Inde : Vajpayee à la tête d'un cabinet de 42 ministres (photo)
le 20 mars 1998 à 00h00
Atal Behari Vajpayee, 71 ans, est devenu jeudi premier ministre de l’Inde, à la tête d’un gouvernement nationaliste hindou dont les analystes estiment que la rhétorique dure ne devrait pas être traduite dans les faits. M. Vajpayee, leader du BJP (Parti du peuple indien, droite nationaliste), a prêté serment devant le président K.R. Narayanan, jurant «au nom de Dieu» de respecter la constitution, de défendre l’intégrité de l’Inde, d’œuvrer «sans peur et sans favoritisme». Il est le treizième premier ministre de la plus grande démocratie du monde depuis son indépendance en 1947. Il avait déjà été brièvement chef du gouvernement en 1996, mais son cabinet était tombé au bout de 13 jours faute de soutien. En habit traditionnel indien, longue tunique beige sur pantalon bouffant blanc, M. Vajpayee a prêté serment lors d’une cérémonie en plein air, au bas des marches du palais présidentiel qui fut celui du vice-roi britannique des Indes. Ses 42 ministres ont ensuite un à un juré fidélité à la constitution, notamment L.K. Advani, président du BJP, considéré comme la face radicale d’un parti accusé de sectarisme antimusulman et de vouloir porter atteinte à la laïcité de l’Inde. Les attributions de ces ministres ont été annoncées plus tard dans la journée. Parmi eux figurent deux musulmans, mais aussi des membres d’une organisation militante hindoue, le RSS (Corps national des volontaires). M. Vajpayee gouvernera à la tête d’une coalition de 17 partis et personnalités alliés ne disposant pas de la majorité absolue au Lok Sabha (Assemblée du peuple). Il doit se soumettre avant le 29 mars à un vote de confiance, qu’il devrait remporter grâce à des abstentions. Contradictions Les analystes ne donnent cependant à son gouvernement, le cinquième en Inde en deux ans, pas plus de 18 mois, compte tenu des contradictions entre de multiples alliés dont peu partagent l’idéologie du BJP. M. Vajpayee a déjà dû édulcorer ses ambitions. Son «programme national de gouvernement» ne fait pas état de promesses de construction d’un temple sur les ruines d’une mosquée rasée par des fanatiques hindous en 1992, de suppression du statut spécial du Cachemire à majorité musulmane et d’uniformisation des codes civils. En revanche, il est prévu le développement s’il le faut d’un arsenal nucléaire et une adaptation de la libéralisation économique avec certaines mesures d’inspiration protectionniste. M. Vajpayee a expliqué après sa prestation de serment que le processus de réformes engagé en 1991 après quarante ans d’étatisme devait être réformé pour avoir «un meilleur visage, le visage du peuple». Il a également promis des «relations amicales» avec le Pakistan voisin et rival, considéré comme ayant aussi les moyens d’avoir des armes nucléaires et qui a émis des craintes à l’égard des nationalistes hindous. La composition exacte du gouvernement devait donner plus d’indications sur la politique qui sera suivie, notamment en matière économique. On s’attendait à ce que le ministère des Finances soit attribué à Jaswant Singh, considéré comme favorable aux réformes, ce qui devrait rassurer quelque peu les investisseurs étrangers. M. Vajpayee doit cumuler ses fonctions avec celle de ministre des Affaires extérieures, et M. Advani avoir le poste tout-puissant de ministre de l’Intérieur. La plupart des analystes estiment que les déclarations fortes concernant le nucléaire ou l’économie ne sont que rhétorique tentant de montrer que la coalition est forte et pourra tenir plus longtemps que les précédentes. Ils doutent que l’Inde en arrivera à se doter d’un arsenal atomique ou à violer des règles commerciales internationales, au risque de sanctions. (AFP)
Atal Behari Vajpayee, 71 ans, est devenu jeudi premier ministre de l’Inde, à la tête d’un gouvernement nationaliste hindou dont les analystes estiment que la rhétorique dure ne devrait pas être traduite dans les faits. M. Vajpayee, leader du BJP (Parti du peuple indien, droite nationaliste), a prêté serment devant le président K.R. Narayanan, jurant «au nom de Dieu» de respecter la constitution, de défendre l’intégrité de l’Inde, d’œuvrer «sans peur et sans favoritisme». Il est le treizième premier ministre de la plus grande démocratie du monde depuis son indépendance en 1947. Il avait déjà été brièvement chef du gouvernement en 1996, mais son cabinet était tombé au bout de 13 jours faute de soutien. En habit traditionnel indien, longue tunique beige sur pantalon bouffant blanc, M. Vajpayee a prêté...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.