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Actualités - Chronologie

Ces malades qui ont été à la tête du Kremlin (photos)

Le président russe Boris Eltsine, dont la santé est de plus en plus faible et dont les apparitions au Kremlin sont devenues sporadiques, s’inscrit dans la lignée de prédécesseurs qui ont dirigé l’Union soviétique en n’étant plus parfois que l’ombre d’eux-mêmes. M. Eltsine, qui se remet d’une broncho-trachéite, est apparu fatigué vendredi à la télévision alors que le Kremlin s’est employé à minimiser le fait que la prochaine visite du président à Vienne ait été raccourcie à une seule journée. Sur les images de la télévision russe, M. Eltsine a le visage bouffi, il parle lentement d’une voix enrouée. «C’est dans la tradition de l’ancienne nomenklatura communiste, et Eltsine en est, de rester au pouvoir jusqu’à la dernière minute», estime le politologue Evgueni Volk de la Fondation Héritage. Depuis sa réélection à l’été 1996, Boris Eltsine, 67 ans, victime de plusieurs incidents cardiaques dont un entre les deux tours de la présidentielle et opéré d’un quintuple pontage coronarien en novembre 1996, n’a fait qu’alterner les passages au Kremlin avec des séjours en maisons de repos ou en résidences de campagne. Sa dernière maladie, une broncho-trachéite, s’est accompagnée de curieuses absences que le Kremlin n’a pas réussi à cacher à la presse, relançant les spéculations sur les capacités de M. Eltsine à s’occuper des affaires de l’État. Mais malgré les appels de toute part à la démission du président avant terme (en l’an 2000), M. Eltsine s’accroche au Kremlin envers et contre tous. Le quotidien Vremia ironise cette semaine en titrant un article «l’état de santé de Eltsine est meilleur que celui de ses prédécesseurs». À commencer par Lénine grièvement malade les deux dernières années de sa vie mais resté à la tête de l’État jusqu’à sa mort le 21 janvier 1924. Arrivé au pouvoir en octobre 1917, il est victime d’une crise d’artériosclérose dès 1921 avant de sombrer à partir de 1922. «Ses camarades étaient témoins de crises d’une rare méchanceté», écrit Vremia. Ou bien encore: «Un jour il passe trois heures à tenter de multiplier 12 par 7». En 1923, Lénine est terrassé par une attaque d’apoplexie qui le laisse aphasique jusqu’à son décés à l’âge de 53 ans, selon la version officielle. Selon de nombreux historiens, le père de la révolution est en réalité mort dément, le cerveau atteint par la syphilis. Staline, mort officiellement d’une hémorragie cérébrale à l’âge de 74 ans, le 5 mars 1953, souffrait, selon les psychiatres, de paranoïa. Mais faire un tel diagnostic à l’époque était un danger mortel pour les médecins. L’hypothèse d’un décès à l’issue d’une grave maladie a également été soulevée mais les circonstances exactes de sa disparition sont toujours restées un mystère. Son successeur 11 ans plus tard, Léonid Brejnev, est resté au pouvoir jusqu’au dernier souffle près de 18 années dont les sept dernières ont été marquées par la maladie. Victime d’un infarctus en 1976, il est resté par la suite sous l’étroite surveillance de ses médecins, alternant comme M. Eltsine, les périodes de bonne forme et de défaillance. Pour finir décrit «comme un homme qui aimait les médailles mais ne pouvait pas parler», selon Vremia. À tel point que sa mort avait été prématurément annoncée à plusieurs reprises. «À la fin il ne voulait plus rester au pouvoir. Il suppliait son entourage de prendre sa retraite mais il a été forcé de rester comme couverture d’un pouvoir qui fonctionnait très bien tout seul», rappelle le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Itogui, Sergueï Parkhomenko. Les deux secrétaires généraux du Parti communiste de l’Union soviétique qui ont suivi ont fait des passages aussi courts que remarqués par leur piètre état de santé. Iouri Andropov n’est plus apparu en public neuf mois après être devenu numéro 1 soviétique le 12 novembre 1982. Victime officiellement d’un «simple refroidissement», il s’éteint le 9 février 1984. «Andropov, déjà avant d’être nommé Secrétaire général du PCUS, souffrait d’une maladie des reins. Mais il a gardé l’esprit sain, à la différence de son successeur Konstantin Tchernenko qui gouvernait le pays comme un homme dans le coma», écrit Vremia. Tchernenko ne reste au pouvoir que 13 mois, mort le 10 mars 1985 à 73 ans «d’une longue maladie», selon le PCUS, d’une emphysie pulmonaire incurable selon des médecins occidentaux cités alors. De lui, le monde garde l’image d’une momie levant la main au-dessus du mausolée de Lénine lors des défilés sur la Place rouge. «Alors, comparé à eux, Eltsine fait figure de sportif à la retraite», conclut Vremia.
Le président russe Boris Eltsine, dont la santé est de plus en plus faible et dont les apparitions au Kremlin sont devenues sporadiques, s’inscrit dans la lignée de prédécesseurs qui ont dirigé l’Union soviétique en n’étant plus parfois que l’ombre d’eux-mêmes. M. Eltsine, qui se remet d’une broncho-trachéite, est apparu fatigué vendredi à la télévision alors que le Kremlin s’est employé à minimiser le fait que la prochaine visite du président à Vienne ait été raccourcie à une seule journée. Sur les images de la télévision russe, M. Eltsine a le visage bouffi, il parle lentement d’une voix enrouée. «C’est dans la tradition de l’ancienne nomenklatura communiste, et Eltsine en est, de rester au pouvoir jusqu’à la dernière minute», estime le politologue Evgueni Volk de la Fondation...