Le président russe Boris Eltsine a prévenu vendredi qu’il était prêt à dissoudre la Douma (Chambre basse du Parlement) si celle-ci refusait d’entériner son choix du libéral Sergueï Kirienko comme premier ministre. M. Eltsine a indiqué dans un message radiodiffusé à la nation qu’il avait soumis la candidature de ce jeune technocrate inconnu du grand public à l’approbation de la Douma, dominée par l’opposition communiste et nationaliste. Le chef d’Etat a pratiquement mis le couteau sous la gorge des députés, en les avertissant qu’ils risquaient la dissolution s’ils rejetaient son choix. «Je ne menace pas. Je dis seulement en tant que président: Economisez votre temps. Confirmez au plus vite (M. Kirienko). Si (vous ne le faites pas) au premier tour, ni au second, ni au troisième, la quatrième fois ce sera la dissolution», a déclaré M. Eltsine, s’exprimant cette fois devant quelques journalistes russes. Les communistes — première force de la Douma avec 147 des 450 sièges — ont dénoncé le «chantage» pratiqué par M. Eltsine, mais ils n’ont pas dit clairement comment ils comptaient y répondre. «Je ne peux pas parler pour l’ensemble du parti, mais moi, personnellement, je voterai non lors du premier vote, du deuxième et du troisième», a indiqué le numéro deux du groupe communiste Valentin Kouptsov. Le groupe communiste discutera de sa position la semaine prochaine, et la Douma examinera «sans doute» la candidature de M. Kirienko le 3 avril, selon le président communiste de l’Assemblée, Guennadi Seleznev. L’opposition, qui domine la Douma depuis 1993, s’est toujours gardée à ce jour d’aller jusqu’à la confrontation ouverte avec le président russe, dont elle est loin d’égaler les pouvoirs. Boris Eltsine a indiqué que le choix de M. Kirienko — qui a derrière lui en tout et pour tout une année d’expérience ministérielle — visait à accélérer les réformes en Russie. Profonds remerciements «Les réformes ont quelque peu ralenti dans notre pays. Il faut leur donner un nouveau souffle», a déclaré le président. Boris Eltsine s’est félicité de ce que M. Kirienko soit «un technocrate qui n’est lié à aucun parti ni mouvement», et il a prévenu que «beaucoup» de ministres du précédent gouvernement ne retrouveraient pas leur poste. Le précédent cabinet, formé il y a un an, s’était peu à peu enlisé dans les conflits de personnalités et de tendances. M. Eltsine en a déjà écarté deux des personnalités les plus opposées, le réformateur libéral Anatoli Tchoubaïs, et le ministre sortant de l’Intérieur Anatoli Koulikov. Sergueï Kirienko était arrivé au gouvernement comme vice-ministre de l’Energie en mars dernier, avant de devenir ministre de plein rang en novembre. La bourse de Moscou a réagi «positivement» à sa candidature, gagnant un point et demi en milieu de journée, selon Gary Kinsey de l’agence de courtage Brunswick. La plupart des personnalités pro-gouvernementales confirmaient cet optimisme en estimant que la Douma finirait par approuver la candidature de M. Kirienko, même si un premier rejet de sa candidature est possible. Les députés sont «sur le fil du rasoir», a souligné Alexandre Chokhine, chef du groupe pro-gouvernemental Notre Maison la Russie cité par l’agence Interfax. «Je pense que la candidature de Kirienko va passer, non pas parce qu’il plaît à la Douma, mais parce que les communistes (…) savent qu’en cas d’élections (anticipées) dans trois ou quatre mois, ils perdraient leur influence», a estimé l’homme d’affaires Boris Berezovski, proche du Kremlin. Sergueï Kirienko a en tout cas affiché sa confiance, en s’installant vendredi dans le bureau du premier ministre au siège du gouvernement. Ce fauteuil avait été occupé pendant plus de cinq ans par Viktor Tchernomyrdine, remercié lundi par M. Eltsine avec l’ensemble de son gouvernement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président russe Boris Eltsine a prévenu vendredi qu’il était prêt à dissoudre la Douma (Chambre basse du Parlement) si celle-ci refusait d’entériner son choix du libéral Sergueï Kirienko comme premier ministre. M. Eltsine a indiqué dans un message radiodiffusé à la nation qu’il avait soumis la candidature de ce jeune technocrate inconnu du grand public à l’approbation de la Douma, dominée par l’opposition communiste et nationaliste. Le chef d’Etat a pratiquement mis le couteau sous la gorge des députés, en les avertissant qu’ils risquaient la dissolution s’ils rejetaient son choix. «Je ne menace pas. Je dis seulement en tant que président: Economisez votre temps. Confirmez au plus vite (M. Kirienko). Si (vous ne le faites pas) au premier tour, ni au second, ni au troisième, la quatrième fois ce...