Le maître d’œuvre des réformes économiques chinoises, Zhu Rongji, a été élu mardi à la tête du gouvernement par l’Assemblée nationale populaire avec près de 98% des voix des délégués. Le «tsar» de l’économie chinoise, âgé de soixante-neuf ans, a obtenu 2.890 voix. Vingt-neuf délégués ont voté contre Zhu et 31 autres se sont abstenus. A l’annonce de son élection sans surprise — il était le seul candidat présenté par le président Jiang Zemin — un tonnerre d’applaudissements a retenti dans le Palais du peuple. Zhu Rongji succède comme prévu à Li Peng, élu la veille à la présidence du Parlement. «C’est un véritable vote de confiance des députés, a commenté un diplomate européen. Zhu a désormais carte blanche pour poursuivre ses réformes douloureuses, mais nécessaires, des entreprises d’Etat». Même si sa nomination ne faisait guère de doute, l’ampleur de sa victoire révèle un large soutien des députés chinois en faveur de réformes pourtant délicates: la restructuration des entreprises d’Etat a déjà coûté leur poste à 12 millions de salariés et celle de l’administration pourrait entraîner 4 millions de licenciements supplémentaires. La semaine dernière, le projet de suppression de 11 ministères sur 40 avait déjà été adopté avec 97,8% des voix. «Depuis 1993, Zhu a prouvé qu’il était un homme capable et un bon dirigeant, même si son style ne plaît pas à certains», a déclaré Priscilla Lau, député de Hong Kong, après le scrutin. Voie libre Vingt ans après le lancement des réformes de Deng Xiaoping, Zhu Rongji a désormais la voie libre pour éliminer les derniers vestiges de la planification socialiste héritée du maoïsme (1949-1976). Mais l’ouverture économique de la Chine et sa croissance astronomique ont aussi creusé les inégalités et érigé la corruption en mode de gestion, au point d’en faire l’une des principales causes des manifestations de Tiananmen en 1989. Depuis, le régime a mis la lutte contre la concussion en tête de ses priorités, mais n’a pu que régulièrement reconnaître son incapacité à enrayer le phénomène. «Les gens ne sont pas satisfaits du travail judiciaire qui a été accompli. Personne ne sait si le ministre des Chemins de fer sera capable de remplir sa nouvelle fonction» de procureur général, a expliqué un député de la province du Guangdong (sud). Selon des responsables du gouvernement chinois, 3,5 millions de fonctionnaires pourraient perdre leur emploi dès cette année. S’adressant au Parlement, Chen Qingtai, vice-ministre de la commission d’Etat de l’Economie et du Commerce, indiquait, lui, que le tiers, voire la moitié des emplois de fonctionnaire étaient improductifs. Devant le Parlement Les dirigeants des entreprises du secteur public ont, quant à eux, directement été prévenus par Zhu que l’incompétence serait désormais sanctionnée. «Nous ne pouvons pas mettre fin au déficit constant des entreprises d’Etat sans régler la question de leur encadrement et sans changer les structures de gestion obsolètes», a-t-il déclaré en marge de la session parlementaire à l’agence Chine nouvelle. «Certains cadres supérieurs ne ressentent pas la moindre culpabilité lorsque leurs entreprises accumulent de lourdes pertes. Comment ces entreprises pourraient-elles se redresser avec de telles personnes aux responsabilités?», ajoutait l’ancien maire de Shanghai. Les députés ont approuvé sans problème la nomination, avec 96,8% des voix, du ministre de la Justice, Xiao Yang, comme président de la Cour suprême. La contre-performance de Han Zhubin, 66 ans, peut s’expliquer aussi par son «parachutage» pour affiliation politique au numéro un chinois Jiang Zemin. «Il n’est pas qualifié pour le poste. Il a été choisi parce qu’il est l’homme de Jiang», a résumé un député de Hong Kong. Le Parlement a enfin réélu les membres de la Commission militaire centrale (CMC) de l’Etat, à l’exception des deux vétérans Liu Huaqing et Zhang Zhen, mis à la retraite. Cette commission, présidée par le numéro un chinois Jiang Zemin, est la réplique fidèle de la CMC du Parti communiste, qui détient elle les vrais pouvoirs sur l’armée. Jiang Zemin a été réélu lundi pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l’Etat, tandis que le premier ministre sortant Li Peng a pris la présidence de l’ANP. La composition du nouveau gouvernement doit être approuvée mercredi par le Parlement. (AFP, Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le maître d’œuvre des réformes économiques chinoises, Zhu Rongji, a été élu mardi à la tête du gouvernement par l’Assemblée nationale populaire avec près de 98% des voix des délégués. Le «tsar» de l’économie chinoise, âgé de soixante-neuf ans, a obtenu 2.890 voix. Vingt-neuf délégués ont voté contre Zhu et 31 autres se sont abstenus. A l’annonce de son élection sans surprise — il était le seul candidat présenté par le président Jiang Zemin — un tonnerre d’applaudissements a retenti dans le Palais du peuple. Zhu Rongji succède comme prévu à Li Peng, élu la veille à la présidence du Parlement. «C’est un véritable vote de confiance des députés, a commenté un diplomate européen. Zhu a désormais carte blanche pour poursuivre ses réformes douloureuses, mais nécessaires, des...