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Actualités - Interviews

Affaire Kathleen Willey : un témoignage dévastateur pour le président US (photo)

Une ancienne employée à la Maison-Blanche, Kathleen Willey, a déclaré pour la première fois publiquement devant des millions de téléspectateurs que le président Bill Clinton lui a fait en 1993 des avances sexuelles et qu’il a menti en affirmant le contraire. Mme Willey s’exprimait dans le cadre de l’émission «Sixty Minutes» sur la chaîne de télévision CBS, dans une interview pré-enregistrée. Elle a confirmé dans cette interview sa déposition sous serment faite le 10 janvier dernier dans le cadre de l’affaire Paula Jones, affirmant que M. Clinton l’a caressée et embrassée contre son gré dans un bureau à la Maison-Blanche alors qu’elle venait lui demander un emploi en raison d’une situation familiale dramatique. C’est la première fois que cette femme démocrate de 51 ans, ancienne hôtesse de l’air, s’exprime publiquement sur cette affaire, mais elle n’a jamais porté plainte contre le président Clinton. M. Clinton a «nié catégoriquement» ce récit des faits, affirmant dans sa propre déposition sous serment qu’il l’avait «peut-être embrassée sur le front» pour l’apaiser, mais qu’il n’y avait «rien de sexuel» à cela. Mais, interrogée pour savoir si le président Clinton avait menti, Mme Willey répond, catégorique: «Oui». Si cela était avéré, le président américain serait passible de poursuites pour parjure et d’une éventuelle procédure de destitution. Dans cette interview, Mme Willey explique avoir rencontré M. Clinton le 29 novembre 1993 dans le Bureau ovale, pour lui demander un emploi rémunéré en raison de graves difficultés personnelles. Elle travaillait auparavant comme bénévole, avait contribué à la campagne de collecte de fonds au profit du candidat Clinton en 1992, et se disait «une bonne amie» du président. «Je lui ai juste dit que mon mari était dans une situation financière difficile, que les choses en étaient arrivées à un point de crise (…) et que j’avais besoin d’un emploi rémunéré régulier et je voulais savoir s’il pouvait m’aider», a expliqué Kathleen Willey, aujourd’hui âgée de 51 ans. Faux message? C’est à la fin de l’entretien, affirme-t-elle, que les choses ont dégénéré. «Il m’a serrée dans ses bras et m’a dit qu’il était vraiment désolé pour ce qui m’arrivait, je n’y voyais rien de mal parce que chaque fois que je le voyais, il me serrait dans ses bras comme ça (…). Mais cette fois, ça a duré un peu plus longtemps que je le jugeais nécessaire», a-t-elle poursuivi. Ensuite, toujours selon Kathleen Willey, Bill Clinton l’a embrassée sur la bouche, lui a caressé les seins, a guidé la main de l’employée bénévole vers ses parties génitales en lui murmurant: «Je voulais faire ça depuis le jour où mes yeux se sont posés la première fois sur vous». «Je n’arrivais pas à croire ce qui s’était passé dans ce bureau, affirme Mme Willey dans ce grand déballage au ton grave et sobre. Je n’arrivais pas à croire à l’inconséquence de son comportement». «J’ai passé et repassé les événements dans ma tête de nombreuses fois», ajoute-t-elle. «Avais-je transmis un faux message? Le seul message dont j’ai fait part ce jour-là, c’est que j’étais très affectée» par la situation financière de ma famille, poursuit-elle. Mme Willey affirme, par ailleurs, que l’avocat du président, Robert Bennett, a tenté «de l’intimider», en lui suggérant qu’il ne s’était pas agi de «harcèlement sexuel». «L’insinuation, à mon avis, était que M. Bennett voulait faire comprendre que je pouvais avoir à faire face à des poursuites criminelles pour parjure», ajoute-t-elle. Mme Willey affirme encore avoir «fait le choix de ne pas porter plainte» parce qu’elle était «embarrassée par le comportement du président» et ne voyait aucun «bénéfice» a en tirer. «Je pense