au cinéma avant même d’avoir quitté le petit écran. La transition risque cependant d’être délicate. La série s’adresse d’une part à un public de jeunes, qui préfèrent de loin rester chez eux, derrière un ordinateur, plutôt que de s’aventurer dans les salles obscures. D’autre part, les fans apprécient la série pour la complexité de ses intrigues ainsi que pour sa dimension cryptique, ne s’adressant qu’à un cercle d’initiés. Or, le film, dans une certaine mesure, a simplifié l’écheveau de son intrigue afin de viser un public plus large. Une affaire à suivre, donc... De 1966 à 1973, Mission Impossible bénéficiait d’un succès sans précédent sur les chaînes d’outre-Atlantique. Au cœur de la Guerre Froide, elle offrait une vision complexe mais cohérente de la politique américaine en matière d’espionnage, servant indirectement à des fins idéologiques. On était loin des revirements pragmatiques ou des crimes de l’Oncle Sam. Il suffisait aux protagonistes d’effectuer leur mission en temps requis, pour que tout rentrât dans l’ordre. En portant la série à l’écran, en 1996, Brian de Palma comprit que la société avait changé. L’univers dans lequel évoluait Tom Cruise ressemblait davantage à celui de X-Files qu’à une simple guerre de tranchées. Pour notre héros, le danger venait maintenant de l’intérieur, c’est-à-dire de son propre camp. En conséquence, le film rapporta plus de 450 millions de dollars. Pratiquement à la même époque (1964-66), The Adams Family offrait au public américain un contrepoids au conformisme oppressant des années 60. Sous le couvert de l’humour, les protagonistes se livraient à toutes sortes de manifestations macabres, sadomasochistes ou nihilistes. Gomez et Morticia Addams, de leur côté, vivaient une relation purement érotique. Dans son adaptation de 1991, Barry Sonnenfeld s’amusa à recréer l’univers loufoque des Adams, mais en l’amplifiant davantage. L’interaction avec le monde extérieur fut réduite à son minimum. A l’image de cette fin de siècle, le vice et la déraison, depuis longtemps acceptés, étaient appréciés dans leurs dimensions esthétiques. Bien qu’il fût un succès énorme entre 1963 et 1967, The Fugitive disparut lentement des mémoires les années qui suivirent. Son adaptation au cinéma, en 1993, avec Harrison Ford et Tommy Lee Jones dans les rôles principaux, ne s’adressait guère au spectateur nostalgique. Il est vrai qu’on y retrouvait l’atmosphère oppressante de la série, mais il s’agissait avant tout d’un bon film d’action, dénué de parodie ou démarcage, et s’appuyant sur un scénario solide. Le public apprécia. Les recettes du film dépassèrent 350 millions de dollars. (Source: Sight and Sound).
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