Les deux chocs anglo-espagnols opposant, sur les bords de la Mersey, Liverpool à Valence, et, non loin du fleuve Mino, le Celta Vigo à Aston Villa semblent les plus attrayants des 16es de finale aller de la Coupe de l’UEFA, qui se disputeront mardi et jeudi. Les Reds, dirigés conjointement par Roy Evans et le Français Gérard Houillier, ne sont plus aussi fringants qu’en début de saison. A Valence, les saisons se suivent et se ressemblent. Mal en point dans la Liga, les Espagnols misent sur un bon parcours en Coupe de l’UEFA pour retrouver la confiance. A Vigo, le Celta jouera une rencontre difficile face à la peu malléable équipe d’Aston Villa, en tête du Championnat d’Angleterre. Les équipes anglaises justement n’ont pas été à la fête lors du tirage au sort. Si pour Liverpool et Aston Villa la tâche n’est pas aisée, que dire de Leeds United qui se déplacera au Stade olympique pour y affronter l’AS Rome du duo attaquant italo-russe Alenichev-Totti. Sur le papier, la formation italienne semble intouchable... Autre club qui aura tout intérêt à serrer les rangs: le Betis Seville. L’équipe du milieu de terrain brésilien Denilson, le joueur le plus cher du monde, se traîne. Son match aux Pays-Bas contre Willem II aura valeur de test. À signaler également les affrontements entre l’équipe allemande de Stuttgart contre celle belge du FC Bruges, formation recalée en Ligue des champions, ou encore entre le CSKA Sofia et l’Atletico Madrid. Ces 16es de finale aller prendront fin jeudi avec la rencontre entre le club allemand du Bayer Leverkusen et celui écossais des Glasgow Rangers. L’OM veut prolonger la grâce à Brême Porté par la dynamique du succès, l’Olympique de Marseille entend prolonger cet état de grâce à Brême, face au Werder, ex-fleuron du football allemand à l’aura passablement écornée. Avec son convaincant succès à Strasbourg (2-0), l’OM, qui est invaincu en compétition officielle depuis le 18 avril, n’a pas concédé le moindre but à l’extérieur. Au-delà des chiffres, il y a surtout la manière. En Alsace, les Phocéens ont forcé le respect par la qualité de leur collectif. À l’intersaison, Rolland Courbis s’était fixé comme objectif de tirer la quintessence de son potentiel offensif, en alignant à chaque rencontre quatre attaquants, sans perdre de sa solidité défensive. Après quelques tâtonnements initiaux, le pari est en passe d’être gagné. Hermétique derrière, l’OM possède toujours la frénésie de l’attaque et la conviction qu’un terrain adverse n’engendre pas forcément le phénomène de réserve. A Brême, l’entraîneur olympien ne reniera pas ses principes. Né malin, il se méfie toutefois de la réaction d’orgueil du club local rejeté dans les abysses de la Bundesliga. Rival du Bayern Munich au début de la décennie, le Werder paraît à des années-lumière de ses saisons fastes. Abonné à la première moitié du tableau depuis dix ans, il occupe une peu reluisante lanterne rouge après huit journées. Orphelins d’Otto Rehhagel, les anciens champions d’Europe, faute de moyens financiers, ont été dépouillés de leurs talents cet été avec les départs conjugués de Labbadia, Reck, Pfeifenberger et Ramzy. «L’Europe peut permettre à cette équipe de rebondir. Je m’attends à un combat», prévient Rolland Courbis. «Une formation allemande est par essence solide, compétitrice dans l’âme», renchérit Florian Maurice, le buteur marseillais. Derrière ces mises en garde, l’OM affiche un capital confiance légitime. La succession de résultats positifs lui apporte une pleine sérénité. Semblable à une mécanique aux rouages bien huilés, ce groupe a du répondant sur tous les plans: technique, physique et tactique. Il joue au football avec joie et passion en réfutant les aléas. Il est capable de flambée, il a de l’orgueil et du panache, de la rigueur et de la dureté, de l’intelligence et de la ruse. Autant de vertus indispensables pour battre durablement campagne en Europe. Graz AK-Monaco Si joueurs, entraîneur et dirigeants de l’AS Monaco ne connaissent pas grand-chose de Graz