simplement que le temps est venu de raconter cette histoire, déclare Mme Willey. Il y a trop de mensonges… la vérité doit sortir». Elle n’avait jusqu’à présent jamais parlé à la presse et a longtemps refusé de s’expliquer, mais s’y était finalement attelée contrainte et forcée par la justice. Le principal intéressé a de nouveau démenti avoir fait des avances sexuelles à Kathleen Willey. «Comme le président l’a clairement déclaré sous serment et le réaffirme aujourd’hui, les allégations de Mme Willey ne sont tout simplement pas véridiques», a annoncé la présidence dans un communiqué publié après la diffusion sur CBS de l’entretien. «Il ne l’a pas touchée, et elle ne l’a pas touché, de quelque manière sexuelle que ce soit», poursuit le communiqué de la Maison-Blanche. «Perplexe» Lors de sa confrontation avec Paula Jones, le 17 janvier dernier à Washington, le président des Etats-Unis avait dit se souvenir avoir pris Willey dans ses bras pour la réconforter. «Je l’ai enlacée. J’ai mis mes bras autour d’elle. Je l’ai peut-être embrassée sur le front. Il n’y avait rien de sexuel», a-t-il déclaré dans sa déposition rendue publique vendredi dernier par les avocats de Paula Jones. Son avocat, Robert Bennett, a indiqué après la diffusion de l’interview que le président était «extrêmement perplexe» face aux affirmations de Kathleen Willey, qu’il démentait résolument. «Il n’arrive pas à comprendre pourquoi de telles choses peuvent être dites», a ajouté Bennett. Le témoignage de Kathleen Willey pourrait être particulièrement dévastateur pour M. Clinton, alors que le président américain est déjà attaqué sur plusieurs fronts pour ses frasques sexuelles supposées. Par son témoignage, et la crédibilité du personnage, Kathleen Willey risque ainsi de relancer la tempête autour du président, menacé par l’affaire Monica Lewinsky, une ancienne stagiaire de la Maison-Blanche avec laquelle il aurait eu une liaison entre 1995 et 1997. M. Clinton fait par ailleurs l’objet d’une enquête sur une possible obstruction de la justice et subornation de témoins dans l’affaire Lewinsky, et Kathleen Willey apporte de l’eau tant au moulin du procureur indépendant Kenneth Starr, en charge de cette enquête, qu’à celui des avocats de Mme Jones. «Si ce que prétend Kathleen Willey est vrai, alors je pense que cette présidence va se terminer», a d’ailleurs averti le républicain Orrin Hatch, président de la commission des Affaires judiciaires au Sénat. Plus grave peut-être pour l’hôte de la Maison-Blanche, le NOW, principale organisation féministe du pays qui n’était jusque-là guère intervenue dans le déballage des scandales présidentiels, a estimé cette fois que les accusations étaient graves. «Si c’est vrai, il ne s’agit pas seulement de harcèlement sexuel, mais d’agression sexuelle, a déclaré sa présidente, Patricia Ireland, sur CNN. Il a posé ses mains sur ses seins (…). Il lui a mis ses mains à elle sur son érection. Ce sont, si c’est vrai, des accusations très graves. Je pense que c’est un trop gros problème». (AFP, Reuters)
Une ancienne employée à la Maison-Blanche, Kathleen Willey, a déclaré pour la première fois publiquement devant des millions de téléspectateurs que le président Bill Clinton lui a fait en 1993 des avances sexuelles et qu’il a menti en affirmant le contraire. Mme Willey s’exprimait dans le cadre de l’émission «Sixty Minutes» sur la chaîne de télévision CBS, dans une interview pré-enregistrée. Elle a confirmé dans cette interview sa déposition sous serment faite le 10 janvier dernier dans le cadre de l’affaire Paula Jones, affirmant que M. Clinton l’a caressée et embrassée contre son gré dans un bureau à la Maison-Blanche alors qu’elle venait lui demander un emploi en raison d’une situation familiale dramatique. C’est la première fois que cette femme démocrate de 51 ans, ancienne hôtesse de l’air,...