Objectif atteint pour la Conférence sur l’eau et le développement durable, qui s’est déroulée à Paris de jeudi à samedi: ses participants ont approuvé la déclaration finale et conçu un programme d’actions prioritaires, sur dix ans, inaugurant ainsi un véritable «nouvel ordre mondial» de l’eau. Quatre-vingt-quatre pays et plus de 1.200 personnes ont participé, au siège de l’UNESCO, à cette réunion internationale proposée en juin 1997 par le président français Jacques Chirac. Le programme d’actions prioritaires 2000-2010 pour une meilleure gestion des ressources en eau sera soumis aux Etats membres lors de la prochaine session de la Commission du développement durable des Nations Unies, le 20 avril prochain à New York. Cette conférence, qui s’est déroulée selon le communiqué final «dans un excellent climat traduisant une réelle volonté de coopération internationale», a permis d’aborder des sujets réputés difficiles et de faire émerger une «éthique» et des concepts nouveaux, qui pourront être plus facilement traités dans les «enceintes» internationales. C’est ainsi que les participants ont admis qu’on pouvait parler des eaux douces transfrontalières (plus de 210 fleuves dans le monde) et de leur gestion «partagée», dès lors qu’était pris en compte l’intérêt des pays concernés. Cette question fondamentale était jusqu’à présent exclue du débat international. Il en va de même pour le «dogme» de la gratuité de l’eau, «don du ciel». Il faut rappeler que, trop souvent, ce sont les plus pauvres qui paient le plus cher leurs maigres quantités d’eau. A New Delhi, par exemple, les sommes dépensées en «système D» (porteurs d’eau...), pour pallier les carences du système collectif, permettraient de financer un vrai service efficace de distribution. «Pollueur-payeur» Le premier ministre français, Lionel Jospin, s’est d’ailleurs félicité, que l’on ait renoncé à cette «vieille croyance». Il a fait néanmoins valoir que l’eau ne pouvait «pas entrer dans une pure logique de marché régulé seulement par le jeu de l’offre et de la demande». L’intérêt de la «gestion intégrée par bassins versants» a été également souligné. Il permet de concilier une meilleure protection de l’environnement et la satisfaction rationnelle et équitable des besoins en eau. La conférence de Paris a aussi proposé d’approfondir les recherches sur les relations entre l’eau, la santé, la sécurité alimentaire et la pauvreté. Un accent particulier a été mis sur les eaux souterraines, thème, dimanche, de la Journée mondiale de l’eau. Le principe «pollueur-payeur» a été également validé ainsi que le rôle majeur qui doit être donné à la société civile (participation des usagers, des collectivités...). Ses initiatives doivent être encouragées et coordonnées. Enfin, il a été admis qu’une bonne gestion de l’eau est source d’économie pour tous les utilisateurs. Le recouvrement des coûts de fonctionnement des services de l’eau est également possible, ont assuré les participants, dès lors que peuvent être appliqués des correctifs sociaux pour les plus démunis. Ainsi, mobilisation des investissements privés, et accès à l’eau potable des plus pauvres, n’apparaissent plus inconciliables. Il s’agit désormais de passer des paroles aux actes. La France, comme le rappelait vendredi M. Chirac, sera particulièrement attentive au suivi du plan d’actions prioritaires. Rendez-vous est donc pris en l’an 2000, à La Haye, pour une première évaluation de ce programme. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Objectif atteint pour la Conférence sur l’eau et le développement durable, qui s’est déroulée à Paris de jeudi à samedi: ses participants ont approuvé la déclaration finale et conçu un programme d’actions prioritaires, sur dix ans, inaugurant ainsi un véritable «nouvel ordre mondial» de l’eau. Quatre-vingt-quatre pays et plus de 1.200 personnes ont participé, au siège de l’UNESCO, à cette réunion internationale proposée en juin 1997 par le président français Jacques Chirac. Le programme d’actions prioritaires 2000-2010 pour une meilleure gestion des ressources en eau sera soumis aux Etats membres lors de la prochaine session de la Commission du développement durable des Nations Unies, le 20 avril prochain à New York. Cette conférence, qui s’est déroulée selon le communiqué final «dans un excellent...