AK, leur adversaire autrichien en 16e de finale de la Coupe de l’UEFA, leur méfiance n’en est pas moins réelle à la veille du match aller, mardi soir au stade Arnold Schwarzenegger de Graz, ville dont est originaire le célèbre acteur américano-autrichien. «J’ai appris que (Klaus) Augenthaler (l’entraîneur allemand de Graz, Ndlr) pensait qu’on allait les prendre à la légère, a déclaré Jean Tigana dimanche. Je crois qu’il ne me connaît pas bien. Car même un match amical, je ne le prends pas à la légère. Je pense qu’il se fait une idée fausse de notre club. À Monaco, nous ne faisons jamais de complexe. Ni de supériorité ni d’infériorité». Prudent, malin, Tigana se garde bien de tout excès de confiance à l’approche de ce premier match face au leader du championnat d’Autriche, qui compte après douze journées 4 points d’avance sur son voisin, Sturm Graz. L’ancien international français affirme au contraire que Graz AK est une équipe «très rigoureuse, s’appuyant sur une très bonne organisation en 4-4-2». «Ils sont très compacts, très disciplinés, à l’image de leur entraîneur lorsqu’il était joueur (au Bayern Munich notamment, Ndlr)», continue Tigana. «Graz, c’est incontestablement meilleur que Lodz (adversaire de Monaco au 1er tour)». «On devra être vigilants et marquer au moins un but. Mais de toute façon, on ira là-bas pour gagner. Comme toujours», ajoute l’entraîneur. La dernière victoire de son équipe face à Montpellier (2-0), samedi au stade Louis II en championnat (Monaco est désormais 3e), a «fait plaisir» à l’entraîneur, qui «sait maintenant que le groupe est capable d’agir et non plus de réagir pour revenir au score». Méfiant, certes, Jean Tigana n’en semble pas moins serein à l’approche de ce rendez-vous, malgré le nombre incroyable de forfaits: David Trezeguet (déchirure à un mollet), Thierry Henry (dos), Sabri Lamouchi (orteil), Martin Djetou (lombaires), Sylvain Legwinski (genou) et Japhet N’Doram (genou). «Actuellement, la force de Monaco réside dans la très grande qualité de ses jeunes», se réjouit Tigana, qui espère faire au moins aussi bien cette saison que lors des deux précédentes, au cours desquelles le club de la Principauté avait échoué avec les honneurs en demi-finales de la Coupe de l’UEFA (face à l’Inter Milan) puis de la Ligue des champions (devant la Juventus Turin). Les Girondins chez un petit aux dents longues Les Girondins de Bordeaux, leaders du Championnat de France, se gardent de tout optimisme débordant avant leur déplacement mardi à Arnhem (Pays-Bas), où les attend un adversaire peu connu mais ambitieux. L’entraîneur Elie Baup répète que les Girondins ne sont pas forcément favoris face à l’équipe qu’Artur Jorge vient d’abandonner pour revenir au Paris-SG. Car le nom de Vitesse Arnhem, qui n’évoque pas grand-chose dans le concert européen, cache le grand dessein de son populaire président, Karel Aalbers: se faire une place aux côtés des géants néerlandais, l’Ajax Amsterdam, le PSV Eindhoven et Feyenoord Rotterdam. Depuis qu’il a retrouvé l’élite en 1990, ce club de l’est du pays s’est imposé comme un des principaux outsiders de son championnat, terminant même troisième la saison dernière. Symbole du statut que veut se donner l’équipe, le Gelredome, un stade futuriste flambant neuf de 30.000 places doté d’une pelouse rétractable sous les tribunes et d’un toit coulissant fermé les jours de match. «C’est une équipe portée vers l’attaque et qui possède un excellent avant-centre», prévient Baup. Cet attaquant, c’est le Grec Nikos Machlas, Soulier d’or européen 1997/98 avec 34 buts. Toujours à l’affût, multipliant les déplacements courts dans la surface, Machlas, souvent servi par le Yougoslave Dejan Curovic, a déjà marqué neuf des 19 buts de son équipe cette saison. Samedi, il a encore réussi le «coup du chapeau» de la victoire — difficile — sur Tilburg (3-2), qui a porté Vitesse en tête du Championnat des Pays-Bas, à égalité avec Feyenoord (mais avec un match en plus)
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