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Actualités - Chronologie

Dédicace, place au monde de l'imaginaire (photo)

Quand on demande à Wadih Audi, propriétaire de la Librairie Dédicace, où en est la lecture au Liban aujourd’hui, il nous répond perplexe: «C’est la première année où l’on sent vraiment la crise. Le triplement de la taxe et le gonflement des frais de transport ont obligé les libraires à appliquer, pour la première fois depuis des décennies, une tabelle de 10% sur le prix des livres importés, ce qui les a privés d’un certain nombre de lecteurs. Ceux-ci n’ont pas, pour autant, abandonné la lecture mais se sont tournés vers les foires et les salons où les libraires sont obligés de vendre leurs livres en proposant des escomptes. Or cette situation fragilise les libraires, d’autant qu’ils sont obligés d’avoir en permanence un stock aussi lourd que divers et récent. «Pour un grand nombre de Libanais, le livre est en train de devenir de plus en plus un ‘produit’ de connaissance réservé aux étudiants, aux universitaires et à certains professionnels exigeants. A mon avis, la connaissance n’est pas la finalité unique ni primordiale du livre. Le livre est un moyen idéal de développer la part d’imaginaire indispensable chez toute personne, et les Libanais devraient réapprendre à trouver le temps de se détendre grâce à ce média(teur) exceptionnel que constitue le livre. Pour ceux qui prétendent ne pas avoir le temps de lire, je rappellerais volontiers que les plus grands lecteurs dans le monde sont généralement de gros consommateurs de presse et plus particulièrement de magazines ‘mondains’. Or avec l’argent dépensé, ils auraient pu acquérir une bibliothèque de qualité». À la question de savoir si l’anglais est en train de prendre la place du français dans le choix des lecteurs libanais, Wadih Audi répond: «L’anglais a acquis depuis longtemps sa réputation d’‘efficacité’ dans le monde des affaires, mais sur le plan de la culture, il connaît une crise encore plus profonde que le français et Internet, et les autres moyens de communications sont en train de lui porter un coup fatal. De plus, chaque lecteur français que nous perdons ne se tourne pas nécessairement vers l’anglais». Wadih Audi précise alors la spécificité de la Librairie Dédicace: «Celle-ci est connue pour avoir le plus rapidement possible toutes les nouveautés dont on parle. Je prends personnellement en charge la diffusion de celles-ci grâce à des articles et surtout des marques-pages trimestriels précisant mon choix des meilleurs livres parus. Le choix d’un personnel qualifié et la tradition de l’hospitalité ‘à la libanaise’ (on offre le café, on prend le temps de répondre à toutes les attentes d’une clientèle libre de flâner et surtout de toucher librement les livres sans être importunée) viennent d’ailleurs confirmer cette volonté de redonner sa place au plaisir de lire».
Quand on demande à Wadih Audi, propriétaire de la Librairie Dédicace, où en est la lecture au Liban aujourd’hui, il nous répond perplexe: «C’est la première année où l’on sent vraiment la crise. Le triplement de la taxe et le gonflement des frais de transport ont obligé les libraires à appliquer, pour la première fois depuis des décennies, une tabelle de 10% sur le prix des livres importés, ce qui les a privés d’un certain nombre de lecteurs. Ceux-ci n’ont pas, pour autant, abandonné la lecture mais se sont tournés vers les foires et les salons où les libraires sont obligés de vendre leurs livres en proposant des escomptes. Or cette situation fragilise les libraires, d’autant qu’ils sont obligés d’avoir en permanence un stock aussi lourd que divers et récent. «Pour un grand nombre de Libanais, le...